C.AItRtELLE
N’est-elle pas naturelle? Si vous saviez combien chacun, ici, vous aime et prend part à votre douleur! Ce malin, les premières paroles de mon frère Lucien ont été pour nous raconter l'affection toute paternelle que vous avez pour lui. Quand sa mère a appris le malheur qui vient de vous atteindre : « Lucien, s’est-elle écriée, tu nous amèneras M. de Nangis. »
DE NANGIS
Madame, je vous répète...
GA BRI ELLE, vivement .
Voyons, colonel, veuillez vous asseoir et causons ensemble de bonne amitié.
DE NANGIS, se défendant.
Mais...
GAIIKIELLE, insistant*
* Je vous en prie, (ils s’assoieut. ) Vous voulez retourner eu Afrique, dites-vous? Qu’y ferez-vous, je vous le demande, seul, sans amis? Ne vaut-il pas mieux rester avec nous?
DE NANGIS
Avec vous!
• GABR1ELLE.
Oh! notre existence, croyez-le, ne sera ni distraite ni bruyante; mais intime, retirée, toute d’affeclioq... Vous aimez ce beau pays, je le sais; eh bien, le jour, vous ferez de longues promenades avec mon mari et son frère; le soir, vous partagerez notre vie de famille, nos causeries, nos lectures. (souriant.) C’est moi qui lis tout haut d’ordinaire, colonel, et mes flatteurs assurent que je ne les endors jamais.
DE NANGIS
De grâce!...
GARR1ELLE, sérieuse*
Et puis, aux heures où vous aurez besoin de causer de celle qui n’est plus, je serai là, et c’est moi qui vous dirai : « Parlons d’elle; pleurez, colonel, pleurez avec moi. »
DE NANGIS, se levant.
Madame!...
CABRI ELLE
Ah ! c’est que je me fais un devoir, voyez-vous, de partager, d’adoucir votre chagrin... J’ai gardé un si bon souvenir de l’unique entrevue que j’eus autrefois avec vous 1
DE NANGIS
Madame...
GAIIKIELLE.
Car c’est vous qui vîntes demander ma main pour votre ne-