SCÈNE II
AURÉLIE, seule.
C’est M. Bertocourt qui a recommandé ce jeune avocat à mon mari? (souriant.) C’est drôle! mais c’est toujours comme ça !
air : Mon cœur brûle de mille flammes. (Corde sensible.)
La femme est ta brebis coquette Dont le berger c’est un époux.
L’amant, c’est, le loup qui la guette A travers grilles et verrous !
Pauvre loup contre qui l’on crie !
11 doit nous sembler sans danger ;
Car toujours, dans la bergerie.
Qui l’amène? c’est le berger !
Toujours, dans notre bergerie,
Le ioup entre avec le berger.
Voyons ce qu'Hi’nriette m’écrit. (Elle va s’asseoir sur la causeuse.) Il était temps ! ... M. Courmont avait déjà brisé le cachet. (Elle retire
une lettre de l’enveloppe.) Encore ! (Lisant la suscription.) « M. Maxime
Durieux, avocat, rue de la Michodière, 6... » C’est la troisième... Ah! Henriette!!! et pour moi une ligne au crayon dans l’intérieur de l’enveloppe, (usant.) « Fais parvenir le plus tôt possible, c’est de trois à quatre, aux Tuileries.» Un rendez-vous! oh! mais, non! par exemple ! je n’enverrai pas cette lettre... ou, du moins, j’aurai auparavant une explication avec Henriette.
ANDKÉ, eu dehors.
Madame Courmont est là, si Madame veut entrer...
AURELIE, vivement.
Quelqu’un ! (Elle cache précipitamment la lettre, et au moment où Henriette, introduire par André, descend la scène, apercevant l’enveloppe qui est restée sur la causeuse, elle la glisse sous le coussiu et va au devant d’Henriette.)