È LE È
dâmes ce qu'il y avait dans la maison. Il nous répon-
—Volontiers. Permettez-moi, M. de &t. Luc, de vous présenter deux de mes amis, messieurs C. D... at À. de S......
A peine la présentation était-elle faite, et les poignées de main échangées entre St. Luc et ses nouvelles connaissances, que le Dr. se relevait de dessous la table. D'abord on crut qu'il se jetterait sur St. Luc, et DesRivières se mit en avant; mais zu contraire, le Dr. téndit franchement la main à son adversaire, lui demandant excuse de son emportement et lui offrant cordialement son amitié.
—Je n'ai pas d’objection, dit St. Luc qui n’avait pas perdu son sang-froid un seul instant ; parce que j'aime mieux faire des amis que ei avoir des ennemis, dans un pays où j'arrive.
—ÆEh ! bien, maintenant que vous m'avez donné ce que je mérilais, je vais payer la traite à la compagnie.
—C'est votre droit, dit St. Luc, en riant.
Le renfort qui était arrivé, l'issue de la lutte et son dénouement avaient complètement calmé l'humeur provocatrice des L. P.S. ; aussi passèrent-ils ensemble un plus agréable quart d'heure que celui que semblait leur promettre leur entrée dans l'auberge.
—Nous sommes très heureux d'avoir fait votre connaissance, M. de St. Luc, dit C. D... ; c’est un hasard si nous sommes entrés ici, mais c'est un
hasard que je remercie ; nous passiv..s en calèche,
nous rendant chez Privat, quand nous entendimes du bruit dans la maison et vimes un gros nègre qui, de la rue, regardait par la fenêtre. Nous lui deman-
Le st
dit que c'était son maitre qui allait faire la boxe. Nous sautâmes de voiture et nous voici.
—Messieurs, voulez-vous accepter notre voiture? , 1 1 dit A. de S..... en s'adressant à St. Luc et à DesRi- Ê: 3 vières, nous avons un soup r aux huîtres et au chamà pague chez Privat; vous êtes les bienvenus, je vous
L 4 > has ri
d invite.
ù | —Non, merci, dit St. Luc, en se levant et bouton- Qi:
3 uant son habit jusque sous le menton, nous avons LR
A | affaire dans les environs. Il est même temps que | A
5 nous partions. : 1% {i j —Au revoir, donc. Si vous terminez vos aflaires, Fi:
t venez nous rejoindre, nous ferons une partie de bil-
2 Ne lard.
Quelques instants après, St. Luc et DesRivières entraient dans la taverne, où ils espéraient trouver À l'homme qu'ils cherchaient.
| Le nombre des habitués s'était augmenté d’une dizaine de personnes, à mines basses et sournoises ; les uns fumant et buvant, d’autres chantant ; quelques-uns parlant bas, par groupes, dans les coins obscurs. St. Luc jeta un coup d'œil rapide autour de la salle enfumée, et s'avançant au comptoir demanda si celui qu'il cherchait était arrivé.
—C'est lui qui chante là-bas tout seul. Vous voyez ce gros courtaud, barbe noire.
—Oui, merci ; répondit St. Luc en s’avançant vers celui qu’on lui avait désigné.
—ÆExcusez, lui dit-il ; êtes-vous monsieur Meunier ?
—Pas monsieur ! Meunier, tout court.
—Je voudrais vous parler.
—Vous l'avez en belle ; parlez. Qu’'y at-il pour votre pisse continua-til, en se levant,
LUN Lies
—N'êtes-vous pas de la paroisse St, Ours.
—Oui.
— Y a-til longtemps que vous en êtes parti ?
Meunier regarda St. Luc quelques temps, avec attention, avant de répondre, puis se tournant vers LesRivières, dont la physionomie ne lui était pas inconnue, il leur dit :
— Etes-vous les deux messieurs qui êtes allés dernièrement à Sorel, chez le père Toin ?
—Oui. Nous sommes allés à St. Ours pour vous chercher. C’est le père Toin qui nous a dit que nous vous trouverions ici.
—Alors, que me voulez-vous ?
— Vous allez le savoir. Dites-nous depuis combien de temps vous avez quitté la paroisse St. Ours.
— Vingt cinq à vingt-six ans.
—Avez-vous connu un M. Alphonse Meunier, de St, Ours ?
—Le matelot, qui s'est noyé en mer ?
—C'est ce que l’on a dit du moins.
—QOui, je l'ai connu très-bien.
—Avez-vous connu sa femme ?
—Je crois bien que je l’ai connue! C'était une bonne femme celle-là ; et belle, et généreuse, et pas fière ! Allez; on l’aimait tous à la maison. Elle a été bien malheureuse! C'était une sainte, celle-là !
St. Luc se détourna pour essuyer une larme, qui tremblait à sa paupière.
Meunier, qui avait remarqué l'émotion de celui qui l'interrogeait, lui dit :
—Mais vous l’avez donc connue que vous me faites tant de questions?
—Non, mais j'ai des raisons de la connaître ; je la
cherche, et c'est pour cela que je voulais vous voir.
Vit-elle encore ? fl —Pour ça je ne puis pas dire au juste. Elle
rs n'était pas morte l'été passé ; car je l'ai vue passer
in dans un beau carosse, dans la rue Notre-Dame. C'est
une grande dame et riche ; maïs je l'ai bien recon-
nue tout de même ; quoiqu'’elle ne m’ait pas reconnu, RL
UE SL ne Cd F ne 6 Er, dm
ec