UN SALON DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN. 1 *J
vent une victoire; le charme de la beauté est irrësistil)le, et malheureusement les rois sont souvent aussi faibles que les autres mortels. Annibal s**endormit à Capoue dans les bras de la volupté, le Béarnais, qui avait pris de bonne heure, à la cour de Catherine de Médicis, de perfides leçons d^amour de cette femme sanguinaire , serait entré bien plus tôt dans sa capitale sans les couvents de religieuses où il établissait sa tente de bivouac. Un souverain doit tous ses instants au bien de son royaume. Napoléon ne laissait pas à ses convives le temps de dîner, il ne voyait les dames qu'yen courant, et les seules maîtresses qui le captivèrent furent la gloire et la renommée.
Je distingue, toutefois, parmi ces fronts surannés, quelques têtes vraiment nobles, aux traits fiers et caractérisés , véritables types de Tancienne noblesse ; ceux là ont conservé leurs croyances, leur amour pour le passé, pour leur légitime souverain ; ils sont restés fidèles en refusant les honneurs et les places, ils sont en petit nombre; respectons leurs erreurs , laissons-les descendre dans la tombe avec leurs convictions pures; du moins ceux là, j'aime à le croire.
ne soupirent pas après le retour des cosaques et des Russes pour ramener la divinité en exil.
Que d^autres qui paraissent ralliés au système actuel , s'indignent contre les fortifications , crient au despotisme, à Tétat de siège, je ne puis m'empêcher de sourire de pitié; ces remparts ne doivent effrayer que l'étranger , qui ne s'avisera pas de venir les reconnaître , et ceux-là seuls qui désirent sa présence et le [retour d'illustres exilés peuvent tonner contre ces travaux de salut public. Non, il n'y aurait point eu d'invasion si ces murailles eussent existé , partageons les opinions de guerriers expérimentés, rappelons-nous les regrets de Napoléon. Quant à ces craintes imaginaires et perfides, qui voudraient nous faire entrevoir des bastilles, une nation unie, jalouse et fière de ses droits , doit peu s'en inquiéter ; lorsqu'elle se lève en masse, c'est un torrent qui entraîne tout , 1 789 et 1 830 sont des dates mémorables de l'histoire , qui consacrent à jamais les forces du peuple, lorsqu'il sait avec calme s'en servir; rien ne peut lui résister , ni les armées salariées , ni les murailles crénelées.