‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 17 sur 72 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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1 qu'elles sont si bien cultivées, si bien tenues; que 1 n | l'hospitalité des planteurs est si généreuse, si cordi- ! D } ee ale; en même temps qu'elle est si magnifique et si Æ s: PARU somptueuse. la Tu ne trouveras pas de somptuosité à l'habitation ! "er de monsieur de St. Luc, car elle n’a jamais été la ui ; demeure de son propriétaire ; mais de la cordialité, 4% pr oui, et tout plein, le maître est la générosité même. ! Li Allons, mon enfant, vas te coucher, car nous partons 1 en de de tonne heure demain ; et j'ai des lettrrs à écrire 4 à LA cette nuit, qu at Le jour suivant, le soleil se leva radieux ; le temps 4% ét th était superbe ; le voyage fut heureux ; mademoiselle ! | ŒEIU EE, 0 Clarisse était joyeuse et avait repris une partie de sa Æ no [4 cie gaieté. De temps en temps elle dirigeait un coup ! ter [L 0) * d'œil timide vers le capitaine qui parlait avec ani- | pr

mie: mation à Sir Arthur et aux planteurs..

LU Aussitôt arrivés à l'habitation, une collation fut te servie, après laquelle le capitaîne, Sir Arthuretsa À! des fille allèrent visiter le camp des noirs. “i me

Tout était dans ie plus grand ordre ; les cases des ho: esclaves, au nombre de vingt, étaient rangées sur 4 ha deux lignes parallèles. Elles avaient été nouvelle- bo ment blanchies à chaux. L'économe de l’habitation ! ma tenait à ce que le capitaine fut content de lui. C'é 4 et tait plaisir à voir que ces petites cases, destinées cha. ! gn cune à deux familles, étant partagées en deux par ! une cloison ; elles étaient éloignées les unes des au. 2 peti tres d'à peu près cinquante pieds; cet espace était sou

occupé par un petit jardin qui s'étendait en arrière des cases. Entre les deux rangées, un vert gazon ! AU | A : d’un arpent de large sur toute la longueur du camp, ! He 4 . servait de cour et de lieu de récréation aux petits

négrillons. Au bout du camp était l'hôpital; un peu plus loin la maison de l'économe, et en avant de sa maison, au milieu de la cour, s'élevait la cloche de

la plantation. Le camp était entouré d’une clôtüre

‘ en planches, de douze pieds de haut, le tout formant

un parallélogramme de mille pieds de long, sur à peu près trois cents de large.

Le camp était presque désert, quand le capitaine y entra : à l'exception de deux à trois vieilles négresses à l'infirmerie, et. d'une demi douzaine de négrillons qui jouaient dans une marre d eau, tous les esclaves étaient au camp.

Le capitaine avait envoyé. Trim prévenir l'éco- | nome de son arrivée, lui faisant dire en même temps de faire rentrer tous dc: nègres, à six heures précises.

A peine le capitaine et ses hôtes avaient-ils eu le

temps de faire la visite de la sucrerie, du jardin et

des vastes dépendances de l’habitation, que l’économe arrivait à cheval, suivi d’une centaine d’esclaves, hommes et femmes, chacun portant sa pioche et sa hache. Une troupe de petits négriilons, tout barbouillés, et portant des bouts de canne à sucre qu'ils mangeaient à belles dents, les suivaient en criant et gambadant; on eut dit une troupe de petits gnomes.

Tous les nègres déflèrent un à un devant leur petit maître, comme ils l’appelaient ; plusieurs se. souvenant de l'avoir vu tout enfant. Ils avaient la joie peinte sur la figure ; leur pas était leste, malgré

une longue journée de travail. Chacun saluait le ne

maître en passant.

Sir Arthur remarqua que, malgré les paroles Den

| veillantes du capitaine, il n'y ën eut pas un seulqui ! su?

trouvât un mot pour lui exprimer sa joie ; et Cepen- | tati dant ils savaient tous qu'il venait dans l'intention de | ss leur procurer les moyens de gagner leur liberté. Il | esc! n’y eut qu'un vieil esclave, à la tête toute grise, qui | de 1

essaya de balbutier quelques mots de reconnais | bon sance, mais aux premières paroles il éclata evsan- mes glots. 14 con Le capitaine regarda Sir Arthur qui était ému; | lats,

Clarisse souriait à travers les larmes qui s'échappaient ! libe

de ses yeux. 5 et d —Mes enfants, leur dit le capitaine, vous allez ! pen

prendre votre souper ; après cela vous vous rendrez ! tray

tous dans la sucrerie, où j'irai vous retrouver. J'ai ! L

| bien des choses à vous dire. Je suis content de vous; ! pas

4 | vous vous comportez bien; votre camp est propre, À a k | vos cases sont en bon .ordre. J'espère que vous |} sou : allez aussi être contents de ce que je vais vous dire. mo LÉ Allez. | ter !

