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LE SAINT KSPKIT
'2y — Le Saint Espril 249
;!0 — \j'< oeuvres Htti'iliinM's au Saiiil Es|)iil •'l'û
LKC.LlSlv
;jl — L'E-lise iillT
■ii — Les notes de l'Eglise :277
;J3 — L'Église Romaine 287
U — L'infaillibilité docirinale de l'Eglise 295
I]") — L'auloiilc de goiivenicnicnl dans l'Église 301
oD — Lu liiérarcliie dans l'Église 309
;î7 — Le Pape 317
38 — Les droits du Pape 327
39 — L'infaillibilité doctiinale du l'ape 337
10 — La communion des saints dans l'Église 347
il — La rémission des |iéehés dans l'Église 3ôô
l\ 'VIE APUÉS LA .MOHT
42 — L'antre vie. Immortalité de l'àme 3(33
43 — Le jugement particulier. . 371
44 — L'enfer. Existence de l'enfer 379
lô — L'enfer. Peines de l'enfer 387
46 — Le Ciel 39o
47 — Le Purgatoire 40ô
48 — La résurrection de la chair 410
49 — Encore la résurrection de la cliair 423
50 — Le Jugement dernier 431
51 — Encore le Jugement dernier 441
52 — La vie éternelle. Les deuN éternités 451
CINQUANTE DECX PltONKs
l'fiK.\[lEH PKONE
Origire, brièveté, division en articles, du symbole.
Quae primum Chiistiaiii homiiic^ tenere debent, illa suiit quae fidei duces doctoresqiie Apostoli, diviiin Spiritii afflati , duodcrim Symholi .irtinilis dislinxerunt.
Cdll'ch . KdIN . r:\]i. I ,
L'ApùU'i' saint Paul écrivant k ses eliers lidèles du Omntlie: Mes frères, leur disait-il, je vous en conjure, pai" le nom dn Notre Seigneur Jésus (^Ihrist, dites tous la même chose : Ob^ecro vos, fratres, pcr nomen Domini Nostri Jésus ChriaLi, ut idipsum (licatis omnes (1) . . . Est-il besoin d'ajouter que cette recommandation, laite sur l'ordre de Dieu, par un de ses organes les plus autorisés, non seulement aux Corinthiens, mais, en leurs personnes, aux fidèles de tous les temps, a été suivie avec une ponctualité qui tient du prodige? Depuis plus de dix huit siècles, nous, enfants de la sainte Église catholique, apostolique, romaine, nous disons tous la même chose ; nous disons : Je crois en Dieu, le F^ère tout puissant. ('r(\'it(Mir du Ciel et de la terre :
Il l (',(iK, c. I, V. 10. — .Nous doiiuoiis ici quelque exteiisiou au sens propif .1 liitéial de ce passage de S. Paul : l'unité de foi étant le meilleur moyei! de prévenir, partout ailleurs, les divi<ion« et querelifs do personne* qui exi-i:iient nliM'* dnn* rr.sli*»» ih- Corinllif.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, Notre Seigneur :
Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie ;
A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli :
Est descendu aux Enfers, le troisième jour est ressuscité des morts :
Est monté aux Cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout puissant:
D'où il viendra juger les vivants et les morts : Je crois au Saint Esprit,
La sainte Église catholique, la Communion des Saints,
La rémission des péchés, La résurrection de la chair, La vie éternelle.
Mais cette profession de foi, la même sur toutes les lèvres, la même dans tous les temps, pourquoi appelée Symbole, et Symbole des Apôtres ? Pourquoi si courte, et pourtant malgré sa brièveté, divisée en articles distincts? Ces questions ne sont pas sans intérêt.
Elle est appelée Symbole : parce qu'en réalité elle est tout ce qu'exprime ce mot, entendu étymologiqueinent : non seulement un sommaire exact et complet de l'enseignement chrétien, mais encore la marque sûre, la tessère, comme auraient dit les Anciens, le mot d'ordre, comme nous dirions aujourd'hui, au moyen duquel on distingue sans peine le vrai croyant, de qui ne l'est pas ; le vrai milicien de Jésus Christ, de qui n'est qu'un lâche déserteur ; le vrai enfant de l'Église, de qui n'est qu'un faux frère (1). L'histoire de l'Église, si elle vous était
(I) Nota, et tesscra qua^dam, qua dcsertos et siibinlroiluctos fa'sos fiatres, ab lis qui Cliristi vere mililiae sacianicnto se obligai-ent, facile possent internoRcere. Calech. Rom.
