LE TS
bé et
de l'île, autour duquel ils se chauffaient, en at-
tendant leur souper. ls avaient formé une espèce
d'écran du côté de la mer, pour empêcher la lumière
| La d’être aperçue de ce côté, au cas où il plairait au
| cutier de venir leur faire une visite. Comme ils n'avaient aucune inquiétude du côté de l’intérieur, L | on ils ne s’en étaient pas occupés. + | De l'endroit où Lauriot était avec ses gens, on DE & | pra pouvait apercevoir les pirates quand ils passaient DE ‘| | devant le feu, mais sans pouvoir ni compter leur N à “ nombre, ni distinguer ce qu’ils faisaient à quelque D a x distance du certle lumineux. l 4 di Après être convenus de différents signaux, afin de | ti | An) se reconnaître et de se communiquer, Trim regarda q 7 | Le à l'amorce de ses pistolets et s'étant assuré que sa En carabine était en ordre, il poussa tranquillement sa E © pirogue à l’eau et prit son poste à l’avant, déposant A | avec soin sa carabine auprès de. lui, de manière à |! h l'avoir sous sa main, ‘Tom se plaça au gouvernail, ER Fur et tous les deux partirent pour aller exécuter leur te | Que dangereuse mission. | ‘| v | Ho , La pirogue, légère et effilée, obéissant à l'impulsion L un {l sa puissante de ces deux vigoureux nageurs, semblait b
courir sur les eaux, en effleurant à peine la surface. Ils avaient d’abord dirigé leur course en droite … ligne sur la flamme que les pirates avaient allumée
aient
ue la servé leur
leur
jointe n atspèce mière it au 1e ils rieur,
8, on saient * leur elque
fin de varda ue sa pnt sa osant bre à rnail,
leur
lsion
nblait face.
roite
imée
nnpihehi she rt rt ee entre rien ETS d Tri A MAX
sur l'ile, de, manière que Lauriot et tous ceux qui étaient restés avec lui pouvaient suivre la pirogue. Quand ils ne furent plus qu'à une certaine distance de l'île, Tom, par un coup d’aviron, dirigea sa Course un peu vers l'Est, de manière 4 se trouver dans l'ombre que formait une touffe d'arbres, afin d’approcher le plus près possihle sans ni. d'être découverls.
Ils avancèrent ainsi assez près de l’île pour distinguer parfaitement tous les mouvements de ceux qui étaient autour du feu. Ils pouvaient même lés entendre parier. ‘Après avoir examiné attentivement tout ce qu'il y avait sur la pointe, sans avoir pu dis-
| tinguer Cabrera, Tom voulait retourner rendre
compte de ce qu’ils avaient vu, lorsque Trim lui fit signe de regarder vers un petit arbre qui sé trouvait à une trentaine de pas en deça du feu, un peu en arrière de l'écran, de manière à se trouver en dehors du rayon de lunière.—Tom suivit des yeux la direction de la main de Trim, et il aperçut un homme qui marchait de long en large, s’arrêtant brusquement devant quelque “2088 ; puis reprenant sa marche; faisant que’j:tes as x" *rexeans à la même place, À l'agitation de s5 vi: Trim comprit que cet homme parlait à dut: ui, Quel était cet homme ? à qui parlaitil? Trim et Tom ne furent pas longtemps sans reconnéître l’homme, car s’étant dirigé vers le feu, sa figure, éclairée-en plein par la flamme, ne pouvait tromper l'œil de Trim, qui reconnut Cabrera; quoique Tom ne püût, de la distance où ils étaient, distinguer aucun de ses traits.
Trim se pencha avec précaution vers Tom et lui on tout bas,
(Cabrera ! —Es-tu sûr? demanda Tom, en s'âvançant sur
les mains au fond de la pirogue jusqu'auprès de Trim. :
Sûr! moué croyé mamselle Sara contre c'ti l'arbre. |
—Moi aussi. Allons-nous-en maintenant.
Cabrera alluma un cigare, et s’étendit devant le feu, de manière à tourner le dos à Tom.
—Non, moué envi tiré un coup de carabine dans son la tête à Cabrera.
—Ne vas pas!
—Moué sûr tuyé li.
