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—Je suis prisonnier sous la grosse tonne! De grâce, délivrez-moi.
L'engagé qui, sans doute, avait peur des revenants, : .
entendant un son caverneux que les cavités déla tonne, dans laquelle M. Edouard était enfermé, ren- Ar daient encore plus effrayant, sentit ses cheveux se PER
dresser sur sa tête et battit, en reculant, une retraite précipitée ; puis, fermant à double tour la porte du
l'escalier, et courut raconter à la famille ce qu'il venait d'entendre. Les fils du Major, deux gaillards qui n'avaient pas peur des revenants, entendant l’histoire que venait de raconter leur engagé, prirent chacun une canne et allèrent à la brasserie. De la maison à la brasserie il n'y avait que la cour à traverser. L'engagé, forcé de les accompagner avec la lanterne, suivait bien à contre cœur.
—Doune-moi la lacterne, peltron, lui dit l'ainé dé | Daubreville, et prends un seau d'eau, que tu vas . monter avec toi. Nous allons voir si ce farceur qui prétend jouer des tours de revenants n’aura pas be : soin d’un peu d'u et de savon. Mr
: En ouvrant la porte du grenier, ils entendirent la même voix caverneuse qui s'accompagnait, cette fois, de coups donnés avec la jointure des mains dans l'intérieur de la tonne afin d’attirer l'attention des visiteurs.
La sonorité de la tonne rendait effectivement les sons très-effrayants dans la nuit et dans ce lieu où pérsonue n’avait l'habitude d’entrer.
—Qui diable, ce peut-il être? dit l’un des Daubreville,
—Je suis pris, je suis pris! criait M. Edouard en frappant toujours sur la tonne.
—[L est derrière ce tas de barils, dit le second des Daubreville.
Après avoir regardé derrière le tas de barils et de boîtes, qui étaient dans un coin du grenier d’où partait la voix, qui, à leurs oreilles, paraissait être rendue sépulcrale dans. le dessein de les effrayer, ils arrivèrent à la tonne.
—Il est dessous, dit celui qui portait la lanterne
-qu'if donna à l’engagé prenant en échange le seau d'eau ; renverse la tonne.
Au moment où M. Edouard “jortéit, la tête la première, il lui jeta son seau d’eau. Celui-ci s’affaissa en poussant un hurlement effroyable et en ———.
dant grâce.
Oui ; attends un peu dit Daubreville ; puis le sai- … sissant par le collet il le tira de dessous la tonne et :. commença à lui administrer une rude volée de coups de canne. Ah! tu as voulu faire le revenant ! tu n'y reviendras plus,heint es Je vous en prie, criait le re ne me.
; massacres vos je ne faisais pas le revenant.
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TALUE.S 2
ne me. | ; D signe aux autres de se tenir
L'engagé qui, en voyant que le revenant n'était
qu'un homme dont la triste et piteuse mine, au lieu
de l'émouvoir, lui inspirait une colère d'autant plus grande qu’il en avait eu plus peur, courut emplir le seau qu’il versa de nouveau sur la tête de M. Edouard en accompagnant cette action de coups de pieds sur les jambes et-ailleurs. Le malheureux demandaît toujours grâce.
—Qu'est-ce que tu faisais donc-là ?
—J’étais pris; je voulais prendre les patriotés et ils m'ont pris.
—Quels patriotes ?
—D...... et G...... et ce grenier.
—Où sont-ils ?
—Partis !
—Par où ?
—Par cette porte-là, en bas de l'escalier.
—ÆEh bien ! sauves-toi par la même porte, el cours après eux.
Ils le poussèrent rudement au bas du petit escalier, et l’un d’eux descendit refermer la porte au verrou ; puis tous les trois s’en retournèrent à la maison.
Ce pauvre M. Edouard n'était pes encore à Done de ses tribulations.
Au moment où il était mis à la porte, les got de