‹ Une crise de menage comedie en un acte, melee de chantsChapitre 21 sur 32 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

j trouves M. Maxime... (Riant.) Eh! eh! eh! ça marche, ça marche! (il recommence à danser et à chauler.) Tra la la la la la... (Berlocourt entre par le fond. — S’arrêtant tout d’un coup.) BertOCOlirt !... BERTOCOURT, surpris *.

Eli! mais, comme te voilà joyeux ! à la bonne heure donc!

COURMONT, prenant un air dotent.

Non, mon ami, non ; au contraire !

BERTOCOURT.

Mais tu sautais?*..

COURMONT

Je sautais... je sautais d’indignation !.. Ah! je suis bien chagrin, Va !.. bien désolé!... (U lui serre les mains d’un air de compassion.)

BERTOCOURT.

Eli bien ! il y a du nouveau ! Je tiens ton homme !

COURMONT

Tu tiens... le tien ; distinguons! le tien! M. Maxime Durieux.

BERTOCOURT.

Eh ! non, Gaston du Tremblay.

COURMONT, à lui-même.

Qu’est-ce qu’il dit? (Haut.) Tu ne sais donc pas ce que j’ai découvert en ton absence? (Lui montrant t’enveloppe.) Connais-tu cette anglaisc-là?

BERTOCOURT.

L’anglaise d’Henriette ! (Après avoir lu tout bas.) Qu’est-ce que cela signifie ?

COURMONT

Cela signifie que ces dames s’entendent entre elles, et que madame Courmont se charge d’envoyer les lettres que ta femme, retenue en charte privée, ne peut faire parvenir ellemême. . , .

BERTOCOURT.

Hein ? Henriette! non! non! tu me conteè des calembredaines! Ma femme est l’ange de la fidélité.

COURMONT

Comme c’est vrai qu’un mari est toujours le dernier à s’apercevoir...

BERTOCOURT, bondissant.

Que se passe-t-il, voyons? tu dis que ma femme a écrit... à qui?...

COURMONT

A ton ami, M. Maxime Durieux.

BERTOCOURT, sourdement.

11 Suffit, (il se dirige vers la porte de droite.)

COURMONT

Eh bien! où vas-tu par là?

BERTOCOURT, grinçant.

Chercher ma femme.

* Cour. Bert. "

COURMONT

Tu ne la trouveras pas, puisqu’elle doit rencontrer M. Maxime, par hasard, de trois a quatre, aux Tuileries. 11 est trois heures, elle est partie.

BF.RTOCOL'RT, avec éclat.

Tu le savais et tu l’as laissé partir, malheureux? Maintenant que je le sais, moi, je vais les confondre! souffleter ce

fat ! (il remonte.)

COURMONT

Non. C’est moi que cela regarde... et j’ai agi!... .

BERTOCOURT, revenant sur ses pas.

Tu l’as souffleté?

COURMONT

Hein?., non! mais j’ai agi., et si puissamment... que je t’ai déjà retiré un pied du précipice!... (solennellement.) Et dans une heure... tu auras les deux jambes dehors!

BERTOCOURT.

Comment... dis-tu vrai?

Quand tu croyais tantôt qu’il s’agissait d’Aurélie, ne voulaistu pas te dévouer pour moi ?

» BERTOCOURT.

Sans doute, et je suis encore tout prêt, puisque, de ce pas, j’allais chez M. Gaston.

COURMONT, criant.

Quoi faire... chez M. Gaston?..

BERTOCOURT, criant.

Mais me faire rendre les lettres de ta femme!

COURMONT

Qu’est-ce que tu me chantes là?., puisque ce n’est pas ma femme qui a écrit, mais la tienne, et que la mienne est l’ange de... ,

BERTOCOURT.

De la fidélité !... ça ne fait rien! La tienne a écrit aussi.

COURMONT

Ah ! (tl se laisse tomber sur un siège près du guéridon.)

BERTOCOURT.

Connais-tu celte anglaise-là? (il lui remet une lettre qu’il tire de sa

poche'l .

COURMONT, d’un ton sombre et regardant la lettre.

Cette anglaise s’apprend au pensionnat de nos épouses ! celleci sert d’écriture à Aurélie ! (Usant.) « Nous allons ce soir à l’Opéra-Cqmique. y>

BERTOCOURT, reprenant la. lettre.

C’est concis, mais c’est clair. Tu es abruti, mon pauvre ami! Tâche de retrouver nne lueur d’intelligence pour comprendre les détails de ton malheur ! En arrivant au bureau de location de l’Opéra-Comique, sais-tu quelle est la première personne que je rencontre? Tu es trop abruti pour deviner... c’était M. Gas-

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