‹ Une de perdue, deux de trouvée [microforme]Chapitre 37 sur 72 · LS · texte numérisé non relu

LS

DEUX DE TROUVÉES. 175 | et Canada, de ses impressions, de la société, avec tant 1er- de tact, de justesse, de goût, de délicatesse, que Ma-

dame de St. Dizier se forma la meilleure opinion de son caractère et de ses qualités.

nais Pauvre mère, elle aurait tant craint d'exposer ses 1 du à deux anges aux séductions de l'opulence, jointe aux 111 and attraits d’un esprit brillant, de manières distinguées Le Ma- et d'une mâle beauté, qu'elle fut au comble de la joie à ues, de pouvoir admirer en M. de St. Luc un jugement fl dant solide et une franchise aimable dans un cœur droit r en et noble. Mais si d’un côté elle éprouvait un vif enen- | traîinement pour de si belles qualités, de l’autre, son L est âme de mère s'effrayait à l'idée des conséquences qui 4 pour pouvaient résulter des visites de M. deSt.Lüc ; car elle A à nbar- voyait bien qu’à l'enthousiasme avec lequel il avait : AUS parlé de ses filles, de leur esprit et de leurs grâces, il 4 tage, deviendrait un des visiteurs de la maison. Elle se k e les sentait, en même temps, comme entraînée malgré elle vers ce jeune homme ; elle n'eut pas voulu qu'il Miss | fut demeuré étranger à sa famille ; elle eut voulu iture D qu'il les visitât souvent et devint intime. Elle ne ées à comprenait pas ces contradictions dans son esprit ; ssent révait-elle, pauvre mère, un brillant mariage paur l'une de ses filles? Ah ! elle était bien excusable de a son penser à trouver un protecteur pour ses deux anges Dizier. aimés.

ct de —Dieu, dit-elle, quand il fut parti, en promettant rande de venir passer la soirée, le bon Dieu décidera. Que as en- sa volonté soit faite ! 4 mour Le soir, il y eut une petite réunion de jeunes per- "Eu sentis sonnes toutes intimes entr'elles que les demoiselles à tance de St. Dizier avaient invitées. Sir Arthur y accomla du , pagna sa fille et M. de St. Luc. On fit de la musique

Y à Là RU SX Are ag a EP ra a AL ; ; dde

TE t aise detre s

et du chant. St. Luc admira le chant de Mademoiselle Asile, dont la voix si douce, si pleine de suave harmonie dans les cantilènes, qu’elle chantait de préférence, lui causait de délicieuses émotions.

Le lendemain et les jours suivants, St. Luc, qui en ayait obtenu la permission, passa les soirées chez Madame de $t. Dizier. Peu à peu son intimité devint plus grande dans la famille. Madame de St. Dizier remarqua que l'âme sensible d’Asile s’ouvrait à des sentiments nouveaux, tandis qu'Hermine, tout en paraissant se plaire autant.et peut-être mème plus que sa sœur dans la compagnie de St. L'c, conservait son humepr gaie et folâtre. Madame de St. Dizier s'aperçut aussi que M. de St. Luc semblait montrer une certaine préférence pour Asile. Il lui de-

mandait plus souvent de chanter, ilétait plus sérieux en conversant avec elle, tandis qu'il riait et badinait avec Hermine. La bonne mère, quoique nullement inquiète, suivait avec intérêt le développement de ces sentiments Asile lui confiait ses impressions, avec une candeur et une naïveté qui la rassuraient. Jusqu'ici Madame de St. Dizier n'avait qu’à se louede la conduite de M. de St. Luc, qui venait presque tous les soirs. Miss Clarisse Gosford était aussi devenue très-intime dans la famille, venant souvent prendre le thé sans cérémonie, et s'en retournant avec M. de St. LT dans la voiture du Gouverneur.

: Quand M. de St, Luc ne venait pas, Madame de St. Diz'er et ses filles ressentaient comme un vide, comme si queique chose manquait à leur intimité de famille. Madame de St, Dizier ne s'était pas tiom- 96 à l'attachement qui se formait entre lui et ses filles ; mais il n'y avait rien qui fit pressentir de l'a

pi

r01uave > pré-

uien chez

evint «

)izier à des ut en > plus onserde St.

t monlui dcérieux dinait lement ent de bsSiONS, raienk, e loue:

presque si devesouvent burnant neur.

e de St.

1 vide, ntimité hs ti'OM* i et ses r de l'a

mour chez aucune de ses enfants ; c'était plutôt une douce et confiante amitié de part et d'autre. Elle avait même cru s’apercevoir que s’il y avait de l’amour quelque part c'était plutôt entre Miss Gosford et M. de St. Luc.

Un jour que Miss Clarisse avait passé l'après-midi chez Madame de St. Dizier, on proposa pour le lendemain une promenade à la Nouvelle-Lorette.

—Oh ! oui, dit Miss Clarisse; quelle fèêt d'aller à la campagne. Et puis M. de St. Luc m'a dit souvent : qu'il aimerait à voir les sauvages.

—Mais nous ne l’'emmènerons pas, dit Hermine en jetant un coup d'œil espiègle à Miss Clarisse ; croyezvLus vraiment, ma chère, qu'il nous remercierait si nous le demandions ? il serait trop poli pour nous refuser, mais je suis bien certaine que, dans ie fonds du cœur, il nous en voudrait, Qu’en pensez-vous ?

Miss Clarisse rougit un peu et répondit en riant : —Cela dépend de celle qui le demanderait ; si c'était vous ou Asile, je crois qu’il accepteræit avec plaisir.

—Le mieux, dit Asile, c’est de ne pas le demander ; mais comme je pense qu’il viendra ce 5oir, nous pourrons lui dire que nous allons demain © Lorette ; s'il est galant, il s’offrira de nous accompagner.

Le soir vint, mais M. de St. Luc ne parut point. Il fut néanmoins convenu qu'elles iraient seules à la campagne.

—Je n’en suis que plus contente, dit Asile, un peu piquée d’avoir atteudu en vain toute la soirée.

—Nous serons moins gênées, nous courrons les champs cueillant des fleurs ; j'aime tant les fleurs.

—Mais il n’y a pas de fleurs dans les champs à celle saison, dit Hermine.

Rad Re

— C’est égal, nous courrons, nous sauterons et nous

nous amuserons sur l'herbe des prairies, reprit Miss Clarisse, comme de véritables villageoises.

Page 1