‹ Une de perdue, deux trouvéesChapitre 146 sur 207 · CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME

— Êtes-vous fort au fleuret ?

— Un peu. J'ai pris des leçons de Fontau à Paris, et de Latour à la Nouvelle-Orléans.

— J'en suis bien aise ; nous avons ici un maître de boxe, nommé O'Rourke, je voudrais bien vous voir prendre les gants avec lui ; il se vante. Je crois que vous êtes plus fort que lui ; j'ai vu cela à la manière dont vous parez, encore mieux que dans celle de votre attaque, car au deuxième tour j'ai bien compris que vous ménagiez le Dr... votre adversaire de tantôt. Il n'est pas du tout de votre force. Aimeriez-vous à prendre les gants avec O'Rourke ?

— Je n'y tiens pas ; mais si je vais à la salle, je n'aurai pas d'objection. J'aime cependant mieux les armes.

— Oui ! eh ! bien, nous avons Hury, un français qui donne des leçons. On le dit très fort et je le crois très capable, quoique je ne sois pas grand connaisseur.

— C'est bien, nous irons le voir ; j'aimerais à me refaire la main un peu. Où allons-nous maintenant ? je me sens en veine d'excitation, ce soir ; je n'ai pas la moindre envie d'aller me coucher.

— Allons, chez Privât nous rencontrerons nos amis.

— Je le veux bien. D'autant plus que j'aimerais à faire plus ample connaissance avec eux ; surtout avec le plus gros des deux, le blond. J'aime cette figure-là. Il y a là quelque chose de bon, de brave, de généreux et d'intellectuel en même temps.

— Vous ne vous trompez pas ; c'est un de nos bons Canadiens, descendant d'une des plus braves familles du pays ».

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