‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 52 sur 172 · VIXC.TIKMK l'l{()N'K · texte numérisé non relu

VIXC.TIKMK l'l{()N'K

La mort de Jésus Christ.

Mort mis.

Il (.'Si iiiorl.

Hoc vt rl)(i paiocliiis croUendum explicabit : Jesum Chrislum, postqiiain crucifixus est, vero mortunni f.sse.

(Uitecli. Hoiti . l'a]!. •"> .

I>aiis les deux précédentes Instructions, nous avons l'ait un exposé de docti'ine sur les souffrances et le crucifiennent de Jésus tlin'ist. Sur les souffrances : nous avons dit les caractères principaux, cest-à-dire l'universalité et l'intensité. Sur le crucilif'ujent : nous avons mis sous vos yeux les motifs qui ont déterminé Notre Seigneur à choisir ce mode de Rédemption, plutôt que tel autre. Mais le quatrième article du Symbole n'est pas ('imi.sé ; et comme nous nous sonmies engagé, vu l'importance du sujet, à faire sur cet article autant d'Instructions qu'il renl'erme de mots , nous expliquerons aujourd'Imi celui-ci, qin est le troisième: Mortuns, il est mort. . . Nous rappellerons ce que les Kvangélistes ont écrit sur la mort de Notre Seigneur, et ce que la foi nous enseigne à cet égard. Dieu nous aide de sa grâce!. .

l'our donner à ce sujet les développements qu'il comporte nous disons d'abord que Jésus Chrï^l pouvait mourir, non comme Dieu, certes, la Divinitt'' ne? peut ni soulTrir ni mourir (li,

(I) Ncc DcMiiii l'acit carti iiassiliilt-m, (|iiia (li\iiiilas ipia» i-ral iii ihilcntc, non (M-at in (Itilon-. S. I.ko, Si'nii. 7. dt: l>oss. Ihtin. KUl

170 LE SYMBOU: DKS APOTRES

mais comme liomme. En tant qu'homme, en effet, Jésus Christ ne différait pas essentiellement de nous ; son corps était un vrai corps, semblable au nôtre, son âme, une vraie âme, de même nature que la nôtre; chez lui, comme chez nous, les deux éléments du composé humain. Dieu le voulant, pouvaient se disjoindre. Et c'était la mort il).

Nous disons en second lieu, que Jésus Christ (Uvait mourir, étant donné le motif de sa venue en ce monde. Saint Thomas — il n'est point de Docteur i)lus autorisé en ces matières, — dit ([ue, quiconque s'est substitué à un débiteur pour acquitter la dette qu'il a contractée, ou à un criminel pour subir la peine ([u'il a encourue, la liante convenance veut qu'il l'acquitte, cette dette elle-même, et non une autre, qu'il la subisse, cette peine elle-même, et non une autre : EM convenlcns nfdisfacirndi pro (ilio iiiodiis cion aliqiiif< se suhjicit pœ)iœ (juamaliKs nteviiit (2). Or, c'est ici le cas. Le Fils de Dieu fait homme, Jésus Christ, s'était constitué notre caution, à son entrée dans le monde, même avant d'y venir, dès l'éternité, il avait pris sur lui cette redoutable charge de nous racheter (3). îlt parce que l'homrne, au jour même où il était devenu pécheur, avait été condamné à mourir (4), il fallait que le Rédempteur, le Répondant de l'honiuKi l't son substitué, acquittât, par sa propre mort, cette dette de mort qu'avait contractée le vrai coupable ; et il l'acquitta en <'fVet, ajoute saint Thomas qui fait l'application aussitôt après avoir posé le principe : Jésus Christ a voulu mourir, afin de satisfaire en notre lieu et place, à la justice de Dieu, pai* sa propre mort : Et ideo Clirisfiifs tnori vohdt, nt rnoriendo, pro )iobissatisfaceret (5) ; et il le confirme pai' ces paroles du prince des Apôtres dans sa première Épitre : C'est pour nos pécliés que le Christ <'st mort: dhristns pru pcccatis tiostris mortiins eftt (6). Il y a plus, <'t la preuve cette fois nous vient d'où nous ne pouvions guère l'attendre : c'est Caïplie lui-même, le plus acharné des ennemis

(1) Ciini Cliristus veiiis et perfecUis homo t'ueril, verc eliam niori jioluit : iiioritiir aiitein lionio, cuni anima separatur a corpore. Catecli. Rom. c. ô. (-2) III p. q. L, art. 3.

