XVII. — NÉ DE LA VIERGE MARIE
les Voyants en Israël, Isaïe, lui aussi, l'avait apei'fjue dans le lointain des âges, cette femme incomparable, cette Vierge sans égale, qui conçoit et reste vierge, qui enfante et demeure encore vierge, et dont le Fils n'est autre que l'Emmanuel lui-même, c'est-à-dire le divin Promis, le Désiré des nations, le Dieu avec nous et pour nous, le Dieu fait homme pour sauver les hommes, à qui sa propre naissance, exceptionnellement miraculeuse, servira de signe pour se faire reconnaître en cette qualité de Sauveur : Dabit Dominiis ipse vobis signum : Ecce Virf/o concipict et parief. filiiim, et rocabitur nornen ejns Emmanuel {\).
Depuis l'oracle de Jérémie, et celui d'Isaïe, plusieurs siècles se sont écoulés. La plénitude des temps est venue. Le prodige va s'accomplir. Que dis-je, il est accompli !
Nous le croyons : parce que l'Évangile le dit. Et quelle belle page, que celle où il le dit ! Marie est la Mère du Clirist Jésus, la vraie mère dans le temps de Celui qui précède tous les temps ; <3'est elle qui l'a porté dans son sein ; c'est elle qui Ta produit de sa substance ; c'est elle qui l'a nourri de sa chair et formé de son sang; c'est d'elle qu'il est né : Beqiianutus est Jésus qui vocatur Christus (ii) . . Mais faites attention à ce qui précède. C'est le Très-Haut qui a opéré cette merveille; c'est du Saint Esprit seul que Marie a conçu, et celui qu'elle a mis au monde est par excellence et substantivement le Saint; c'est le Fils même de Dieu: Spirltiis Sanctus superceniet iu te, et virtus Altissimi obumbrabit tibi, ideoque et quod nasceturex te Sanctum, vocabitur filius Dei (3).
Nous le croyons : parce que l'Église l'enseigne. Toutes les voix ■qui parlent en son nom le disent.
porta orientalisjuiîilcr claiisa perseveret. Ita.S. Bernardls. Serm.b,in Purifie. —Saint Thomas se demande si Dieu aurait pu taire meilleures qu'elles ne sont, les choses qu'il a faites ? Sans aucun doute, répond-il, trois choses exceplées pourtant : la sainte Humanité de N. S. J. C, la Maternité divine de Marie, la Béatitude céleste créée, c'est-à-dire celle qui est réservée aux créatures, et qui consiste dans la vision et la possession de Dieu : la raison est, ajoute-t-il, que ces trois choses tirent comme une dignité infinie de l'inllnité de Dieu à qui elles sont unies, t p. q. xxv ar. 6. ad 4. Où trouver une meilleure justification du mot novuin employé par le prophète ?
(1) Isa. c. vu, v. 13, 14.
(2) Matth. c. I, V. 16.
<3) Luc. c. I, V. 35.