‹ Une de perdue, deux de trouvées [microforme]Chapitre 22 sur 78 · UNY DE PERDUE · texte numérisé non relu

UNY DE PERDUE

crétion. —(Carlotta, prends garde ; le voilà qui vient, il nous | | regarde, oh! mon Dieu, s’il allait s’apercevoir. ‘1 i Et elle détourna la tête, un vif incarnat colorant 1 | ; ses joues d'une teinte purpurine ; mais pas assez vite | 4 à cependant pour empêcher l’élégant cavalier, qui arri- € À 1 vait au léger galop de son cheval, de remarquer les 6 4 ; vives carnations qui avaient trahi l'émotion de la jeune fille. ! a —C'est une bien belle personne ! se dit-il à lui- {| D

mème, quand il fut passé, et j'ai cru remarquer...

Re mais non, c'est peut-être une erreur. Îlse retourna | v . cependant sur sa selle pour examiner là volante; | d Fe puis il arrêta son cheval; nis il tourna la bride {E ce daus la direction que suivait la voiture et se mit à |. ET penser ; puis, tout en pensant, il lança son cheval au l cl * galop sur les traces de la volante, qu'entraînaient | V

deux mules blanches richement caparaçonnées.. Au bout de la promenade, la volante - retourna ; et les ! de yeux du jeune homme et de la jeune fille se rencon- À h .. trèrent. ‘4 Ye fr —ÆElle est bien belle, pensa le jeune homme. È el —Il est bien beau, pensa la jeune fille. 4 mm D'étranges impressions se réveillèrent scudaine- 1 vi ment dans son cœur ; elle le sentit battre d’un mou- 2 In: vement jusqu'alors inconnu. Elle baissa la vue, et NN. il:

demeura longtemps silencieuse, la tête penchée. jet Peu à peu les volantes quittèrent la promenade, et pa à mesure que les ombres de la nuit se répandaient im

sur la ville, les rues devenuient de plus eu plus dé- , sertes. La volante aux mules blanches était partie

depuis quelque temps et s’arrêtait À la porte d'une + magnifique maison. pu

ER RE PE Go 5 am

—Carlottr, vous ne chercherez pas à me procurer ue |

8 1 d'entrevue avec l'étranger; je ne veux pas le voir. ne

je ne puis pas...

L' 4 Et la jeune fille s'était élancée de la voiture ; elle e 1 monta rapidement à sa chambre, où elle s'enferma. \- 4 Un homme à cheval, avait, de loin, suivi la volante S : et remarqué la maison où elie s'était arrêtée. a à La bluade jeune fille, ce soir là, ne descendit pas

| au souper. La nuit, elle ne put reposer ; SON s0mM-

i- À meil était agité.

: {| Le lendemain et les trois jours suivants, elle ne a 0 voulut pas sortir à l'heure de la promenade. Lesoir s | du quatrième jour cependant, quand le soleil fut des- le ll cendu sous l'horizon, elle sortit pour preudre l'air à sur le balcon, et un instant après elle vit passer, à u | cheval, le br illant inconnu, qui jeta un coup d'œil nt .vers elle et partit au galop.

u : Le dimanche suivant, elle assista à la grand’messe Ds M de la Cathédrale, et elle aperçut le même jeune

homme, appuyé contre l’un des piliers de la nef, les yeux fixés sur elle. Après la messe, au moment où . elle allait mouiller son doigt dans le bénitier, une -:

+ À main recouverte d’un gant blanc lui offrit l’eau bé- >. À vite qu'elle n’osa refuser. Elle leva les yeux, c'était 4 lni! Elle se sentit prête à défaillir. !Îl était si beau, st M ilavat l'air si noble, il était si poli! Hélas! pauvre

jeune fille, si c'eut été un autre, peut-être n’eut-elle pas pensé que c'était de la politesse, mais bien une impardonnable effronterie ! et si elle eut su...

Le mardi suivant, ‘il y avait grande revue des troupes nouvellement arrivées. Toute la ville devait ee

- UN DE PÉRDUÉ

y être, et la jeune fille y älla dans sa volante aux

blanches mules. Il y était aussi, et elle l'eut bientôt distingué des autres, au milieu des cavaliers parmi lesquels il se trouvait. Le coup d'œil était splendide, la tenue des troupes magnifique, et les différentes évolutions qu’elles exécutèrent au son d’une musique guerrière, causèrent un enthousiasme général. Bientôt commencèrent les manœuvres de l'artillerie légère, dont les pièces, traînées par de vigoureux chevaux, semblaient emportées dans des tourbillons de poussière au bout de la plaine, tournaient comme sur un pivot ef revenaient au grandi galop des chevaux après avoir lâché leurs décharges,

Au bruit étourdissant du canon, deux mules s’étaient effrayées; elles se cabrent, jettent à terre leur postillon et s’élancent dans leur épouvante à travers

Ja campagne. Elles courent, elles ,bondissent par

dessus les pierres, à travers les fosués. Une jeune fille est dans la volante qui, à chaque bond, menace de culbuter ou de se briser en éclats, Personne, de toute cette foule, n’ôse porter secours à l’infortunée, qu’un rien peut jeter sous les roues de la volante ou sous les pieds des mûles épouvantées. Un homme a reconnu les deux mules blanches, qui fuient à travers la plaine ; il plonge ses éperons dans les flancs de son cheval qui bondit comme un tigre blessé, secoue sa crinière, et part comme un ouragan sur les traces des mules. De sa cravache il lui sangle les épaules, de ses éperons il lui laboure le ventre. Cinquante ca-

valiers s’élancent après lui au galop, honteux de leur

inaction et entraînés par l'exemple de cet inconnu:

Les manœuvres de l’artillerie.sont suspendues, toute

cette foule suit de l'œil et est dans l'attente de quel-

qu'horrible catastrophe. L'inconnu n'est plus qu'à quelques pas de la volante, qui n’est pas encore hrisée et maintient son équilibre ; il gagne du terrain à chaque bond de son rapide coursier ; il avance, il approche. Ilest temps. Un précipice est à dix pas, et les mules s’y jettent tête baissée… Déjà il a saisi la bride de la mulé qui se trouve la plus près de lui, et la jette sur ses hanches; mais l’autre mule bondit dans ses harnais et entraîne et la volante et la mule qui est renversée. Le précipice n’est plus qu’à deux pas. il ne peut maîtriser la mule, ni saisir la bride... Ii court risque d’être lui-même blessé par les roues... Que faire ?.…. Prompt comme la pensée il tire un pistolet de sa poche et à bout touchant fait feu sur la mule qui s’abat sous le coup. {1 se jette à bas de son cheval, se préci:te dans la volante et enlève dans ses bras la jeune fille évanouie. . Une immense acclamation retentit dans les airs, et un cri d'enthousiasme universel salue une si courageuse action.

Cependant peu à peu la jeune fille reprend ses esprits. Une volante est bientôt amenée, et le jeune homme veut lui-même La déposer sur ses moëlleux coussins. Elle entr'ouvre les yeux et reconnaît que c’est lui, encore lui ! Elle veut parler et ses lèvres ne s'agitent que pour prononcer des sons jinarticulès, Ses amies qui étaient accourues s’empressent autour d'elle, et l’accompagnent à la demeure de son père, où elle ne tarda pas à revenir complètement à elle.

La conduite du jeune et courageux cavalier fut élevée. jusqu'aux nues. On ne parla que de lui le réste de la jou“née. Personne ne le conan ane quoiqu'il s’appesait Antonio. re —Ma pi lui dit son père, ce ‘jeune homo LR |

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