(3) Heb. c. X, V. 7. (5) Ibicl.

(•l) Oenes. c. 11. (6) I Petr. c. III. V.

X\. — i:ST MORT 17i

<!(• \olr(3 Seii-neur, qui la t'oiiniit. .. Qiuîlque temps avant la sainte J'assion, ne s'était-il pas écrié en plein Sanhédrin : Vous n'y entendez rien, vous autres, Vos «escii/s quidquam; ne voyez-vous pas qu'il est expédient que ce seul homme meure pour le peuple, de peur qu'autrement toute la nation ne périsse : Nc.c ctxfitatiH quia expeditvnhis ni uniis moriatirr homopro populo, fine Iota gens perenl. . . A la vérité, il ne croyait pas si bien dire, comme le remarque saint Jean, le seul des Évangélistes qui ra- <-()nte cette particulai;it('' ; mais parce qu'il était le grand-prêtre de cette année-là, c'est-à-flire le représentant officiel de Dieu, quoique indigne d'un si haut ministère: .Ç^y/ quunt esset Pontifex anni illlutt, il prophétisa que .lésus devait mourir pour la nation : Proplniavif qi(od Jésus )tio)-lliirus aral prn (jcntc : non seulement pour la nation, mais poiu' \o inonde entier: El non solum pro (fi'))lt\ scfl ul /ilios Dci, qui craut dispcrsi, coiit/rcgari'l i>i. u)ium (i !.. (l'est-à-dire, si nous l'entendons, qu'il prononça par l'inspiration (rKii-llaut, des ijaroles vraies, bien qu'il ne comprît pas en quel sens elles étaient réellement vraies. Dieu se servait de lui, malgré son indignité, comme autrefois il s'était servi de Balaain, tout infidèle qu'il fût, jiour aiinoncei" ses oracles. Mais c'en est assez sur ce point.

Nous disons, en troisième lion, que Jésus Christ, qui pnuraii mourir. . , qui devait mourir . . . est mort en effet: Mortuus . . .

Jésus Christ est mort, c'est certain ; car les quatre historiens sacrés, tous ou témoins oculaires, ou contemporains, le disent, saint Matthieu le dit : Et Jésus, jetant encore un cri d'une voix ftirte, rendit l'esprit (2) . . . saint Marc le dit: Et Jésus, ayant jeté un grand cri, expira (3) . . . saint Luc le dit : Etcriant d'une voix forte, Jésus dit : Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains ; et disant cela, il expira (4) . . . saint Jean le dit : Lorsque Jésus eut reçu le vinaigre, il dit : Tout est consommé ; et inclinant la tète, il rendit l'esprit <.")) . . .

Jésus Christ est mort, c'est certain : car. ahirs que plusieurs heures se sont déjà écoulées depuis qu'il a rendu le dernier

(1) .loANN. c. II. V. i'^ et siiiv. (i) Luc. c. xviu, v. i(>.

{-!) Matth. c. x.wii, V. 50. (5) Joann. c. xix, v. 30.

(:5) Marc. c. xv, v. 37.

172 LESYMBOLK DKS AI'OTRKS

soupir, on lui plonge dans le côté le large 1er d'une lance. Voici le récit évaiigélique de cette très importante particularité : Afin que les corps ne restassent pas en croix durant le sabbat, les Juifs prièrent Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'oii les enlevât. Les soldats vinrent donc, et rompirent les jambesdu premier et de l'autre qui avaient été crucifiés avec Jésus. Mais lorsqu'ils vinrent à Jésus, le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes. Mais un des soldats, avec sa lance, lui ouvrit le côté, et il en sortit du sang et de l'eau (1).

