X.IX. — A KTK ClSLCIKll
lit' laissent pas potiitant que dèti-e, ellfs aussi, tivs justement appréciables.
L'angélique Docteur, saint Thomas, lésa condensées dans une page que l'on qualifierait volontiers d'admirable, si toutes celles qui sont sorties de cette plume savante ne l'étaient pareillement et presque au même degré.
Il fallait purifier l'air, infesté par les puissances infernales qui riiabiteiit, ainsi que saint Paul nous l'apprend, et que nou.s^ l'avons dit iious-mème au cours de ces Instructions. C'est pourquoi Jésus Christ a été élevé en croix: In excelso l'uino, cl non siih tcrto passns es/, ut ipsins aeris nafHra mumlefur ([}.
II fallait que ce qui avait concouru à notre ruine servit à notre relèvement; un fruit de mort, cueilli à un arbre, nou.>< avait perdus, un fruit de vie, suspendu à un autre arbre^ devait nous sauver. C'est pourquoi Jésus Christ a été attaché à larbrc de la croix: Et idou cnnt:enienti fuit qiwd Christus ad salisfacicndnm pro prinn parentis pccccdo, ficipsunt pateiTlnr liyno iif/i(/i C-I).
Il fallait que la Rédemption faite par Jésus Christ fût univer- .•^elle, et qu'il devînt notoire pour tous qu'en effet elle était universelle; conséquemment, que tous les peuples, non seulement le Juif, mais le Centil, non seulement le Grec et le Romain, mais le Barbare, sussent qu'ils y avaient droit, et pouvaient revendiquer leur part. C'est pourquoi la Croix est dres.'^ée au sommet d'une montagne, et sur cette croix Jésus Christ étend les liras, du côté de l'orient, vers le peuple Juif, du côté de l'occident, vers la Gentilité, comme pour appeler toute.'^ les Nations, et les recevoir dans un commun embrassement : //; cnivr aiypansis munibus )noriti()\ ni aUrra manu^ retereni populion, altéra cos qui ex i/entibus nunt, traitât (3).
Mais parmi les raisons secondaires, il en est une qui, au sentiment de l'angélique Docteur, tient manifestement le premier rang : Snnt liomines qui (iicamvis murtem ipsani non tni'lnant. qcn-ns tamcn mortis liorrescunt . . . (4>, ce qui veut dire, en traduc-
(\) S. Thom. III p. <{. xi.vi. art. i.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(i) Ibid.
166 LK SY.MI50LK DKS APOTRKS
tioii libro : qu'on accepte encore, tant bien que mal, la mort, pourvu qu'elle se présente dans telle on telle condition, par <'xemple : la mort douce, la mort dans un lit, la mort à la suite d'une courte maladie et sans beaucoup de souffrance, la mort au milieu de ses enfants et petits-enfants, après avoir parcouru une longue carrière, parce qu'il n'est personne qui ne sache qu'il faut finir. Mais la mort dans les tortures d'une longue maladie ; mais la mort loin des siens et sans les consolations que procurerait leur présence ; mais la mort violente, ou par le fer, ou par le feu, ou par quelqu'autre agent destructeur : tous ces genres de mort font horreur : Gcnus tamen morlis' horrescunt . . . Eh bien! continue le même grand Docteur, afin que pour tout homme qui a conscience d'avoir fait son devoir la mort soit acceptable et acceptée sans répugnance, <|uelqu'elle soit, et sous toutes ses formes : Ut ergo nullum gejius moï^fis7'p.cteiùvr»li homini metucyuhim csisef, Jésus Christ a choisi et pris pour lui la plus cruelle, la plus atroce, la plus formidable à la natui'e, la mort de la croix : Nihil rnim erat inter mmiia goûtera mort is, illo gcnere execrabilms et formidabilius (1)...
Jésus Christ a-t- il réussi ? A-t-il fait école? Ses leçons renforcées de ses exemples ont-elles profité? Nous ont-elles guéris de la peur de la mort ? Ah ! chrétiens, prenez la Vie des saints, ou le Martyrologe, à n'importe quelle page ; lisez et voyez...
Deux ans se sont à peine écoulés depuis la sainte Passion, <jue le premier martyr, saint Etienne, meurt étouffé sous une grêle de pierres. Pendant qu'on le lapide avec un acharnement sans égal, savez-vous quelle prière il fait? mot pour mot, celle (lu divin Crucifié, son Maître : Seigneur, ne leur imputez pas le crime qu'ils commettent : Ne statiian illis hoc peccatum (2).
Plus tard, son frère en diaconat et en martyre, saint Laurent, est dépouillé de ses vêtements, et couché nu sur un gril embrasé; à le voir et à l'entendre, vous le diriez sur un lit de roses. T.e feu de l'amour de Dieu qui le bi'ùle au dedans, dit saint Léon, empêche qu'il ne sente l'autre feu qui le consume au de-
(1) Iliid.
(2) AcT. c. Ml, \. .V.). — En honiic brebis, dit S. Augustin, il suivait les traces (Ju Pasteur : Secutus est vestigia sui Pastoris, tanquam bona ovis.