‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 46 sur 172 · XVII. — NÉ DK LA VIERGE MARIE · texte numérisé non relu

XVII. — NÉ DK LA VIERGE MARIE

nelle !... Non, mille fois non ; loin de nous cette pensée sacrilège. La génération du Fils de Dieu dans le temps sera une image de sa chaste génération dans l'éternité. Il sera conçu par une femme, il naîtra d'une femme ; mais cette femme e.st vierge ; qu'elle conçoive, elle est vierge ; qu'elle enfante, elle est vierge ; vierge elle est, vierge elle restera toujours : Verbum non solum absque corruptione concipitur, sed etiam uhsque corruptione ex corde procedit ; unde ut ostenderetur quod illud esset corpits ipsiits Verbi Dei, conveniens fuit ut de incorrupto Virginia utero nasccrctur (1).

Disons-le encore, nous ne le dirons jamais assez : 0 Mystères chrétiens, que vous êtes beaux, que vous êtes 'saints, quels doux parfums vous exhalez ! Mais il n'y a que les cœurs purs qui vous puissent goûter !

Et nous ne pouvons non plus quitter ce sujet sans vous saluer de nouveau, ô Marie ! Vous êtes bien vraiment l'incomparable, l'unique, la Vierge des vierges, la toujours Vierge, atlnctpôsvoî, la vraiment bénie entre toutes les femmes, pour avoir uni en votre personne, par un privilège sans égal, le don de la virginité et l'honneur de la maternité : Vere betiedicta Virgo, qtise et vir(jinit<Uis possidet decns, et ma tris dignitatcm (2).

Donc, à Jésus, notre Emmanuel, et à Marie, sa très immaculée Mère, gloire, louange, amour, aux siècles des siècles. Amen...

(1) S. Thûm. III p. , q. xxiii art. 1. et "2. — Voiraussi Bossuet, S'»» Sermon sur la Visitation, t. vu, p. 281.

(2) lirei'. Rom. in (est. Purit. B. M. Lect. G.

Nous ne mentionnons ici que pour niéuioire une objection cent fois réfutée, que l'iguorauce ou la mauvais(ï foi voudrait tirer de quelques passages de l'Évangile, dans lesquels certains personnages sont appelés frères de Jésus. Tous les Pères, tous les Docteurs, tous les Commentateurs anciens et modernes disent et prouvent : que chez les Juifs, le mot frères servait à désigner non seulement les frères proprement dits, mais encore tous ceux qui étaient sortis d'une souche commune, comme oncle et neveu, cousins germains, et même cousins à un degré plus éloigné. Ne citons que S. Thomas qui donne au mot hébraïque une signilicatiuu encore plus étendue : Quatuor modis \n Scripturis fmlres dicuntur : natiira, gente, coguatione, alTeclu. Indo fratrcs Domini dicti sunt, non secundum naturam, sed secundum coguationeni, quasi consanguinei Ejus existenles. III p. q. xxviu, art. 3. ad 5.

DIX HUITIÈME PRONE Les souffrances de Jésus Christ.

Qui . . . passKf; e.s( suh Ponfio Pilnto, criicifkcus, morf II IIS et sepuUus.

Je crois en Jésus Christ, qui ... a soulîert sous Poiice- Pilate, a été erucifié, est mort, a été enseveli.

N'ct[iie Parochus hujiis articuli histoliani priElcrmittet, quïe diligentissime a sancfis Evangclistis exposita est, ut saltcin sumnia f^jus mysterii capita,quff; ad contirmandam fidei iiostrœveritatem maiçis necessaria vidcntiir, iKielescoiriiita habeatit.

diifech. Uoiii. cap. ô.

C'est la recommandation du Catéchisme Itoniain: Le pasteur n'oubliera pa^ non plus de" rappeler Ihistoire des soufTrances de Jésus Christ, exposée avec tant de soin par les Évangélistes ; et sur ce mystère il fera connaître aux fidèles ce qui parait le plus nécessaire pour confirmer la vérité de leur foi.

Émanant d'une si haute autorité, cette recommandation est une loi. C'est pourquoi nous diviserons ce quatrième article du ^^ymhole en autant de parts qu'il renferme de mots. Nous dirons en quatre Instructions successives les souffrances de Notre Seigneur, passiis, son crucifiement, crucifwus, sa niort, mortuus. son ensevelissement, srpidfiis. Dieu nous aide de .sa grâce ! . . .

Et d'abord, qu'il soit historiquement i:ertain que Jésus Christ a soutîert, sur ce point le plus léger doute ne saurait effleurer

notre esprit. La Passion de Notre Seigneur est racontée par les quatre historiens sacrés : saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean, tous contemporains ou témoins oculaires. Ils disent l'époque de révènement, le lieu, les personnages, les circonstances. — L'époque : c'est au temps où la Judée déjà tributaire de l'Empire romain est gouvernée par Ponce-Pilate, procurateur de l'empereur Tibère (-1). — Le lieu : c'est Gethsémani situé non loin de Jérusalem, dans la direction du Nord- Est, un peu au delà du torrent de Cédron, puis la ville ellemême de Jérusalem, et enfin le mont Calvaire, en hébreu Golgotha. — Les personnages : c'est Caïphe le grand-prètre, Anne son prédéces.seur dans le suprême pontificat, Ponce-Pilate déjà nommé, Hérode roi de la Galilée, tous personnages officiels, soit de la Synagogue, soit de l'Empire, et une foule d'autres moins marquants. — Les circonstances : c'est la prière au jardin, l'agonie, la trahison, l'arrestation, la comparution, l'interrogatoire, la sentence, la voie douloureuse, le crucifiement, les dernières paroles de la victime, sa mort, sa descente de la croix, sa sépulture, et le lieu où cette sépulture se fait. . . Ajouteraije que toutes ces choses décrites par les historiens sacrés jusque dans les plus minutieux détails, se retrouvent en substance dans les auteurs profanes contemporains ou postérieurs; que les Actes du procès de Jésus Christ, renfermant sa condamnation, son crucifiement et sa mort furent envoyés à Rome par Ponce-Pilate lui-même, déposés dans les Archives du Sénat, et qu'ils y étaient encore deux siècles plus tard (2)? N'insistons pas davantage : au point de vue de la véracité du récit, la Pas-

(1) Que si les Évaugélistes rapportent avec tant d(^ soin qiieJ. C. souffrit dans le temps où Ponce-Pilate gouvernait la Judée, le pasteur en dira la raison au peuple : c'est que l'époque d'un événement si grand, et qu'il est si important de ne pas ignorer, étant déterminée d'une manière certaine, la connaissance en devenait beaucoup plus facile. Caledi. Romain, voir le texte, cap. 5.

(2) S. Justin, au commencement du second siècle, parlant de la mort de N. S., donne à l'Empereur et à tout le Sénat romain, pour preuve de ce qu'il dit, les Actes de Ponce-Pilate. Cinquante ans après S. Justin, Teutullien fait l'Apologie du Christianisme dans le même sens et avec les mêmes arguments. Addison : de la lieliy. Chrél. t. 1, p. 30 et suiv. Voir encore, sur cemême sujet, Bergier, Traité de la vraie religion.

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