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ne elle. Je suis si changé. et il y avait +i longtemps | |, 1 que l'on s'était vu. Depuis que le p'tit Pierriche us a été emmené de cheux nous : ou plutôt depuis que L | ds nous sommes partis de St. Ours,on ne s’est plus revu, Elle avait perdu nos traces.
Le —Quei p'tit Pierriche ?
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—Pierriche Meunier ; le fils à Alphonse et à elle! qu’elle avait placé en nourrice chez nous, après que son père l’eut forcée de se remarier à M, Rivan; un , de gros seigneur.
—Vous rappelez-vous bien le petit Pierriché ?
—Dame, je crois bien. Un petit grichou, pas plus haut que ça ; fin comme un renard, et pas malin. Ah ! oui, malin, pas pour faire du mal par exemple, mais pour faire des tours. , Tiens, il me semble le
une | voir, quand il montait à poil sur la grand grise à pas José... Mais ça, ça ne vous intéresse pas ; excusezlea 4 moi je, l'aimais bien le p'tit; ét j'aimerais bien à ie | revoir. Je crois pourtant que je le reverraï jamais, qui *: il doit être mort depuis longtemps.
—Ïl n’esi pas mort ; et c'est justement pour vous ti dire cela, afin que vous l’aidiez à retrouver sa mère, A es que je suis venu vous trouver. |
—[l vit mon ptit Pierriche! vous le connaissez, monsieur, dites-moi donc où il est, que j'aille le voir.
D OP rm TE Ga GER ER
Tenez, je ne suis pas riche, mais je donnerais cinq piastres, oui, dix, pour le voir, quand on ne serait qu’une minute.
—Vous le verrez dans quelques jours d'ici; en attendant, voulez-lui rendre un service.
—Un service ! pas un ; dix. Je vous l’ai dit, je ne suis pas riche, je n’ai pas de famille, je suis garçon ; je n’ai que ma mère et ma p'tite sœur Florence. S'il veut venir demeurer cheux nous, ça nous fera plaisir,
- et à ma mère itou, allez! C’est de bon cœur que je
lui offre ma maison. Tiens, quéqu'j' dis donc là? Ma maison, mais il ne voudrait pas y demeurer, il aurait
honte de moi, car voyez-vous, je suis une canaille ;
je n’ai pas honte de venir ici, boire l'argent que je gagne, au lieu de la donner à ma mère et retirer Florence d’où elle est.
DesRivières, en entendant prononcer le nom de Florence avait redoublé d’atiention.
—Oui, continua Meunier, c’est ça qui me fait damner.
—Où est-elle ânnc, Florence ?: demanda DesRivières.
—Où elle est? Tie est cheux ce gredin de Malo, qui tient lho+. | fi, Ecurent, un peu plus hant qu'ici. Vous en d’ve::ur, “sic que vous ne l’avez pas vue; elle sert souvent à la bar. Une belle place pour une p'tite jeunesse, qui n’a pas encore seize ans. Et pourtant c’est de ma faute, si elle s’est engagée-là. Entendre des jurements, des blasphèmes ! voir des choses d’ivrognerie ! tenez, je m'en veux d’être venu demeurer dans ces quartiers ci; mais je ne connaissais pas mieux. Dieu merci, on n’y demeure pu; j'en
sommes partis depuis huit jours, et j'ai: hâte que
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cinq : Florence aie fini son mois, pour l'emmener cheu serait | nous.
| —Pourquoi ne l’en faites-vous pas sortir de suite, je) i;en ! dit St, Luc, qui admirait dans cet homme les senti- LE ments affectueux qu’il portait au petit Meunier, et la ! jene M solicituie qu'il éprouvait pour sa jeune sœur. | de rçon; : | —C'est bien plus aisé à dire qu’à faire. Car voyez- S'il 1 vous ce 8.....Malo, continua Meunier, en accomaisir, % pagnant son jurement d’un violent coup de poing ue je | sur la table, ne veut pas qu’elle quitte, arant qu’elle oi ? Ma : lui aie payé dix piastres, qu'il dit lui avoir prêtées : ‘ urait pour s'acheter des pendants d'oreilles et un collier. aille; ! Comme si elle avait besoin de pendants d’oreilles ! uë je Ah! vous voyez bien qu'ils vont lui faire perdre la etirer tête, pauvre p'tite.
—J'admire vos sentiments, ils sont d'un’bon frère 1 m de et d’un cœur généreux. Si vous lui payiez ses dix | piastres, la laisserait-il partir ?
dam- —Oui, il me l’a encore dit ce soir.
—Eh ! bien, écoutez; nous arrangerons cela tout à l'heure. Votre petit ami Pierriche, comme vous l'appelez, et comme vous le dites, sans vous en dou- nn ter, est très riche ; il veut retrouver sa mère et c'est 0 vous qu’il veut employer pour la chercher. Vous allez vous mettre de suite en recherches; vous viendrez tous les matius, à neuf heures, à l'hôtel Rasco me dire ce que vous aurez pu apprendre. Si vous
Riviè-
N alo,
nien- ! pensez qu’elle puisse ne pas demeurer à Montréal, "+ hoses ! vous chercherez à la campagne, à Québec, partout ; Lt u de- et vous me tiendrez au courant de vos détour Patte k sais | bonnes ou mauvaises ; entendez-vous ? Ua jen | —Oui, monsieu. nn
—Et comme vous ne pouvez pas perdre votre .
