LUCIEN, MADAME NORBERT, GABR 1 ELLE
LUCIEN, se levant, ainsi que sa mère.
Ali çà! mais je n’ai pas vu toute ma nouvelle famille... Et mon neveu?
GARRIELLE.
Dès .qu’il sera réveillé, notre petit Lucien aura l’honneur d’embrasser son oncle. — Nous l’avons appelé Lucien.
Merci!.. Dieu! lacbarmante existence que nous allons mener tous ensemble, (changeant de ion.) Ah! mais il est un devoir que
je veux remplir, une demande que j’ai à vous faire, ma mère.
MADAME NORBERT
Parle.
LUCIEN
Je désire vous présenter un colonel d’Afrique, avec lequel j’ai fait campagne l’an dernier, et qui m’a toujours témoigné une véritable affection.
MADAME NORBERT
Oh ! l’excellent homme !
LUCIEN
Excellent, vous dites vrai ; et j’avais, de mon côté, ressenti pour lui cette vive sympathie que commande toute àme loyale et généreuse comme la sienne, quand les hasards de la guerre nous séparèrent. Aussi, jugez de ma joie, lorsqu’il y a trois jours, sur le navire qui nous ramenait, je reconnus M. de Nangis.
GABRIELLE, vivement.
M. de Nangis!
LUCIEN
Vous le connaissez?
GABRIELLE
Autrefois, ma famille a eu quelques rapports avec la sienne.
MADAME NORBERT
Ne possède-t-il pas un domaine à quelques lieues d’ici?
LUCIEN
Précisément: Et le colonel comptait y rejoindre prochainement sa jeune femme, lorsqu’une nouvelle foudroyante est venue précipiter son retour. Madame de Nangis est morte subitement il y a huit jours... le lendemain d’une fête, morte à vingt-huit ans à peine ! Vous comprenez le désespoir de ce pauvre colonel. Durant notre triste traversée, j’ai obtenu de lui la permission d’aller le voir, mais je voudrais faire plus.
MADAME NORBERT
Tu nous l’amèneras.
LUCIEN
Merci, ma mère 1