' La vaste salle de la sucrerie avait été proprement | T [É arrangée ; des bancs avaient été placés d’un côté pour gran les esclaves de la plantation. De nombreuses lampes | +

éclairaient la sucrerie. Une table, recouverte d’un sant

tapis, fut apportée au milieu de la salle, et des chaises ! l'hal

placées en arrière. Plusieurs des planteurs voisins | se

avaient été invités par le capitaiñe. A sept heures ! tête

tous les nègres étaient entrés dans la sucrerie et À 44

avaient pris leur place sur les bancs. Quelques mi- : libre

nutes après, le capitaine, Sir Arthur et sa fille, ainsi ‘4 ds

que ceux qui avaient.êté invités, vrirent place près de la table, en face des nègres, qui attendaient dans un profond silence ce que leur maître allait leur dire. : R ne capitaine upon sur la table nn gros livre relié, 4

sur lequel on lisait : Journal d'émancipation de l’habitation St. Charles.

le —Mes enfants, dit le capitaine, en s'adressant à ses A IL esclaves, après avoir bien réfléchi à ce qu'il yavait t:2 de mieux à faire, pour accomplir les désirs de votre j ge 4 bon maître, qui est mort en vous recommandant à ne mes soins, j'ai pensé que je ne pouvais mieux ren- “3 contrer ses vues, et vous en faire.apprécier les résul- 5, à lats, que de vous donner les moyens de gagner votre nt 4 liberté. Pour y parvenir il vous faudra du travail et de la bonne conduile, mais pas plus de travail ceez pendant que vous n’en pouvez faire. Voulez-vous n'es travailler pour gagner votre liberté ?

al À! Les nègres se regardèrent les uns les autres, mais si: pas un ne répondit, "4 —Pourquoi ne répondez-vous pas ? L’économe ne me 2 vous at-il pas dit que je voulais vous donner les 2 moyens de gagner votre liberté et de vous racheter ?

nt Tous les esclaves demeuraient silencieux, leurs nr: A grands yeux blancs tixés sur leur maître. ‘ ee. 1 —Avance ici, Pompée, dit le capitaine en s'adres- ‘4

sant à un des plus intelligents et des meilleurs de l'habitation ; et toi, que dis-tu ?

—Rien, mon maître, dit Pompée en s’avançant la tète basse.

—Cormment, rien! Ne voudrais-tu pas devenir libre ? é —Oh !oui, mon ainlire, k —N'aimerais-tu pas à pouvoir acheter ta liberté ? Pompée reyarda son maître, roulant sa ne dans ses mains, sans rien dires —Réponäs donc. LEE

RENE AE Le Li

Comment l'acheter, avec rien ?

Mais ne gagnes-tu pas de l'argent, quand tu tra-

vailles les dimanches ? k H va Pompée baissa la tête, roula lentement sa cas. 4 trav

quette ; puis, après quelques instants de silence, il dit ! dan:

d’un air moitié riant moitié triste : “ Jamais capa- ; C'es ble gagner ma liberté! Il y a trente ans que je — travaille tous les dimanches, et n’ai pas un picaillon ‘ans,

pour acheter du tabac; comment voulez-vous moué Æ tren avheté liberté ? “ P Que fais-tu de ton argent? L. com

... —Mon argent, y n’est pas gros ! | un | —Mais tu travailles les dimanches ? Et combien | tend gagnes-tu ces jours-là? ; Nes —Quelquefois dix, quelquefois douze escalins , quel- | pens

quefois plus. C’est pas gros ça, pour passer lasernainie, D trav: quelquefois perdre tout aux cartes. ; Po

—Tu sais travailler la forge; tu dois pouvoir ga | maît

gner deux ou trois piastres par jour, quand tu as de D del:

4 l'ouvrage ? | | —Pas toujours de l'ouvrage, et l’on est mal payé; D gagn pas toujours en argent, plus souvent je reçois des ef | être

fets; c’est aussi bon pour moué, car souvent ne sais peine

pas que faire avec l'argent. | je va C'est vrai, tu ne savais. trop que faire de tou ar- | Le

gent; mais maintenant que tu pourras l’'employerà : manc

payer pour ta liberté, ne nn pas le ramasser ! écrit pour la racheter ? | ii Pompée baissa la tête, «omme s’il n'osait dire sa nom

pensée tout entière, jeta un coup d'œil de désappoin- tre v. tement vers ‘es planteurs qui étaient auprès du de ch

‘ . capitaine, puis faisant un ic il dit avec un sou D ce li

. pir:.

— Mais quand j'aurai travaillé encore trente ans, et donné tout mon argent, je ne serai pas plus avancé que je ne le suis aujourd'hui, après avoir déjà travaillé trente ans ; je serai bien vieux. Si encore dans trente ans je pouvais avoir gagné ma liberté ! C'est bien long trente ans!

—Oui, c'est bien long ; mais si, au lieu de trente

‘ans, il l'en fallait moins, bien moins; si au lieu de

trente, il ne t’en fallait que dix, que huit ?

Pompée regarda son maître d’un air de doute, comme s'il eut pensé qu’ilse moquait de lui. À se fit un mouvement parmi les nègres qui tous, le cou tendu, écoutaient avec avidité.

ft si, au lieu de huit, il ne fallait que cinq ans, penses-tu, Pompée, que ça vaudrait la peine que tu travaillasses à la gagner ?

Pompée fixa avec étonnement ses yeux sur son maître. Tous les nègres se levèrent et s'approchèrent de la table. |

—Oui, Pompée, oui, mes enfants, si vous voulez gagner votre liberté, dans cinq ans vous pouvez tous

être libres! La chose vous surprend; vous osez à

peine le croire ; eh bien, c’est vrai pourtant. Ecoutez, je vais tâcher de vous faire comprendre.

Le capitaine ouvrit le grand livre, ou Journai dé mancipation, qui était sur la table, à la page où était écrit le nom de “ Pompée.”

—Pompée, tu vois ce gros livre ; dans ce livre ton nom est entré à cette page ; le nom de chacun d'entre vous est entré sur une page séparée. La valeur de chaque nègre est aussi entrée dans ce livre. Lans ce livre, que je vais laisser à l'habitation aux soins

* à Murat on entrera Lente tout pe

ne pneemn tr l'a dal

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