‹ Une de perdue, deux trouvéesChapitre 38 sur 207 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Jacob regarda en ce moment par la fenêtre, et vit la mère Coco qui venait à travers les champs, avec un petit panier sous le bras. « Voilà maman », cria-t-il.

Léon et François allèrent à la fenêtre : « C'est maman Coco », répétèrentils. Jacob descendit pour ôter les verroux. Quelques instants après la mère Coco entrait ; elle monta et déposa son panier sur la table autour de laquelle ses fils s'assirent avec elle.

« — Je vous apporte des provisions pour la nuit, mes enfants. Je viens de voir M. Pluchon qui arrive, en squif, de la balise ; tout est bien. Le vaisseau était en vue ; Phaneuf courait après, et tout est arrangé pour que, demain matin entre neuf et dix heures, notre monsieur vienne nous faire sa visite. Voici ce que nous allons faire : toi, Jacob, tu te mettras au lit, dans la chambre au tribuchet ; tu t'es rompu la cuisse en tombant, tu entends.

— Oui, maman.

— Tu es bien malade. La lumière te fatigue beaucoup ; les fenêtres sont bouchées, avec des couvertes ; une petite lampe est derrière un cofTre ; la trappe est parée, il y a le tapis par dessus.

— Je comprends, maman.

— Et vous autres, vous êtes dans le cachot avec un fanal sourd ; l'échelle est ôtée, afm que ce pauvre monsieur ne se heurte pas dessus, s'il a le malheur de tomber, le pauvre cher homme !

— Compris, dit François.

— Très bien, attention et vogue la galère, ajouta Léon.

— Maintenant je m'en vais, continua la mère Coco ; il faut que je veille Clémence. La petite gueuse ! pour un rien je la tuerais. Adieu, mes enfants, vous pourrez dormir cette nuit, vous en avez besoin. A demain, à neuf heures !

— Soyez tranquille ».

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