‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 45 sur 172 · XVII. — NÉ DE LA VIERGE MARIE · texte numérisé non relu

XVII. — NÉ DE LA VIERGE MARIE

sujet, je ne vous citais le Catéchisme Romain, mon maître, vous seriez étonnés. De même donc, dit ce maître autorisé, que nous voyons tous les jours les rayons du soleil traverser la substance solide du verre, sans le briser ni l'endommager; ainsi,, mais d'une manière infiniment plus admirable, Jésus Christ sortit du très chaste sein de Marie, sans rompre le sceau de sa virginité : Quo modo salis rcalii concretnm v'dri suhslantiani pénétrant, neque frangiint neque lœdunt, simili et altiori modo Jésus Christus ex materno cdvo sine ullo maternie virginitatis detrimento, éditas est (i).

0 mystères chrétiens ! que vous êtes beaux, que vous êtes purs! Et comme je plaindrais celui qui ne sentirait rien des suaves parfums qu'ils exhalent !

Enfin, nous le croyons: parce que la raison elle-même le démontre à sa manière. Le raisonnement est simple, mais concluant. Que le Fils de Dieu venant en ce monde et se faisant homme, ne puisse être, et ne soit en effet conçu que par une Vierge, ne puisse être et ne .soit en effet mis au monde que par une Vierge, cela est, parce qu'il convenait souverainement que cela fût.

Oui, il convenait souverainement que cela fût: Hoc ipsntn, quod Christus nasci eligit ex Virginc, nonne apparet altissinise fuisse rationis ? (2).

Il convenait que le Rédempteur, qui avait pris cette mission, le mot le dit assez, de racheter les hommes, ne commenràt pas son œuvre régénératrice, 'par faire perdre la virginité au chaste corps où il prenait naissance: Fus non erat, ut per ejus adventum inolarctnr integritas. qui venerat sanare corrupfa, dit saint Augustin (3).

Il convenait que le Saint par excellence, le Saint des Saints, le B'ils de Dieu, venant en ce monde, trouvât une habitation digne de lui : car c'est un principe en cette' matière, que tant vaut l'hôte, tant doit valoir l'hôtellerie: Locus débet esse propor-

(1) Cale"h. lîom. c. m.

(2) F. Le). Bvev. liom. in [est. Maleriiit. H. V. Lect. fi.

(3) Al . !:J. Thom. 111. p. q. xxviii, art. 2. ad 2.

tionatiis locato (A). Eh bien ! même pour un Dieu, est-il plus riche palais que le sein d'une vierge? C'est pourquoi, chaque fois que l'on chante le Te Deum, entre toutes les strophes, j'en suis sûr, vous remarquez celle-ci: Seigneur, vous, le Fils éternel du Père, vous, le Dieu fait homme pour sauver les hommes, vous, n'avez pas dédaigné le sein d'une vierge ; autrement dit: vous l'avez trouvé à votre convenance : Tu Patris sempUernus es Filins. Tu ad liherandtcm. suscepturus hominem, non horruisti virginis uterum (2).

Il convenait encore, car il faut épuiser cette matière, que le Fils de Dieu fait homme, aussi vraiment Dieu qu'il était vraiment homme, témoignât par sa naissance de sa double nature, de sa nature humaine en naissant d'une femme, de sa nature divine en naissant d'une vierge. Qu'il naisse d'une femme, mais qu'en le mettant au monde, cette femme ne garde pas sa virginité, le surnaturel, le divin disparait, et en celui qui naît, je ne vois plus qu'un homme qui n'est qu'homme, un homme comme tous les autres hommes, disait un ancien Père du grand Concile d'Éphèse : Si ea quœ genuit, virgo non permansit, neque is qui natus est, aliud qiiani purus homo cxtilit (3).

Enfin, et c'est le bel enseignement du Docteur Angélique, saint Thomas, le Fils de Dieu se faisant homme, et par ce fait de son Incarnation, ayant une génération temporelle, il convenait que cette génération temporelle se rapprochât le plus possible de sa génération éternelle. Or, la génération éternelle du Fils de Dieu, dans le sein du Père, qu'est-elle? Qui la racontera : Generationcm ejus quis enarrahit (4) ? Dieu engendre son Fils dans l'éternité, par une génération inefi"able, autant éloignée de la chair et du sang, que la vie de Dieu est éloignée de la vie mortelle. Et il se pourrait que ce même Fils, venant sur la terre, soit engendré par une génération char-

(i) S. Thom. III p. q. LVii, art i.

(2) Te Deum.

(3) Hotnil. de Christ, nativ. in Conc. Eplie. A Proclo habita. — Similiter S. AuGUST : Decebat Deum et hominem hoc modo fuisse conceptum etnatum, ut cum hominem testarelur partus humanus, et Deum probaret œterna virginitas Serm. 7. de Nat. Dom.

(4) Isa. g. lui, v. 8.

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