HENRIETTE, AURÉLIE
HENRIETTE, entrant par le fend.
Bonjour, ma bonne amie.
* AURÉLIE, étonnée.
Comment! c’est toi, ma chère Henriette? Je ne t’attendais que
Ce Soir? (Elle la fait asseoir à ses côtes sur la causeuse.)
HENRIETTE *
Je ne savais comment me rendre libre aujourd’hui, quand j’ai appris que mon mari, ayant des courses à faire, devait d’abord se rendre ici. Je l’ai tant tourmenté, tant supplié, que j’ai obtenu la permission de l’accompagner et de passer la journée avec toi.
AURÉLIE
Je comprends; mais où est-il donc, ton mari?
HENRIETTE
Avec M. Courmont que nous avons rancontré ; ils sont dans les bureaux. Mais, dis-moi vite, tu as reçu ma lettre et tu l’as fait porter tout de suite à son adresse?
AURÉLIE
Non, Henriette.
HENRIETTE
Comment, non! et pourquoi cela? est-ce là cette amitié à toute épreuve que nous nous sommes jurée au pensionnat?
AURÉLIE
C’est au nom même de cette amitié, ma chère Henriette, que je te demanderai si tu as bien réfléchi aux dangers de ta démarche? Imprudente, c’est un rendez-vous que tu accordes là!
HENRIETTE
Oui! on appelle ça un rendez-vous.
AURÉLIE
Et tu as cru que je te laisserais ainsi te compromettre?
HENRIETTE
M. Maxime a des choses très-graves à me confier.
AURÉLIE
C’est le prétexte ordinaire et ce n’est pas lui qui l’a inventé! Si j’avais écouté M. Gaston, moi, je l’aurais déjà rencontré dix fois... par hasard, pour entendre des choses... trèsgraves!.. Le serpent a dû confier à Ève des choses très-graves! Prétexte de serpent, voilà tout !
HENRIETTE, se levant et passant à gauche.
Prétexte d'amie pour me refuser, peut-être!..
* Aur. Hoor.