—Ne fais pas un coup pareil; si tu tuais Cabrera, peut-être que ces monstres massacreraient mademoiselle Sara !
—Tu l’avé raison.
Tout en conversant ainsi, leur pirogue s'était tellement rapprochée de la rive, qu’elle frotta sur le
sable, avant qu'ils s’en fussent aperçus, tant ils
étaient absorbés par ce qu’ils voyaient sur la pointe. Comme la mer était calme et étale, la pirogue ne fit aucun bruit en touchant le rivage.
—Moué l’avé envi d’aller à terre, dit Trim, pour voyé y où l’êté mamselle Sara.
—N'y vas pas, tu te feras prendre.
—Craigni pas; moué coulé comme serpent dass l’zerbes. À
—Prends garde"à toi.
—Craigni pas. Si toué voyé moué couri à côté pour vini, toué siflé pour montré où li Pete.
—Oui.
—Pitêtre moué revini tout suite, pitêtre non,
e po:
né so A RS RENTE A PA SMART Re NT LS Ra ai
—Dépèches-toi.
Trim débarqua sans bruit, et se traînant sur le ventre comme une couleuvre dans les herbes, il s'avança jusqu’à une dizaine de pieds de l'endroit où il avait remarqué que Cabrera s’arrêtait si souvent. Il reconnut Miss Thornbull assise au pied d’un arbre, le dos de’ son côté. Le cœur de ce pauvre Trim lui battit violemment dans la poitrine ; il aurait voulu pouvoir se faire reconnaître de la jeune fille, dont la tête penchée surlia poitrine annonçait le profond abattement. Comment faire ? Il osait à peine avancer, craignant que le moindre bruit ne l’effrayât ;
| il avait peur que s’il réussissait à se faire reconnaître
la surprise ne lui fit pousser un cri, qui aurait amené
! sur lui touie la bande des pirates. L'agitation de
lrim était si grande, qu’il était obligé de se mettre la main sur le cœur comme s'il eut'bu en modérer les pulsations. . Tous ses membres tremblaient sous l'extrême agitation nerveuse qui le dominait. 1l était décidé à ne pas partir sans avoir parlé à Miss Thornbull ; et il resta plus de cinq minutes dans la même position sans remuer ; enfin ayant réussi à surmonter son émotion, il leva encore une fois la tête entre les hautes herbes, et il vit la plupart des pirates dormant autour du feu.
11 eut un instant l’idée d'enlever sans plus de cérémonie Miss Thornbull, et de l'emporter ainsi à. la pirogue ; mais ce projet était si dangereux, étant certain que la jeune fille aurait lâché un cri d’effroi en se sentant saisir, qu'il y renonça presqu'aussitôt. Alors il se décida à avancer jusqu’auprès d’elle ; et afin de pouvoir se trouver hors du chemin de Cabrera s'il entendait du bruit, il fit un déteur pour s’ap-
procher de la jeune fille. Il se coulait dans l'herbe avec tant d'adresse, qu’on aurait eu de la peine à remarquer son ondulation ; ses mouvements étaient . si souples et élastiques qu'il s’'approcha jusques tout auprès de la jeune fille, sans qu'elle l’eut entendu, tant était grande aussi l'intensité de sa douleur et la
ie Gioondi: "dei. nt — LM
= ms 2 a
pirogue, jointe à la vigueur qu'ils déployèrent,les |
| prostration de ses esprits. j | Trim la contempla un instant ; puis, lui touchant C légèrement le bras, il-lui dit en même temps : ( | —Ne fésé pas bruit ; moué nègre Trim, mamselle \ % Sara ! | c | Elle ne put réprimer une légère exclamation de Y surprise mêlée de frayeur. ] | Trim lui expliqua en peu de mots la position des I choses, et lui demanda si elle se sentait la force de Ë courir jusqu'à la pirogue. Elle lui répondit qu’elle à se seutait si faible qu’elle craignait de ne pouvoir le h faire. P | —Alors moué porté li, dit-il. C | Et la soulevant dans ses bras nerveux, il partit . comme un trait dans la direction de la pirogue, au £. fond de laquelle il déposa la jeune fille, lui recom- Se l mandant de se coucher ; sans s'occuper du bruitet ls d | ne cherchant qu’à se mettre au plus vite, hors de la a | Fi portée des fusils, Tom et Tri poussèrent au large. n | le Cabrera qui se levait au moment où Trim arrivait a. | au canot, fut le premier à les apercevoir ; ceux qui P: {l étaient autour du feu, avaient bien entendu les pas 1 7 du nègre à la course, mais ils n'avaient pu le distin- al Î ir 52 guer dans l'obscurité, qui régnait en dehors du dé | 4 cercle de lumière que projetait leur brasier. | er | L'impulsion que Tom et Trim avaient donnée à la p |
