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UNE DE PERDUE be
des conseils d’une mère qu'elle avait perdue dans son bas âge; n'ayant pour la guider que la volonté d’un père, qui l’aimait et voulait son bien sans doute, mais qui ne savait point parler au cœur de sa fille ; elle: accepta ma proposition autant peut-être pour échapper au marigge que lui destinait sou père, que par amour pour moi.
“ Nous étions mariés. Au bout de trois jours il fallut nous séparer ; son père devait arriver dans le Cours de la journée.
“ [1 avait été convenu, entre Eléonore et moi, qu’elle m'écrirait à St. Ours ; et au cas uù son père serait inflexible, que j'irais dans les Etate-Unis gagner quelqu'argent.
“ Le père d'Fléonore fut inflexible, il lui défendit
de parler de moi. Elle n'avait pas osé lui déclarer * notre mariage.—Aïinsi, je me décidai à qu le
pays. ,
“Trois ans après, au retour d’un louÿ et pénible voyage que je fis, à bord d’un vaisseau baleinier, dans la mer pacifique, je revins à Boston, le cœur plein de joie et d’espérances. Par mon économie, mon travail, ma persévérance, j'avais réussi à amasser une somme de cinq cents piastres. Oh ! comme je saluai, avec des palpitations d'ivresse et de bonheur, le pavillon anglais qui floitait à l’artimon d'ur trois mâts, qui sortait du port de Boston. Je croyais voir. un navire venant de Montréal, comme on en voit
quelqueïois passer à Sorel.…..Borel ! mon pays, mon.
Canada, ma terre promise !
u Je ne résiai à Bosion que le temps nécessaire . | pour règler mes comptes avec les a: ét dès
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DEUX DE TROUVÉES. 369 “ Madame Deguise était morte, laissant une petite rente à ta mère qui demeurait dans e village de Sorel, en pension chez de braves ouvriers. Son père l'avait chassée de chez lui, quand ilappritson mariage. Tu étais né, mOn fils 1 ses. sosssssessensrens ‘“ Je restai deux mois à Sorel. Au bout de ce temps je reçus une lettre de l’un des armateurs pour le compte duquel@ avais fait le voyage de la pêche à la baleine. 11 m'offrait du service comme second, à bord d’un navire qu'il expédiait au Cap de Bonne- Espérance, avec part dans les profits.
‘ L'offre était avantageuse, j'étais pauvre ; le voyage ne pouvait durer que huit mois, tout au plus ; j'acceptai. ‘Ta mère ne pouvait supporter l’idée dé me : voir partir. Nous eussions bien voulu faire célébrer notre mariage devant l'église, mais le curé exigeait
le consentement de M. de M'** qui s’y refusait obstinément. Il fut donc convenu que nous attendrions l’âge de majorité de ma chère Eléonore et mon retour.
‘“ Hélas ! nous ne devions plus nous revoir.
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“ Les premiers jours de notre voyage furent assez beaux, mais le deuxième jour un vent-du Nord-nordest s'éleva avec violence. Nous eûmes une tempête qui dura deux jours. Le navire qui était vieux, faisait eau-en plusieurs endroits. Les pompes ne suflisaient
L. pas; il fallut se décider à quitter le navire. Par malheur il n@ restait plus que la petite chaloupe, la
grande ayant été enlevée durant la tempête. On tira au sort pour savoir quels seraient les dix qui s’y
. embarqueraient. Deux de mes camarades et moi. | furent désignés comme devant rester sur le navire, . qui ne pouvait tarder à s’enfoncer. 1 Res
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“ Cependant, malgré notre effroyable position, nous ne perdimes pas courage ni tout espoir. Nous fimes un petit radeau, que nous avions solidement attaché avec des cordagss.
‘# À peine nous étionsrous éloignés de quelques arpents du navire, que nous le vimes plonger en avant, puisse relever lentement ; un instant après, le pont, cédant à la pression de l’eatf se rompit avec un bruit sourd, une masse d'eau jaillit comme une trombe, toute la mâture du navire trembla, puis il s’enfonça dans les abîmes pour ne plus reparaître.
“ Toute la nuit suivante nous fûmes ballottés au gré des vagues ; notre petite voile blanche suffisait à peine pour nous diriger.
“ Vers deux heures de l'après-midi, nous crûmes distinguer un navire dans je lointain. C'en était un en effet ; c'était un brig angiais qui faisait ronte pottt Calcutta. Il nous avait ape:çns, et nous recueilit à bord
# Je m'étais rendu utile dans le voyage. Le capilaine me proposa de me charger d’une pacotille qu'il . voulait envoyer à Canton. dJ'achetui à Calcutta plusieurs caisses d’opium. Mon voyage à Canton fut heureux.. Je* vendis avec profit la pacotille que m'avait confiée le capitaine, ainsique mon opium Revenu à Calcutta j'y trouvai mon capitaie auquel je rendis compte de mes transactions. : Il frêta une barque qu’il expédia à Manille ; je m'embarquai
comme subrécargue, avec un joli Assortiment de marchandises que j'avais achelé pour mon compte. Je lus heureux; et après avoir vendu ce que j'avais
emporté, je pris à Manille passage sur un trois mâts Américain qui retournait à Boston, où j'arrivai, | juste dix huit mois après mon départ,
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