‹ Une dette de jeunesse comedie en un acte, en proseChapitre 20 sur 88 · LUCIEN, ANDRÉ · texte numérisé non relu

LUCIEN, ANDRÉ

LUCIEN

Il vaut mieux qu’elle s’éloigne! D’ailleurs, elle ne trouvera pas M. deNangis. Tiens, regarde, il n’est pas encore parti!...

(il indique un côté opposé à celui par lequel est sortie madame Norbert.)

* Lucien, madame Norbert, André.

** Madame Norbert, Lucien, André.

ANDRÉ

Niais je 11e veux pas que notre mère t’accuse, quand c’est moi seul...

LUCIEN

Malheureux! Si elle doit connaître la vérité, elle l’apprendra toujours assez tôt!

ANDRÉ, serrant la main de Lucien.

Mais que s’est-il donc passé entre toi et M. de Nangis?

LUCIEN

J’ai voulu empêcher ce duel, et nia mère a surpris notre altercation. Elle a cru par bonheur que l’alla ire ne regardait que moi.

ANDRÉ

Mais Gabrielle !... Elle ne sait rien?

LUCIEN

Non.

ANDRÉ

Pauvre femme! Si elle soupçonnait seulement le malheur qui va l’atteindre.

LUCIEN

Du calme 1

ANDRÉ

Je sms de sang-froid, mon ami, et je te dis que la vie a une logique inflexible; que le mal engendre le mal, et que cet homme me tuera!

LUCIEN

Allons donc! J'ai eu deux duels dans ma vie, et me voilà! Tu sais te battre, n’est-ce pas?

ANDRÉ, assis sur la causeuse.

Moi? Je ne me suis jamais servi d’une arme.

LUCIEN, à part.

Le malheureux, il est perdu !

ANDRÉ

D’ailleurs, tu comprends Lieu que je n’essayerai pas de frapper M. de Nangis; je n’en ai pas le droit. Tiens, c’est là, crois-moi, une pensée qui m’obsède; je vais sur le terrain comme un coupable, sans même pouvoir avouer le motif qui me met les armes à la main. Oh! si du moins ce duel avait une cause honorable! (Avec clan.) Si je me battais pour les miens... (sombre.) Mais non! c’est une faute que je vais expier, et c’est pour cette faute que demain ma Gabrielle, ma pure et noble femme, sera veuve, et mon enfant orphelin!

* Lucien, André.

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