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—Il est allé par en bas.—Vous ferez mieux de l’attendre.
En ce moment des sanglots se firent entendre en dehors de la maison ; et une pauvre femme, tête nue, les cheveux en désordre, entra en criant :
—Oh ! mes chers messieurs, mon fils, mon pauvre Jacob vient de se casser la cuisse, et je ne suis pas capable de le relever... Oh ! mon Dieu ! au secours ! et la vieille femme éclata en sanglots. *
—Ma pauvre femme, lui dit le petit homme, je suis bien fâché de ne pouvoir vous assister, je suis pressé et je devrais être parti déjà, pour servir ce procèsverbal. | |
—Oh ! monsieur, ce n’est qu’à deux pas d'ici, ne pourriez-vous pas venir, seulement cinq minutes ? oh ! mon pauvre Jacob! mon Dieu ! Allez-vous le laisser mourir ? |
Et la vieille femme, les yeux tout en pleurs, son châle en désordre, semblait dans une telle désolation que Pierre de St. Luc, tout ému, lui dit avec bonté :
—Ne vous tourmentez pas, ma bonne vieille, je vais aller avec vous et vous aider. Où demeurez-vous ?
—Oh ! mon monsieur, Dieu vous récompensera.
Tenez, ce n’est qu’à deux pas, suivez-moi et courons —0h ! mon pauvre Jacob !
Et la vieille femme, dans laquelle on aura sans doute reconnu la mère Coco-Letard, conduisit par des sentiers détournés, le capitaine Pierre jusqu’à
l'entrée de la plaine, d’où, dans la distance, on aper- ®
cevait son habitation des champs.
—Vous êtes trop bon, mon cher monsieur, Dieu vous bénira pour ce que vous voulez bien faire pour moi. Nous arrivons, tenez, voici ma baie à
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—Mais, ma bonne vieille, c’est bien loin.
—0h ! non, monsieur, ça parait comme ça, mais Lt | c’est tout près—oh !mon pauvre Jacob, il est peutêtre mort maintenant ! oh ! oh ! oh ! et elle poussait des cris à fendre le cœur d’un homme moins sensible que Pierre. | Quand ils arrivèrent à la maison, la porte en était ouverte. La vieille redoubla ses lamentations et eriait de toutes ses forces—‘* oh ! mon pauvre Jacob.” Des plaintes sourdes se faisaient eutendré au second étage, et au moment où Pierre entrait, un cri 11 aigu retentit dans l'appartement supérieur. La mère Dal Coco-Letard monta précipitamment l'escalier, suivie de Pierre. La chambre était à peine éclairée par une lampe placée derrière une espèce de valise, des cou- FLE vertes interceplaient la lumière des croisées. Dans {1 le fond de ‘la salle, sur un lit, était étendu Jacob, le TPE ; plus jeune des Coco-Letard ; en voyant mônter sa 11 mère et l'étranger, il redoubla ses gémissements et 1! cria au secours ; la mère Coco se baissa rour prendre la lampe dans ses mains, tandis que Pierre alla droit au lit de Jacob. En mettant le pied sur la trappe, le ressort céda, et Pierre fut précipité, d’une hauteur de douze pieds, dans le fond du cachot, où l’attendait les deux frères de Jabob, qui sautèrent sur lui. Etourdi par la chute et pris à l’improviste, Pierre fut bientôt complètement lié et jeté sur le lit, où il fut encore garrotté et attaché par de fortes courroies. Le
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4! M * tout se passa avec tant de rapidité qu’il ne put offrir TPE au aucune résistance, et ce ne fut qu'après avoir fté IAE Ha étendu sur le lit qu’il put concevoir ce qui lui était 1! Er arrivé, sans pouvoir comprendre les raisons qui
avaient porté ces gens à en agir ainsi. Il crut qu’il
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était l’objet de quelque fatale erreur, et qu'il ‘lui
sis suffirait d'un mot d'explication pour être relâché. nt Mais il ne fut pas longtemps à se détromper, la sait sombre physionomie de ces deux hommes lui fit ble croire un instant qu'ils allaient l’assassiner, mais quand il les vit approcher une cruche d’eau près de tait son lit, il prit un peu de confiance et leur adressa la jet parole.
ob.” | —Que me voulez-vous ? Je ne vous ai jamais rien sn fait; vous vous êtes certainement trompés. Que a prétendez-vous faire ?
bee — Vous l’apprendrez plus tard, lui répondit Franvie çois en jurant ; pour le moment, taisez-vous ; c’est ce an que vous avez de mieux à faire.
cou- | —Mais, encore, vous devez avoir quelque raison, Dans quelques motifs ? | b, le — Taisez-vous, ou nous allons vous baiïllonner. de dé —Si vous voulez de l’or, prenez tout ce que j'ai et as dé laissez-moi partir. | | Ra —Pas si bête ; votre or, nous pouvons le prendre avoit 1 quand nous voudrons.—Vous laisser partir ! pour je, le à nous dénoncer à la police ! Oui-dà. Taisez-vous et ur de 4 ne faites pas de tapage, autrement nous vous metndait trons un baillon.
lui: ! Puis ces deux hommes remirent l'échelle, dont ils La -ênt à se servirent pour monter et la retirèrent après eux. ilfut : Un instant après, la trappe fut remise à sa place, et s 0 Pierre entendit des rires au-dessus, et la voix de la off | vieille femme qui demandait à ses garçons : * Si le iréé | monsieur était en sureté sur le lit” Puis des pas
(faversèrent la salle supérieure, puis il n’entendit plus rien. I] fit des efforts incroyables pour se débarrasser des liens qui lui retenaient les pieds et les
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avec l'index de sa main droite ; après avoir répété
mains ; ses muscles se roidissaient et ses nerfs se tendaient, mais en vain. Alors il se livra en son âme un violent combat entre l'espérance et la frayeur. Par moment il pensait que c'était à sa vie qu'on en voulait ; un instant après il se flattait que ce n'était qu’une erreur et qu’à la nuit peut-être on le relâcherait. Peu à peu, son esprit tourmenté par mille idées sombres, noires, confuses, s’appesantit ; il tomba dans une espèce d’affaisement moral, et ses sens, sucCombant aux efforts et à la fatigue, s’engourdirent dans une profonde torpeur.