Jésus Christ est mort, c'est certain : car sa mort est officiellement reconnue par le centurion romain sur l'injonction qu'il reçoit du gouverneur de s'en assurer. Et ce n'est qu'après cette constatation dûment faite, que le corps est de.scendu de la croix, qu'on l'enveloppe dans un linceul, qu'on le lie de bandelettes, et qu'il est mis au tombeau. Laissons encore parler l'Évangile : Joseph d'Arimathie, noble décurion, qui attendait, lui aussi, le Royaume de Dieu, vint et entra hardiment chez. Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Et Pilate s'étonnait f[u'il fût dt^jà mort. Ayant fait venir le centurion, il lui demanda s'il était déjà mort. Et lorsque le centurion l'en eut as.suré, il donna le corps à Joseph. Et Joseph, ayant acheté un linceul, détacha le corps de la croix, et l'enveloppa du linceul, et le lia avec des bandelettes, et le déposa dans un tombeau qui était taillé dans le roc, et roula une pierre à l'entrée dii tombeau i2).

Mais, je vous vois étonnés : vous vous demandez s'il était nécessaire de tant insister sur ce point, et de démontrer par une aussi grande agglomération de preuves, la vérité de la mort de Notre Seigneur . . . Oui, sans aucun doute, et votre étonnement ne peut être que l' effet d'une surprise. Est-ce que la Résurrection de Jésus Christ n'est pas la pierre angulaire de notre foi, la raison même de nos espérances, et comme le tout du christianisme, ainsi que le remarque saint Paul, et que nousmêmes le dirons plus tard ? Or, pour être en mesure de le répéter après les Évangélistes, et de le chanter avec l'Église:

|1) JOANN. C. KiX, V. ;*1 ctSCq.

(-2) Marc. c.xv.

x\. — i;sr \i(tK'r 17^!

Oiii^ le (Jlirist i^sL vraiiiKMit ressust-ilû : Chrislun sio-itjU vi-rr . . . lie faut-il pas, au préalable, avoir l'assurance ferme, fondée, exfinptc (lu plus lésier doute, à l'abri du moindre soupçon : Qu'il rtait véritalilenient mort ; que l'Évangile qui le dit, dit vrai: ((ne l'Fi^lise qui le chante, chante juste, quand elle le saine, ce corps, ce corps vraiment né de la Vieroe Marie: Arc rcrinti rot^nis, vaf.ina dr Marin Vinj'nu' ... ce corps vraiment crucilié et immolé peur le salut du mondi:' : Vcre jiassion, inuni)- Idlum i» crucK pr<> Iiotninc ... ce corps vraiment percé d'une lance et assez profondément pour qu'il en sortit du sang et lie feait : C.itjnx httus perfora ttiDi iniila jht.rit cl s(ni(/aiac . . . Ignorez-vous d'ailleurs que d'anciens hérétiques l'ont nié ; que, pour saper le Christianisme par sa base, les modernes incrédules le nient encore? C'est pour toutes ces raisons, et elles .<(nit de premier ordre, que le Catéchisme Romain, notre guide habituel, enjoint aux Pa.steurs d'établir par les preuves l(>s plus solides que Jésus Christ, ayant été crucifié, mourut véritalilement : ParocJnis credemhnn cxplicabit : Jcsuni Chri.^tioit, lii>sl(iH((ia criicifixtis est, verc morhmm esse. Et il ajoute : Ce n'e.'it pas sans motif, qu'on a fait de cette vérité un objet spécial de notre loi ; car il s'est trouvé des hommes qui ont nié qu'il fût iiiert en croix; et c'est pour repousser leur erreur, que les .\pôtres ont mis dans leur Symbole ce point de doctrine, dont il est d'ailleurs impossible de douter, puisque tous les Évangélistes s'accordent à dire que .lésus expira : Xam nm)irs Kvan- <iclist;i' rnarcninnt lésion sjiirihon ouisissc cii.

Mais, si .lésus Christ est mort — et nous venons i]r xoïv ([u'ii n'est rien de mieux dénmntré — conmient est-il mort ".' . . Pour rien au monde je ne voudrais omettre un apereuqui tient autant de place dans le récit des Kvangélistes, que la mort ellcjnéme . . . H est mort en Dieu ; ou plut(")t, et pour (|u'il n'y ait pas d'équivoque, il est mort en IIomme-Dieu.»

il est mort en Homme-Dieu . .. car cettedouloureu.se rassion qu'il devait souIVrir, et l'ignominieuse mort qui en serait le terme, il les avait annoncées longtemps a\aiit qu'elles n'arri-

(1) Oalech. Rom. c. 5.

