SCÈNE XVIII
Les mêmes, AURÉLIE, HENRIETTE.
HENRIETTE, entrant par le fond avec Aurélie, sans voir leurs maris qui se sont retirés à gauche * ** . — A demi-voix.
Oui, ma chère amie, je me suis promenée une heure!., personne!.. quelle honte!
. AURELIE, apercevant les deux hommes, bas à Henriette.
Ah! nos magis! (Bertocourt passe près de sa femme, en remontant.)
COURMONT, qui appelle sa femme d’un geste, à demi-voix.
J’ai encore un petit service à te demander, ma chère enfant : madame Bertocourt a eu l’imprudence d’écrire à ce «jeune avocat...
AURÉLIE, bas”.
Quoi ! vous savez?
COURMONT, de même, montrant les lettres.
Plus bas!., voici la correspondance que ce jeune homme m’a rendue, car il épouse notre nièce.
AURÉLIE, étonnée, bas.
Ah! M. Maxime?
COURMONT, bas.
Oui, charge-toi de remettre cela à ton amie en lui faisant comprendre combien elle a été inconséquente; heureusement Bertocourt 11e se doute absolument de rien, (a lui donne les lettres.)
AURÉLIE, bas.
Oh! c’est bien, ce que vous avez fait là, mon ami.
COURMONT
Silence!., (il lui parle bas.)
BERTOCOURT, qui a suivi des •yeux Courmont et l’a imité auprès de sa femme, lui remettant les lettres. — Bas.
Heureusement Courmont ne se doute absolument de rien : rendez-les à votre amie, qui n'en écrira jamais plus de pareilles !..
HENRIETTE, bas.
Oui, mon ami, soyez tranquille.
HENRIETTE et AURÉLIE, cachant les lettres derrière leur dos s’approchent l’une de l’autre et se les remettent eu même temps, en disaut ensemble.
Ma bonne amie, mon mari m’a chargée.. (Elles se retournent en
* Bert. Cour. Aur. Henr.
** Cour. Aur. Henr. Bert.
apercevant leurs maris qui Be sont approchés doucement derrière chacune d'elles; confuses, elles s’écrient.) Oh!
COURMONT ET BERTOCOURT, ouvrant leurs bras.
Embrasse-moi !.. (Les deux femmes se précipitent dans les bi ts de leurs maris.) t
COURMONT, à part.
La crise est passée ! (Le rideau tombe.)