UN E DE PERDUE
bour battant mèche allumée, avant que la chaloupe
fut arrivée au rivage. ù —Peut-être sont-ils partis maintenant? demanda où Lauriot. po —Pas encore, nous nous sommes arrêtés justement au détour du bayou là bas, d’où nous pouvions : ple les voir sur la pointe de l’île. Vous n'avez qu'à pil avancer jusque là et vous les verrez tout à clair. for Quant à nous, nous nous en retournons. Adieu, po messieurs. ex.
—Adieu ! merci, répondirent Sir Arthur et Lau- 4 sei riot en faisant place à l’esquif, qui continua sa qu route, d'h jeu CHAPITRE XXIX. I nai LA POURSUITE. sis pen sub Après l'enlèvement de Miss Sara, Cabrera et Pha- àtr neuf s'étaient rendus, au galop de leurs chevaux, jus- sem | qu’à Carolton, d'où ils renvoyèrent mener la voiture desc à la Nouvelle-Orléans. Après avoir traversé le fleuve, ceu) ils prirent le sentier du bayou Goglu, où ils espé- apet « raient trouver une pirogue ; n’en ayant pas trouvée, chal ils furent obligés d’y attendre le jour, n'osant se ha- la p sarder dans la cyprière, qu’ils ne connaissdient pas et F assez, durant la nuit, poin L'état de Miss Thornbull était vraiment déchirant ; A] supplications, pleurs, évanouissements, rien n'avait deva pu adoucir la féroce détermination du pirate. , Le divis matin, quand ils purent distinguer le sentier qui diate
conduisait du bayou Goglu au bayou Latreille, Ca-
DÉUX DE TROUVÉES. 35
brera avait pris dans ses bras l’infortunée Sara, et quand ils arrivèrent chez le père Laté il la déposa sur un lit, où il fallut la frotter avec de l'eau de vie pour la rappeler de son évanouissement.
Elle eut beau se jeter à genoux, elle eut beau
+ pleurer, il fallut qu’elle embarquât dans une des
pirogues, où Cabrera et Phaneuf la conduisirent de force.—Durant le trajet, elle fit plusieurs tentatives pour se jeter à l’eau ; la surveillance qu'ils eurent à exercer pour l'empêcher d'accomplir soù sinistre dessein, retarda beaucoup leur célérité, de manière qu'ils n’arrivèrent à la Grande Ile qu’une couple d'heures avant la rencontre de Tauriot avec les jeunes gens.
Lauriot, ayant communiqué à Tom ce qu'ils ve-
| naient d’apprendre, ils avancèrent avec précaution
jusqu'au coude que faisait le bayou, quelques arpents plus loin; à cet endroit le bayou s'’élargissait subitement, et s'ouvrait en éventail, laissant voir, à trois milles au large, l’He sur laquelle étaient rassemblés les pirates. Une talle de mangliers à l'abri desquels ils débarquèrent, les cachait à la vue de ceux qui étaient sur l’île, tandis qu'ils pouvaient les apercevoir, et veiller surtout les mouvements de la chaloupe, qui était tirée sur le rivage en dehors de la pointe de l'ile. La pirogue dans laquelle Cabrera et Phaneuf s'étaient rendus, était en dedans de Ja pointe, du côté de la baie.
Après avoir discuté quelque temps sur ce qu'ils devaient faire, les opinions se trouvèrent . peu près divisées. Sir Arthur voulait aller les attaquer immédiatement, Tom et une partie de ses gens de police
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était du même avis. Lauriot était d'opinion qu'il va: |
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muit En attendant, ils préparèrent un souper de |
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lait mieux attendre la nuit, qui leur permettrait d’approcher de l’île sans être vus.
Trim, qui s'était traîné sur le ventre à travers les ; herbes, pour avoir une meilleure vue de ce qui se : passait au large, revint bientôt leur annoncer qu'il ; n’avait pu rien distinguer, et que les navires dont 9n avait parlé n'étaient pas visibles dans le rayon que q ses yeux avaient pu embrasser de l'endroit où il s’é- ”
tait mis pour faire ses observations. P —Que penses-tu que nous devions faire, Trim ? lui
demanda Sir Arthur; devonsnous attendre la nuit ms
ou aller de suite les attaquer, avant qu'ils ne s'em- S
barquent et ne nous échappent. :
—Moué pensé valé mieux attendre la nuit.
—Mais, pour quelles raisons, Trim ? |
—Parceque moué croyé li l'été une vingtaine, et p 8! nous yin qu'une dizaine ! moué pas peur, mais n’aime pas allé faire casser, mon la tête comme ça en plein jour pour rien. Moué sûr mouri plusieurs.
—Mais s'ils allaient partir ?
.—Pourquoi partir, si voyé pas nous? ne savé-pas y où l'été la frigaite à li, ne savé pas y où cutter; non, li pas parti si voyez pas nous, mais si voyez là nous vini, un, deux, trois, pirogues plein le monde, alors moué cré ben li poussé chaloupe au large et li Le partir.
—Tu as raison, Trim,-cria Tom en lui donnant avec force un coup de plat de sa main sur l'épaule! Tu es un vieux buck! et moi je vote pour atténdre la noirceur.
Les raisons de Trim décidèrent la question et Sir Arthur, quoique à regret, se résolut à attendre la
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viandes froides, n'osant pas faire de feu, de crainte que la fumée n'attirât l'attention des pirates. Ils convinrent aussi d'attendre que la plupart se fut livrée au sommeil, afin de les prendre à l'improviste, de se saisir de la jeune fille et de l'enlever avant qu'ils eussent eu le temps de faire aucune résistance organisée, remplissant par là le principal but de l’expédition, sans s’exposer aux dangers d’une défaite.
Ce plan, quoique généralement adopté comme étant le meilleur, ne satisfaisait pas l'impatience de Sir Arthur, qui voulait tout risquer ou périr, plutôt que de laisser un seul instant de plus Miss Thornbull au pouvoir de ces scélérats.
Quand la nuit fut entièrement tombée, la plus
| grande obscurité enveloppait la Grande Ile.
Sir Arthur et Lauriot conversaient avec animation,
les hommes s'étaient divisés par groupes ; Tom était
venu s'asseoir auprès de Trim.
Après un assez long silence, Trim, se tournant vers Tom, lui dit à demie voix :
—Moué envie d'aller à l’île pour voyé qué li faisé là-bas. Voulé ti vini ?
—Je ne demande pes mieux, mais il faut prévenir Lauriot.
—C'est bon ; allons parlé à li.
Ils communiquèrent ce projet à Lauriot et à Sir Arthur qui l’approuvèrent. Sir Arthur voulait les
accompagner, mais Lauriot, qui craignait quelqu’im-
prudence de sa part, lui fit observer qu'il valait bien mieux qu’il se tint prêt à se mettre à la tête des gens
de sa pirogue, au cas où il serait nécessaire de pous-
ser au large,
QE MAÉ LEE te DIE FEAT OS CU AMMN AS TLC D PES UT apte gr er ge pérenne prenne ro or 1€
ll fut donc convenu que Tom et Trim partiraient seuls ; qu’ils approcheraient aussi près de l’île que la prudence le permettrait, et, qu'apres avoir observé les mouvements des pirates et s'être assurés de leur force, ils reviendraient immédiatement faire leur rapport
Les pirates venaient d'allumer un feu sur la pointe