des
avaient mis hors de la portée du coup de pistolet que Cabrera aéchargea de désespoir. Au mémé instant cinq à six coups de mousquets furent tirés par les pirates, qui n'avaient pas tardé à accourir près de leur chef,
Cabrera et trois à quatre hommes coururent se jeter dans la pirogue qui l’avait amené, et commencèrent une chasse acharnée. Trim, tout en nageant de toutes ses forces, n'avait pas perdu Cabrera de vue, et il l'avait reconnu aisément, grâce à la clarté qui régnait à la pointe où il s'embarquait, et put le voir prendre son poste à l'arrière de la pirogue. D'abord Trim craignit que l’embarcation des pirates montée par un plus grand nombre de nageurs, ne gagnât peu à peu la leur; c’ést pourquoi il fit signe à Tom de gagner vers l’enfoncement oriental de la baie, mais il ne tarda pas à s'apercevoir que leur pirogue, au lieu de perdre, gagnait rapidement sur celle des pirates. *
Ceux qui étaient restés à terre, n’avaient cessé de faire feu, tant qu'ils purent entrevoir sur les eaux la légère embarcation, au fond de laquelle était demeurée couchée mademoiselle Thornbull ; mais aussilôt que la pirogue se fut confondue avec les nuages dans la distance et les ombres de la nuit, ils craignirent de tirer, de peur. de frapper leurs compagnons.
La raison pour laquelle les pirates ne faisaient pas autant de progrès que Tom et Trim, était que ces derniers étaient plus vigoureux et plus habiles, et en outre que la pirogue des pirates, ne contenant que deux avirons, se trouvait plus chargée et par conséquent plus lourde à manœuvrer. Cabrera s'aper-
tr rt nu sitio
ROUE AT D AS 7 TR TRE MN HE ne
DCE ox eme p00 mn annees eee
LIRE rer 2 dé
4 FA 2: #i (2 À vx vs HE
çut bientôt de la différence, il donna l'ordre de tirer. Trim qui suivait de l'œil tous les mouvements de Cabrera, n'eut que le temps de se baisser, mouvement que Tom ne fut pas lent à imiter. Les balles siflèrent autour de la pirogue, et l’une d'elles vint frapper dans la pine du canot, à quelques pouces seulement de la tête de Trim.
—Oh 1 cria Trim, nageons avant que li chargé encore !
Et tous deux penchés sur les avirons, qui pliaient sous leurs efforts, ils firent voler leur pirogue qui semblait glisser sur l'onde salée.
Une nouvelle décharge suivit bientôt la première,
—ÆEncore un coup de cœur, Trim, et nous serons bientôt hors de leur portée 1 as-tu remarqué que les balles sont venues mourir à une dizaine de pieds de nous.
—En avant ! répondit Trim.en rodcitiisns d'efforts.
—Une troisième décharge ne se-fit pas attendre ; msis celte fois la distance était trop grande pour qu'il y eut aucun danger. Ils nagèrent encore quelques minutes avec la même vigueur ; puis, Trim, s’arrêtant tout à coup; mit son aviron dans la pirogue et dit à
Tom. de ne plus nager.
—Que veux-tu donc faire ?
—Tiens, dit Frim, en lui montrant la balle qu'il venait d'extraire &e :4 pince, où elle s'était enfoncée, voyé-ti c'te gross la balle ? leur fusil pas capable pour porter si loin, mais moué sûr mon la carbine porter bien avec son piti la balle !
—On n’a pas de temps à perdre, nage, nage, Trim.
—Ah ! Tom, un piti coup, mot voulé salé y inque un ; voyé comme li êté ben, juste devant la lumière.