‹ Une de perdue, deux de trouvées [microforme]Chapitre 47 sur 78 · PERTE RE CEE NN RUE PERRET EET IE · texte numérisé non relu

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est sûr et certain ; il lâche un indicible cri de joie, tous ses membres tremblent d'émotion. Il a reconnu que la voix vient de dessous le plancher, ' et il a bientôt découvert la trappe qu'il ouvre. Son maître lui crie de prendre garde au serpent, mais l'œil de Trim avait déjà découvert le reptile ; il n’hésite pas un seul instant, saisit l’échelle, descend et marche droit au serpent qu’il coupe en deux d’un coup de sa hache. Puis il court à son maître, le saisit dans ses bras, couvre ses mains de baisers. Pierre de St. Luc ne trouve pas un mot à dire, ses paroles semblent s'arrêter sur sa langue. Les membres de ce pauvre Trim frissonnent de bonheur, il pleure et rie en même temps! Dans un instant il eut coupé les liens et les courroies qui garrottaient son maître. Nous renonçons à exprimer les sentiments qui agitaient ces deux hommes en ce moment. Il est de ces sensations de l’âme pour lesquelles le langage de l'homme ne trouve pas d'expressions. Pierre de St. Luc prend . la grosse main calleuse de son fidèle serviteur entre les siennes, et la presse avec une profonde reconnaissance. Trim se croit mille fois trop payé our qu'il a fait, et il tombe à genoux devant rw ri 're, qui le relève avec affection.

Au premier pas que fit Pierre il sentit ses genoux sous lui, ses yeux se voilèrent et il lui sembla que tous les objets tourbillonnaient dans le cachot. Il fut contraint de se coucher un: instant pour laisser passer cette faiblesse. Après avoir bu un coup d'eau et s’en être baigné le visage, il se sentit assez de force pour sortir du cachot, où il avait enduré tant de douleur morale et supporté tant d’outrages. Trim, qui supportaitson maître, fut obligé de le porter pour

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monter l'échelle. L'air plus pur que Pierre respira, en sortant du cachot, lui donna de nouvelles forces et il s’assit sur une chaise. A mesure qu'ilreprenait sa vigueur, il put se rappeler plus clairement les différentes circonstances de son emprisonnement et de sa délivrance ;‘de nouvelles craintes vinrent l’assaillir, en songeant aux brigands qui l'avaient tenu emprisonné, et quoique Trim lui eut assuré que Tom était à l'étage inférieur, gardant la mère Coco et ses deux fils, Pierre sentit un frisson parcourir ses membres, à l’idée Que les Cocos pourraient avoir préparé quelqu'embüche dans lequel poûvaient tomber Tom et Trim. .

En ce moment il erftendit Tom qui appelait a secours, il fit un mouvement pour se lever, mais les forces lui manquèrent et il tomba sur sa chaise. —Cours à son secours, Trim, ils vont l’assassiner, cria Pierre ; ne t’occupe pas de moi, je serai mieux dans quelques minutes.

Trim regardait son maître avec inquiétude et semblait cloué à sa place. Un nouveau cri faible ‘et étouffé se fit entendre, et cette fois Trim-fit un bond

comme une panthère qui s'élance sur sa proie ; en :

deux sauts il fut au pied de l'escalier ; ses yeux injectés de sang flambaient, ses lèvres contractées frémissaient, ses narines dilaiées respiraiengs la vengeance, une vengeance terrible, féroce. La nature du nègre si extrême, son tempérament si ardent, ses appétits si animaux*ses passions si brutales, quand elles sont aiguillonnées ou agitées par la torche brûlante de la haine ou de la vengeance, bouleversaient en ce moment. l’âme de Trim dont la figure reflétait la convulsive agitation,

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