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temps pour rien, je vais vous donner un peu d’ar- : gent; pas trop, car vous pourriez la boire et la perdre, | EF Quand vous n’en aurez plus, venez me voir, et je | d vous en donnerai. Ceci n’est pas pour payer votre ! trouble, mais seulement vos dépenses. Quand vos . recherches seront terminées, vous aurez votre récom- n pense, car, croyez-moi, votre petit Pierriche n’a pas :
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oublié ce qu’il doit à votre mère, que j'irai voir à demain, de sa part; si vous voulez bien me dire où à elle demeure maintenant. l —Fort Tuyau, monsieur, troisième maison à droite, Mais, monsieur, vous me donnez trop d’argent là; L continua Meunier, en regardant dans le creux de sa main les trois pièces d’or, que St. Luc y avaitglis 1 : sées. x P'tit loup, qui avait vu les fauves reflets du métal | | dans la bourse de St. Luc et dans la main de Meu. | r f: nier, poussa du genou sous la table son compagnon É k de gauche, et échangea un regard rapide avec une . autre personne, qui se trouvait à l’autre bout dela : : table. d —Vous ferez bien de faire sortir votre sœur dès ce | d soir, dit DesRivières.
—J'y pense, Monsieur; mais cet argent n'est pas l' à moi, reprit-il, en le faisant sauter dans le creux de sa main, qu’il tenait toujours ouverte ; je n’ai pas le le droit de l’employer à autre chose qu’à chercher madame Rivan.
—Si fait, mon ami, dit St. Luc : employez-le comme D vous voudrez, pourvu que vous ne le déjensiez pas en boisson, inutilement; quand vous n’en aurez. Ê plus, je vous en donnerai encore.
—Merci, bien des fois, Monsieur ; vous faites là di (1 27 PATATE RU ER EE SL
une meilleure action que vous ne pensez peut-être. Et je vous jure que pas un sou de cet or ne sera
je | dépensé pour la boisson, jusqu’à ce que j'ai trouvé tre mame Rivan, si elle vit Vous me croirez si vous vos ‘ : voulez, mais j'avais promis que passé ce soir, je ne | ol mettrais pu les pieds dans c’te maudite baraque, où pas j'étais venu pour me rapprocher de ma p'tite Flo- | Or: à reuce, et veiller sur elle d'ici, car je n'ose pas rester où à l'hôtel St. Laurent ; ç'a m’enrage. Et je veux que : | le Bon Dieu me punisse si j'y reviens jamais, après À ile D que je l’aurai emmenée.
là ; St. Luc se préparait à partir, quand tout à coup la > #'.:4 porte de dehors s’ouvrit avec fracas, et un homme lis : bondit plutôt qu’il n'entra, en hurlant et en blasphémant.
étal —Où est-il, ce Meunier, que je l’éfripaille et que je eu- l'éventraille, s’écria-t-il en jurant, et en même temps, non sans regarder ni à droite, ni à gauche, il se battit les une cuisses de ses deux mains, chanta le coû, et fit un e la saut en envoyant ses deux pieds, chaussés de souliers de chevreuil, au prosond de la salle, avec la souplesse 8 ce | d’un chat-tigre.
| —Bill Collins ! dit DesRivières, en se penchant à pas: l'oreille de St. Luc.
x de : = Celui-ci jeta un coup-d'œil sur Meunier qui baissait sl la tête. | ms —Qu'allez-vous faire ? lui dit St. Luc.
# E —Me battre, répondit Meunier en rougissant, ou
passer pcar un lâche; et pourtant je ne voudrais 1 ne à pas me battre ce soir. Voyez les conséquences de la l ‘il mauvaise compagnie que je fréquente.
—Eh ! bien, vous ne vous battrez pas.
—Comment faire ? il est à moitié soûl. C'est un diable,
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—"sant mieux ; iln’en sera que plus facile à arrêter, Asseyez-vous et restez tranquille, je réponds de tout.
St. Luc jeta un coup-d’œil du côté de la porte qui était restée ouverte et vit Trim, dont les grands yeux blancs brillaïent dans l'obscurité. Il lui fit un signe. Trim entra et resta debout au-devant de la porte qu’il referma. Personne ne parut avoir fäit attention à l'entrée de Trim ; les yeux de tout le monde étant fixés sur Bill Collins qui, ayant aperçu Meunier, prenait son élan pour fondre sur lui.
Meunier s'était assis sur le banc, comme St. Luc l’en avait prié, adossé au mur. Avant que St. Luc eut le temps de se placer en avant, Bill Collins fit deux sauts et lança ses pieds à la tête de Meunier ; celui-ci esquiva vivement le coup, en se jetant de côté. Un
grand morceau du crépit se détacha et tomba de la
muraille. Un frisson courut dans les veines de St. Luc, qui ‘saisit le bandit par le bras et le repoussa
- rudement.
