‹ Une de perdue, deux de trouvées [microforme]Chapitre 25 sur 78 · LE COMPLOT AVANCE · texte numérisé non relu

LE COMPLOT AVANCE

La

. Cependant le Zéphyr, poussé par un vent favorable, arrivait, quelques jours après la malencontreuse attaque des pirates, en yue des terres de la Louisiane, Un matelot, placé en vigie à la tête du mât d’artimon, avait fait entendre le cri “ terre en avant!” Ce cri, que les marins, si accoutumés à la mer et à ses accidents, ne peuvent entendre sans émotion, avait amené

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sur le pont tous les passagers. Sara Thornbull,

a- | faible et à peine revenue äu choc qu'elle avait Lait js éprouvé à la vue de Cabrera, se tenait appuyée au : LA A st bras de Sir Arthur Gosford. Le comte d’Alcantara, NE | dont la figure toute couverte de cicatrices, annonçait 1. les horribles souffrances que son accident lai avait A in . occasionnées, avait recouvré toute sa jovialité. Au pie 3 re fond, il était tout glorieux de sa mésaventure, s’attriur | buant presqu’à lui seul le mérite d’avoir décidé la 104 fuite des pirates et l'honneur de la victoire. Pre Le navire avançait toujours, et la terre, qui d’aberd 1e ita n'apparaissait que comme un nuage à l'horizon, commençait peu à peu à se dessiner sur le fond bleu du 0; L firmament ; bientôt on put distinguer un petit vaisje | seau, sortant de l’une des passes du Mississipi, et se us dirigeant dans la direction du Zéphyr. Sa grande A voile latine le fit bientôt reconnaître pour un des

bateaux pilotes, qui croisent sans cesse à l’embouchure du fleuve, et semblent vivre sur les eaux, comme les goëlands, ne retournant à terre qu’alors que les ombres de la nuit sont tout à fait tombées. Il était joli à voir ce petit cutter, courant sur les lames et plongeant de temps en temps à la risée le bout du bôme de son immense brigantine, comme une hirondelle qui trempe son aile à l’eau pour se rafraîchir. Le capitaine donna l’ordre de faire des signaux.

le, | Le cutter y répondit et quelques instants après il fut À # | à la portée du porte-voix. dé —Ohé ! du cutter ! cria le capitaine. , ? ;

—Oui, oui ! quel est ce brick ?

—Le Zéphyr !

—D'où venez-vous ? #6 —Du Brésil, Envoyez un pilot à bord.

—C'est bien, attendez un instant.

Et le petit cutter, passant sous le vent du Zéphyr, mit une chaloupe à l’eau ; quatre hommes sautent dans l’embarcation et quelques minutes après le pilot était à bord du Zéphyr, et faisait signe aux gens de la chaloure de retourner à bord du cutter.

—Bonjour, monsieur le pilot.

—Bonjour, monsieur. C’est au capitaine que j'ai l'honneur de parler ?

—Oui, et je vous remets en main la charge du

navire jusqu’à la Nouvelle-Orléans.

—Très bien. Je pense que nous y arriverons demain vers midi.

—Savez-vous si le Sauveur est arrivé ?

—QOui, c’est moi qui l’ai piloté.

…Ouel! es nouvelles à la Nouvelle-Orléans ?

—kRien, ma foi, rien.

—Connaissez-vous M. Alphonse Meunier ? Et savezvous s’il est à la Nouvelle-Orléans ? C'est le propriétaire de ce navire.

.—M. Alphonse Meunier ? Je crois le connaître ; je ne suis pas bien certain cependant. N'est-ce pas un petit homme brun, cheveux gris, portant une béquille? J'en ai vu un qui est venu à bord du Sauveur, quand nous avons accosté à la Nouvelle-Orléans ; mais je ne puis dire si c'est M. Alphonse Meunier.

—Oh ! oui, ça doit être lui. Etait-ilebien portant?

Probablement ! autrement il ne serait pas venu à bord.

—Avez-vous apporté quelques-uns des journaux de la ville ? J'aimerais bien à les lire.

—Non, monsieur, non.

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