‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 124 sur 172 · PLAT. — LE SYMB. DES AP. — 2S · texte numérisé non relu

PLAT. — LE SYMB. DES AP. — 2S

du Maître, elle non plus ne faillira pas à sa mission. Voici ses Symboles : dans l'un d'eux, elle nous apprend à dire que, monté aux Cieux au jour de son Ascension, Jésus Christ en descendra une seconde fois pour juger les vivants et les morts (1). Et dans un autre : Hxc est fides catholica : telle est la foi catholique : qu'au second avènement de Jésus Christ, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes (2) , . . Voici ses Docteurs : Le jour du jugement n'est pas encore venu ; mais puisqu'il a été prédit par l'Esprit de vérité, il arrivera immanquablement |3). . . Toutes les fois que je pense à ce jour, je tremble de tous mes membres ; soit que je mange, soit que je boive, ou que je fasse quelqu'autre chose, il me semble entendre le son de la terrible trompette disant: Levez-vous, morts, et venez au jugement (4) , . . Ainsi parle saint Augustin, ainsi écrit saint Jérôme, le premier pour exprimer sa foi, le second ses terreurs. . . Enfin, voici ses conciles; c'est-à-dire sa foi consacrée par une déclaration, officielle, authentique : Christiis venturus est in fine sseculi judicare vivos et mortuos, et redditurus singulis secundum opéra sua, tam reprohis, quam electis (5) : Jésus Christ viendra, à la fin des siècles, juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres, tant aux réprouvés qu'aux élus.

N'insistons pas davantage, la preuve est faite, il y aura un jugement général, dernier et terrible ; et pour le nier, même pour en douter, comme le remarque sagement saint Augustin, il faut avoir perdu l'esprit, ou être pris de fureur contre l'enseignement chrétien : Nullus vel negat, vel dubitat, per Jesum Christnm, fiitunim esse novissimum judicium, nisi qui Sacris Littens nescio qua incredibili animositate seu csecitate non crédit (6).

Mais notre tâche n'est pas encore achevée, il reste à dire.

(1) Sijiuh. de Mcée.

(2) Symbole: Quicumque.

(3; Serm. 33, de Verb. Dom.

(4) In Matth.

(5) Quatrième Concile œcuménique de Latran, dans son article de la foi callwlique. Même définition par le second Concile général de Lyon.

(6) De civit. lib. 20, c. xxx.

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S'il est essentiel au salut de cioii'e, qu'à la lin des temps il y aura un jugement général, il n'est pas sans quelque utilité, certes, de savoir le pourquoi de ce jugement, irrévocable, définitif, comme le premier, mais plus solennel et public, autrement dit, les motifs qui le rendent nécessaire.

Ces motifs, le Catéchisme Romain, notre guide de prédilection, les a recherchés, et les ayant trouvés, il les expose d'une manière aussi satisfaisante pour la raison que pour la foi.

Il tire le premier de l'union qui existe entre le corps et l'àme. Cette union, nous l'avons établie nous-méme dans la précédente Instruction, ainsi que les conséquences qui en découlent, nous ne rappelerons donc ces choses que pour mémoire. Du moment en effet, qu'il a agi sous la direction de l'àme, associé ou complice de l'àme, il convient que le corps ait sa part dans la gloire ou dans l'opprobre, comme il l'a eue dans l'action, ou sainte, ou coupable ; qu'il soit récompensé publiquement, le corps, puisque l'àme le sera aux regards de tous ; puni publiquement, le corps, puisque l'àme le sera au grand jour. Ne parlons que des élus ; nous aurons, hélas ! trop souvent encore l'occasion de parler des réprouvés . .. Oui, quand elle se fera, la solennelle manifestation de toutes choses, il faudra que je les voie, ces lèvres qui n'ont prononcé que des paroles de paix, ces mains qui versaient tant d'aumônes dans le sein des pauvres, ces pieds qui auront parcouru les provinces, les empires, les continents eux-mêmes. Ils étaient si beaux déjà, ces pieds d'apôtres! Ils le seront bien plus encore: Quam speciosi pedes evangelizantiiun pacem, evaiigellzantitnn bona (i) ... Il faudra que je les voie, tous ces Bienheureux, de toute langue, de toute tribu, de toute nation ; oui, que je les voie en corps et en àme reconstitués dans l'intégrité de leur nature, au moment où le Souverain Juge, allant à eux avec amour, leur dira : Venez, les bénis de mon Père, posséder le Royaume qui vous a été préparé ; car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soifjCt vous m'avez donné à boire, j'avais besoin d'abri, et vous m'avez logé, j'étais nu, et vous m'avez vêtu, j'étais malade, et vous m'avez visité, j'étais prisonnier, et vous m'êtes venus

(1) Rom. c. X, v. 15.

voir (1).. . Nous verrons tout cela, au jour des grandes assises du genre liumain ; il faut que nous le voyions. ■ Le second motif se déduit de la survivance de l'homme ; singulier peut-être, à première vue, pour peu qu'on réfléchisse, il ne tarde pas à apparaître très solide et très concluant.

Un homme a fourni sa carrière ; elle a été plus ou moins longue, plus ou moins remarquée — car il y en a de tout genre, les plus brillantes ne sont pas toujours les meilleures, et les plus modestes devraient bien être moins dédaignées — un homme donc a fourni sa carrière, il arrive au bout, il meurt. Ses actes cessent-ils d'être méritoires ? Non. Ou bien, sa culpabilité prend-elle fin avec sa vie ? Pas davantage. Alors même qu'il n'est plus, ce qu'il a fait de son vivant continue à avoir des suites, heureuses, si ses actions ont été bonnes, funestes, si elles ont été mauvaises et criminelles. Le Docteur angélique, saint Thomas, dans son magistral article sur ce sujet (2), donne Arius en exemple, Arius, le premier des grands hérésiarques, Arius, le premier qui ait nié la consubstantialité du Verbe, etconséquemment la divinité de Jésus Christ, Arius, le précurseur, l'inspirateur-, l'ancêtre en ligne plus ou moins directe, de la plupart des hérésies qui ont désolé, qui désolent encore aujourd'hui et désoleront jusqu'à la fin des siècles tout l'Orient : Ex cicceptionc Arii, et aliorum fcmtorum jiiilhilut infidelitas nsque cul finetn mundi (3). C'est-à-dire que, voilà un homme pervers qui pendant sa vie, et de longs siècles encore après la fin de sa vie, a jeté et jettera des millions et des millions de créatures humaines dans une erreur capitale, infiniment préjudiciable à leur salut éternel. La responsabilité morale de ce pervers, et sa culpabilité s'étendront donc et iront toujours croissantes jusqu'à la fin du monde, jusqu'au dernier Jugement . . . Prenons un autre nom, dans un ordre de choses, certes, bien différent. Quel bien n'a pas fait saint Vincent de Paul, pendant les quatre vingt quatre années de son existence ici-bas, thaumaturge de la charité, nourricier de provinces entières, providence visible de tous lés genres de soufi"rance.

' (1) Matth. c. XXV, T. 31 ft suivants. (i) S. Thom. 3. p. q. 5. o.

(3) Ibid.

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