—Vous avez manqué votre coup ; c’est bien heu-
. eux pour vous.
—Comment pour moi? Est-ce que, par hasard, vous voudriez vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, blanc bec que vous êtes ? Allons lâchez-moi, ou je vous éventraiile à votre tour.
P'tit Loup et deux ou trois personnes se levèrent, et se rapprochèrent de Bill Collins.
L'affaire va être chaude, pensa DesRivières, en retroussant les manches de son habit, Trim restait ädepoui sans bnuger, à la même.place, sachant qu'il ne devait rien dire ni rien faire sahs un ordre de son
maître, dont il comprenait le moindre signe ; il ne
tait
paraissait pas du tout inquiet. Meunier s'était levé, et se tenait à la gaurhe de St. Luc.
—Me lâcherez-vous ? dit Bill Collins en hurlant.
En même temps il chercha à frapper St. Luc à la figure. Mais celui-ci avait prévenu le coup en le saisissant au poignet, lui tenant ainsi les deux bras pressés comme dans un étau.
—Lâchez-moi donc ; encore une fois, je vous le dis.
—Je te lûcherai, si ta veux promettre de ne pas attaquer cet homme ; une autre fois, tu feras ce que tu voudras, mais Ce soir, non.
Tonnerre d'un nom ! je ferai ce que je voudrai, il n'y a pas un homme pour m'empêcher ici. Voulez-vous me lâcher, oui ou non ?
—Prenez garde, il va vous mordre, dit Meunier.
—Ilne me mordra pas ; répondit St. Luc, dont le sang commençait un peu à lui monter à la tête, et il repoussa Bill Collins avec violence.
— Kokorikô ! chanta Bill Collins, en s’élançant sur St, Luc, pour le saisir à la gorge. Mais il s'était mal adressé. en changeant d'adversaire. St. Luc fit un demi-pas en avant, et lui asséna au milieu du
front un coup de poing si rapide, si raide, que Bill
Collins tomba tout de son long, comme un bœuf assommé.
DesRivières n'avait pu s'empêcher de tressaillir en voyant Péclair des yeux de St. Luc, à l'instant où celui-ci levait le bras pour frapper.
—Je crois qu’il en à assez, dit DesRivières ; nous ferons mieux de parër, maintenant ;et vous aussi, Meunier. Nous n'avons plus rien à faire ici.
—Oui, je m'en vas chercher ma petite sœur et l'amener chez moi.
Is sortirent ensemble ; Meunier gagna du côté de l'hôtel St. Laurent, pendant que St. Luc et Des- | | Rivières descendirent la rue vers le Chaip-de-Mars, Trim suivant toujours à quelque distance.
—-Mâtin ! quel coup de poing ! M. de St. Luc.
A RÉ D 2 Re =
Comme vous l’avez assommé ! il est tombé comme à un sac de farine. Où avez-vous donc pris des leçons a de boxe ? f
—AÀ la Nouvelle-Orléans, je ne faisais que cela, û
quand j'étais jeune. J'ai aussi pris des leçons à Londres de James Sawyer. | c
—Etes-vous fort au fleuret. L- d
—Un peu. J'ai pris des leçons de Fontau à Paris, et de Lätour à là Nouvelle-Orléans.
—J’en'suis bien aise ; nous avons ici un maître de . boxe, nommé O’Rourke, je voudrais bien vous voir prendre les gants avec lui ; il se vante. Je crois que vous êles plus fort que lui ; j'ai vu cela à la manière (4 É dont vous parez, encore mieux que dans celle de [Ê votre attaque, car au deuxième tour j'ai bien compris | que vous ménagiez le Dr.…....., votre adversaire de tantôt. Il n’est pas du tout de votre force. Aimeriez-vous à prendre les gants avec O’Rourke ? —Je n'y tiens pas; mais si je vais à la salle, je n'aurai pas d’objection. J'aime cependant mieux les | armes. ; 4 " nu —Oui ! eh! bien, nous avons Hury, ua français Liu qui donne des leçons. On le dit très-fort et je le crois très-capable, quoique je ne sois pas grand connaisseur.
—C'est bien, nousirons le voir ; j'aimerais à me | refaire la main un peu. Où allons-nous maintenant?
ES ee Rene
RSAÉFERSS
je me sens en veine d’excitation, ce soir ; je n'ai pas la moindre envie d'aller me coucher.
—Allons chez Privat; nous rencontrerons nos amis. |
—Je le veux bien. D'autant plus que j'aimerais à faire plus ample connaissance avéc eux ; surtout avec le plus gros des deux, le blond. J'aime cette figure là. Il y a là quelque. chose de bon, de brave, de généreux et d’intellectuel en même temps.
—Vous ne vous trompez pas ; c'est un de nos bons canadiens, descendant d'une des plus braves familles du pays. |