f. — ()IU(;im:, biuKsini;, itivismx ;;
plus connue, mettrait cette explication dans tout son jour. L<- Sabellien disait : Je crois en Dieu ; mais il n'ajoutait pas : le Père tout puissant . . . c'était un faux frère. Le Manichéen di.sait : Je crois en Dieu, le Père tout puissant ; mais il n'ajoutait pas : créateur du ciel et de la terre... c'était un faux frère. L'Arien disait: Je crois en Jésus Christ ; mais il n'ajoutait pas : Fils unique de Dieu, c'est-à-dire le consubstantiel du Père, l'égal du Père, Dieu comme le Père . . . c'était un faux frère. Le Nestorien disait : Je crois en Jésus Christ, son Fils unique ; mais il n'ajoutait pas : qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie ; ou s'il l'ajoutait, il l'entendait dans un sens qui fait violence aux mots . . . c'étiiit un faux frère. Demandez à un protestant de vous réciter le Credo, d'un bout à l'autre , il commence, mais il n'achève pas, ou bien il en passe plus des deux tiers . . . c'est un faux frère. Assez dit sur la signification du mot: passons à l'origine de la chose.
Elle est appelée Symbole des Apôtycs : parce que ce sont les Apôtres eux-mêmes qui l'ont composée. Le Catéchisme Romain l'affirme en propres termes : Ayant reçu ordre du Maître d'aller dans tout l'univers, les Apôtres jugèrent convenable de dressep* une formule de foi chrétienne : ChrisdiDia? fnlci formulant compunendam censiœrunt ; afin, ajoute-t-il, qu'il n'y eût ni division ni schisme parmi ceux qui embrasseraient la vraie doctrine, mais qu'au contraire ils fussent tous affermis dans les mêmes sentiments et dans un même espi-it. Il va encore plus loin, jusqu'à dire que cette profession de foi, faite par les Apôtres, tient son nom de Symbole , de ses Auteurs eux-mêmes : hanr uulem fulei cl spci jyrofessionem a se compositam ApostoU Symbohnn uppellarunt. Dès la première page de son Enseignemenl public, un homme de ce temps, grand orateur, théologien profond, s'exprime ainsi : Une antique et vénérable Tradition nous apprend que les Apôtres, avant de se séparer pour répandre dans le monde la doctrine de leur Maître, se l'éunirent une dernière fois, dans un lieu propre au recueillement, et qu'après avoir invoqué l'Esprit divin, dont la lumière avait transformé leur àme, au jour de la Pentecôte, ils se relevèrent connne enivrés d'une plus vive et plus abondante communication de la vérité. Leurs lèvres émues s'ouvrirent, et laissèrent échapper
cette admirable profession île foi que l'Église nous a conservée, sous le nom de Symbole des Apôtres. Et puis ils s'embrassèrent on pleurant, et s'élancèrent à la conquête de l'univers (1).
ilais elle est très courte, cette profession de foi, quelques lignes, et c'est tout. Pourquoi-'? Si la question est simplement interrogative, voici une réponse bien propre à contenter votre légitime désir de savoir. Le Symbole des Apôtres n'a pas toujours été public, comme il l'est présentement. Autant il est écrit, de nos jours, dans toutes les langues, en tète de tous les Catéchismes, de tous les Formulaires, de tous les livres à l'usage des Fidèles : autant dès l'origine, il ne fut qu'oral ; on se le transmettait de bouche en bouche, on l'enseignait de vive voix seulement, on l'imprimait, dit saint Jérôme, non sur le papier, mais dans les cœurs : non scribitur charta, sed in labulifi cordis canialibus (2). Force donc était qu'il fût tout à la fois assez étendu et très court, assez étendu pour instruire suffisamment, et très court pour ne pas surcharger la mémoire outre mesure. C'est saint Augustin qui fait cette judicieuse remarque : Symbohim est breviter cornplexa régula fidei, uf- meule))) instntat, nec oneret memoviam (3). Mais si la question n'est pas simplement interrogative, et qu'en la produisant vous vouliez exprimer votre étonnement de ce que l'enseignement chrétien puisse être compris dans une formule comptant à peine une centaine de mots : la réponse sera plus longue sans être poui- <;ela beaucoup plus difficile. Oui, il est court, très court le Syni- Ijole des Apôtres ; et pourtant tout ce que Jésus Christ a révélé, et tout ce que l'Église enseigne : sur l'unité d'essence en Dieu, et la distinction des Personnes ; sur le nom qu'elles portent, ces Personnes, et la diversité dès opérations qu'on leur attribue ; sur la création faite par le Père, la rédemption faite par le Fils, la sanctification faite par le Saint Esprit, ou plutôt et pour être plus exact, sur la création, la rédemption, la sanctification, faites conjointement par les trois Personnes, Père, Fils et Saint
(1) P. MoxsABRÉ, Inti'odticlion au Doijiiie catholique, ]''<= Conférence.
{i)Epist.G\.
