i UNE CRISE DE MÉNAGE
Elle avait à son tour... quelques emplettes à faire...
COURMONT, * part.
Des emplettes aux Tuileries! (Haut.) Eh bien, puisque te voilà libre, j’ai un petit service à te demander.
AURÉLIE
Parlez, je vous écoute.
COURMONT, négligemment et allant prendre une chaise près du guéridon.
C’est demain jeudi, je crois; je serai probablement retenu encore ici toute la journée et je te prierai de vouloir bien aller à ma place à Passy. (il s'assied près de la causeuse.)
AURÉLIE
Qu’est -ce que vous dites?
COURMONT
Tu te présenteras de ma part chez mademoiselle Hélène Montcourt, institutrice, rue des Maronniers, 18, et tu lui diras qui tu es...
AURÉLIE, émue, balbutiant.
Moi? chez mademoiselle Hélène 1 ., chez... cette femme!..
COURMONT, tranquillement.
Tu veux dire chez cette jeune personne.
AURÉLIE, indignée, se levant.
Al)! Monsieur! (Elle jette son ouvrage sur la causeuse.)
COURMONT
AURÉLIE, furieuse.
M’envoyer chez cette... Hélène! (passant à gauche.) Moi!., ah!., vous avez perdu toute délicatesse !..
COURMONT, se levant ’.
Parce que je t’envoie chez ta nièce... ta belle nièce, ma foi ! (souriant.) de la main gauche.
AURÉLIE
Comment?., mais expliquez-vous donc?
COURMONT
C’est bien simple. Dans les derniers temps de sa maladie, mon frère, qui, bien qu’il fût l’ainé, était resté garçon, m’a remis quarante mille francs, me faisant promettre de m’intéresser à cette jeune personne... 11 ne m’en a pas dit davantage. Mais, si tu veux bien remarquer, comme moi, que Montcourt est l’anagramme de Courmont, il te sera facile de comprendre l’intérêt... tout paternel que mon frère lui portait.
AURELIE, à part, confuse.
Mon Dieu!., et moi qui l’accusais!..
COURMONT, l'observant.
Devines-tu?
AURÉLIE
Mais pourquoi m’avoir caché cela? pourquoi?..
* Aur. Cour.