TRIBULATION DE M. EDOUARD
Revenons au volontaire qui s'était rendu, à l'heure indiquée, au logis de M. Edouard. Il trouva le clef sur la porte et entra. Après une demi-heure d’attente, il crut qu'il n’avait rien de mieux à faire que de préparer le bol de punch. I] prit de l’eau chaude, du sucre, un citron qu’il coupa par tranches, puis y méla une copieuse proportion d’eau-de-vie. Îl mêla le tout avec une grande cuillère et en prit un verre. !l prit ensuite une pipe qu’il emplit de tabac et bourra. De temps en temps il regardait à sa montré, haussait les épaules, prenait un petit coup, se rasseyant sur le sofa et tirait d'énormes bouffées.
Neuf heures étaient sonnées depuis longtemps, et
M. Edouard ne rentrait pas. Le volontaire était in-
* quiet il s’impatientait de ce retard.—“ Que diable
fait donc M. Edouard qu’il n’arrive pas ? ” se disait-il. —“Je vais l’attendre encore un quart-d’heure; s’il
s'est pas rentré, je pars et vais. avertir la police.” Et |
il prit encore un petit coup.
Dix heures sonnèrent au cadran du Sémihaire de St. Sulpice.—"* Dix heures! dit-il, je pars; ” et le
braye volontaire $e servit de nouveau 1n grand vérre
du déhcieux punch.
Il avait la tête lourde ot le pas chantelant quand
| il descendit l'escalier. Comme son idée fixe était de | gagner la récompense, et de prendre ceux . pour lesquels elle . offérte, il se su à la station de Ja
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police, où il découvrit à celni qui conimandait la station ce qu'il savait de l'endroit où étaient cachés les deux chefs patriotes. Douze hommes de police accompagnèrent le volontaire qui les conduisit au clos de bois de la rue St. Maurice. En passant dans la rue Notre-Dame devant le domicile de son compère, M. Edouard, il crut devoir monter pour voir s’il ÿ était, et aussi, un petit peu, pour rendre une nouvelle et dernière visite au bol de punch.
Pendant que ce renfort Îe la police accompagne le volontaire, que deux d’entre eux sont obligés de supporter, en lui prenant chacun un bras, nous irons voir ce que M. Edouard, qui se trouve maintenant
seul, faisait sous sa tonne. .
H avait l'oreille fine et avait entendu ce que la jeune femme avait dit, quand elle était venue prévenir l’ami de son frère, qu’il y avait une voiture de prête pour leur fuite. Il n’avait pas non plus perdu son temps ; à force de tirer, il avait réussi à desserrer le nœud de sa cravai qui lui attachait les mains derrière le dos. Aussitôt qu’il se sentit les mains libres, il essaya, tout doucernent, de remuer la tonne; mais elle était solidement fixée. Comme il était dangereux de faire du bruit, il resta tranquille, espérant que quelques circonstances heureuses le favori-
seraient, ou bien que les deux chefs s'endormi-
raient,
Quand il eut entendu partir le chef sitiitie äav la jeune femme, il commença alors à travailler tard de bon à se libérer, mais la barre de bois; qui retenait la tonne, était trop fermement de pe qu'il pût réussir à la remuer. 4 L'un des PET du major Daubreville qui, à cette
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heure, était vonu, ure lanterne à la main, faire la visite de la brasserie, entendant du bruit à l'étage supérieur, monta et écouta. Bientôt il reconnut que Mer le bruit-venait du grenier ; mais comme il n'avait DRE 7 pas la clef pour en ouvrir la porte, il descondit cher- t'a cher un paquet de vieilles clefs rouillées qui se trou- pi) vait dans un coffre où l’on mettait les ferrailles inu- LA tiles. Il se trouva qu’une des clefs ouvrait la porte, st et il entra dans le grenier. Monsieur Edouard
{ voyant, par la coude de la tonne, une lumière,se mit + nl à crier : th ||
RENTE CEA RS
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