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l'on ne découvrit pas le lieu de sa retraite.—J'ai réussi jusqu'à ce jour ; tout était presque prêt pour sa fuite, il ne manquait qu’une chose que je devais leur procurer, pour qu’ils partissent demain dans la nuit. Mais leur retraite est découverte, il faut qu'ils partent cette nuit, ce soir, aussitôt que possible ; ils devraient même être partis déjà. Ils peuvent être surpris à tout moment.
—Ils sont armés ?
—Oui ; mais je crains que l'on y âille en force, Oh ! mon Dieu ! Si j'arrivais trop tard. Si Vadebon: cœur n'avait pas son cheval prêt!
—Voici la maison, je crois, dit St. Luc, en arrêtant son cheval à l'endroit où Henriette était descendue, dans la rue de la Montagne. Ne soyez pas longtemps; j'espère que tout ira bien.
Henriette ne fit qu'entrer et sortir, ayant dit au Docteur Chénier ‘ que tout était prêt et d'attendre son frère.”
—Nous n’irons pas chez M. Vadeboncœæur, reprit St. Luc, quand elle fut remontée en voiture. Nous allons continuer tout droit voir votre frère.
—Mais ils attendent une voiture ?
—Je vous offre la mienne ; ce cheval vaut mieux qu'aucun de ceux qu'ils pourraient se procurer. Vous seriez trop inquiète, si vous appreniez qu'ils son! poursuivis et qu'ils n'ont pas un bon cheval. Avec celui-ci, je vous réponds qu’on ne les rejoindra pas, | s'ils savent le mener.—Ils me le renverront quand. ils pourront; qu'ils le ci tant qu'ils en auront besoin.
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—]] sera mort, et je n’en serai guère plus pauvre. Je vous aurai été agréable peut-être, continua-til, en la regardant tendrement, et cherchant dans ses yeux à interroger sa pensée.
Elle baissa la tête. Des larmes coulèrent; 1armes de reconnäissance et de bonheur.
—Vous pleurez Henriette ? ,
Elle s’essuya rapidement les yeux, puis relevant la tête.
—Vous voyez, dit-elle, je ne pleure plus; c’est la femme qui était faible ; la sœur doit être forte, encore pour ce soir. Je ne sais comment vous remercier, je vous devrai trop.
— Trop! Ah ! un mot de votre bouche me paierait au centuple. Laissez-moi vous aimer. Dites, Henrielte, me le permettez-vous ?
Mais, Monsieur,vous ne me connaissez pas. Vous ne savez pas si je suis libre ou non.
—Ah! vous n'êtes pas mariée. Votre mari ne vous laisserait pas vous exposer ainsi seule, la nuit, sans
protecteur. Non, vous n'avez pas d'époux.
—S'il avait été forcé de se sauver, pour éviter la ‘prison ?
—Vous êtes cruelle, Henriette; vous ne croyez
donc pas à mon amour ?
—Ne parlons pas de cela maintenant ; demain, dit-
| elle d'une voix basse.
—Mais où vous verrai-je demain ? dites-moi au
| moins votre rom.
—Pas cesoir. Excusez-moi ; vous voyez dans quel
| élat de trouble je suis; je vous en prie, permettez
| que je n’aie d'autre pensée maintenant que celle de a “auver mon frère.
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