(3j Senn. 213, de temporc.
r. — OHItlINK, iîlilKVKTK, DIVISION <*
Esprit ; sur l'Église enfin, et sa saintct('' qui la l'ait être l'œuvre par excellence de Dieu, en vue de nous conduire à notre suprême fin, à la possession immédiate de Dieu, et par cette possession immédiate de Dieu, à la vie éternelle bienlieureuse: toutes ces choses, et plusieurs autres, les cent mots du Symbole les renferment: comme le gland renferme sous un très petit volume, un grand arbre qui, un jour ou l'autre, sera le roi de la foret : comme un petit corps d'enfant renferme tout ce qui, avec le progrès de l'âge, le fera devenir un corps d'homme, aux belles proportions et plein de vigueur. G'est-à-dire qu'il y aura développement des doctrines énoncées plus haut. G'est-cà-dire que les Conciles, les Docteurs, les controversistes, les prônistes, les catéchistes tireront du Symbole tout ce qui s'y trouve. Mais en fin de compte, ni les définitions des Conciles, ni les écrits des Docteurs, ni les traités des controversistes, ni les prônes des pasteurs, ni les exposés plus simples des catéchistes ne diront substantiellement rien de plus que ce qui s'y trouve (1 ) .
Mais ce n'est pas tout encore. A cette quatrième question : Pourquoi, malgré sa brièveté, le Symbole des Apôtres est divisé en articles : il faut une réponse. Sans aucun doute, la foi est ime, una ficles, une quant à l'objet formel, c'est-à-dire quant au motif pour lequel nous croyons, qui est la souveraine autorité de Dieu, mais non quant à l'objet matériel. Plusieurs et distinctes sont les vérités proposées à notre créance. Autre, l'unité de l'essence divine , autre, la trinité des Personnes Pour les personnes : autre la personne du Père, autre la personne du fils, autre la personne du Saint Esprit. Pour les opérations, quoique communes aux trois personnes : autre l'œuvre de la création, autre l'œuvre de la Rédemption, autre l'œuvre de la .sanctification. Ne parlons, en ce moment, que de l'œu-
(1) Nous cntciulons, est-il besoin de le dire, le progrès, ou si l'on veut, l'évolution dans le dogme, au sens de saint Vincent de Lérins, qui fait autorité, en la matière. C-e remarquable Auteur du ciu(iuième siècle emploie, lui aussi, et c'est à cette source que nous l'avons prise, la comparaison du corps d'ui» enfant qui, en restant numéii(iuement et identiquement le même, devient, avec le progrès de l'âge, le corps d'un homme fait. Voir l'Histoire iniirersetle de l'Eglise, par Rohrb.vcher. Livre iO.
T) Ui SYMHOI.K DES ArorRES
vre de la Ilédeniption, qui tient tant de place dans le symbole : autre chose, comme objet de la foi, la naissance <lu Fils de Dieu lait homme, autre chose, sa Passion, son (M-ucifiement, sa mort, sa résurrection ; autre chose de croire, qu'il est venu en ce monde, une première fois, en qualité de Sauveur; autre chose qu'il reviendra, à la fin des siècles, dans l'appareil de sa toute-puissance, pour juger tous les hommes. Le symbole est donc divisé en articles, ainsi appelés, dit le Catéchisme Romain, d'après une comparaison souvent employée par les Pères : similitudine quadam a Patribus nostris KSioyata. De même donc que les membres du corps sont séparés et distingués par des articulations qui font que, tout en gardant l'unité, l'un n'est pas l'autre, ainsi l'on a, avec beaucoup de justesse et de raison, donné le nom d'articles, aux vérités qui, tout en ne faisant qu'un seul et même corps de doctrine, doivent être crues, chacune en particulier, et d'une manière distincte, dans la confession de la foi : Ut enim corjjoris incmbra articnlis (listinguuntur, ita etiam in hac fidei confessioiie quidquid distincte et separatim ab atio nobis crcdendum est, recte et opposite articulum dicimus.
Et maintenant que ces notions préliminaires sont établies, le terrain sur lequel nous voulions nous placer étant préparé : que dirons-nous? que ferons-nous? Ce que disait et faisait saint Augustin, devant ses chers fidèles d'Hippone : Ipsas sententias sacraiissimi sijmboU, adjuvante Domino, exponendas suscepimus, ni ([iiid singulse continent, vestris sensibus intimemus (i) : Ces admirables sentences du très saint symbole, nous entreprenons de les expliquer, et le Seigneur aidant, de les graver une à une au fond de vos cœurs. En quel temps, hélas! fut-il plus utile, plus nécessaire de le faire ? Les vérités saintes s'amoindrissent parmi les enfants des hommes; chaque entreprise de l'Ennemi en détache un fragment : Dimimdse sunt veritates a filiis Iwmiuum(2). Les jours mauvais prédits par le prophète Osée vont-ils donc venir? Ne les dirait-on pas déjà venus? Partout la fausse science, partout le mensonge, partout l'homicide des âmes, par-
(1) lirev. Rom, In rifjil. Pentecost. Lcct. 8.
(2) PSAI.. XI.