174 LE SVMBOLK DES Al'OTiiES

vassent ; il en avait dit toutes les circonstances et particularités, avec la précision d'un homme qui voit une chose présente, ou qui raconte une chose passée ("IK

11 est mort en Homme-Dieu . . . car jusque sur la croix, il reste maître de lui-même, et fait tout avec ordre, soit qu'il promette une place dans son Royaume au larron pénitent, soit qu'il recommande le disciple à la mère, et la mère au disciple, soit qu'il prie pour ceux qui le tuent, et qu'il trouve dans leur ignorance une excuse à leur perversité, soit enfin que, parcourant d'un œil rapide les prophéties dont il était l'objet, et les voyant accomplies, à un iota près, il annonce que tout est consommé (2).

Il est mort on !Ioinnie-Dieu . .. car, au moment strictement premier qui précède son dernier soupir, il pousse un grand cri ; sur les quatre historiens sacrés, trois le disent en termes précis: Clamans voce tnagna (3) . . . Eiiiis!<(( rucc magna (4) . . . Quoi ! Lorsque nous sommes pour mourir, nous autres, hommes mortels, notre voix est déjà éteinte, nous perdons la parole avant d(; rendre l'esprit (5). Qu'est-ce donc à dire, que Jésus mourant jette un grand cri, fasse entendre une forte clameur, si ce n'est qu'il est le maître de la vie et de la mort, et que s'il meurt, c<' n'est point par nécessité, mais par son pi-opre choix, c'est-àdii'e parce qu'il le veut, quand il le veut, et connue il le veuf.' Il n'est pas un seul intei'prète qui entende autrement cette particularité considérable du récit évangélique.

11 est mort en Homme-Dieu . . . car à l'instant même oii il expire, voilà que les plus étonnants prodiges éclatent de toute part : Le voile du Temple se déchire dans toute son étendue . . . La terre tremble . . . Les rochers se fendent . . . Les sépulcres s'ouvrent . . . plusieurs morts ressuscitent ... Le soleil s'obscurcit — prodiges d'une irrécusable certitude, attestés qu'ils

(1) In EvaiKj. iiassiin.

(2i Ap. onines Evaiitcclisl.

(3) Matth. f. XXVII ; l.uc. c. xxiir.

(i) Marc. c. xv.

(5) Cum ima vo(;e, vel sine voce iiioriinur, qui fie terra siimiis ; ille vero cun:" exaltata voce expiravit, qui de cœlo descendit. Voir FihLio.x in Matth. c, XXVU.

NX. — i;sr M(»i;r ITô

sont, non scnlenicnt par les quatre liistorions sacrt'-s (l,i, mais par les auteurs profanes eux-mêmes, à ce point que, deux siècles plus tard, le t;rave Tertullien disait aux empereurs i-omains. alors persécuteurs : Vous avez vous-mêmes tiaus vos archives la relation des choses merveilleuses qui se sont accomplies à la mort du Sauveur Jésus : (hiem minidl aismn rcinfum liahctis i>i Arcliivis rcstris.

Il est mort en llomme-J)ieu . . . car ce n'est pas sur la nature inanimée, toute seule, qu'il exerce son empire, mais sur les volontés et sur les cœurs . Voilà que les conversions les plus inattendues s'opèrent. Déjà le larron avait pleuré les fautes énor-. mes dont sa vie était pleine, et, en retour de son repentir, il avait reçu la promesse d'aller ce jour-là même en paradis ('Ji. C'est maintenant le centuiion romain, qui, debout en face du Crucifié, l'ayant entendu pousser un lirand cri, et à Finstanl d'après voyant les éléments l)ouleversés, et la natun' en deuil, s'écrie : Vraiment Celui-ci était le Fils de Dieu : Vcrc Filins Dci erat istc (3). Ce sont les spectateurs eux-mêmes qui se sentent pris d'une componction inconnue. Ils étaient venus, les uns en curieux, conmieà un spectacle, c'est le mot de saint Luc : Adi-rauf (id sprctaciihon isf.iid ('n, les autres, c'était le plus ^rand nombre, en einieniis furieux, comme à une vengeance ; voyezles à présent : ils s'en retournent en se frappant la poiti"ine, el. l'endant gloire à Dieu: PcrcntieHfcs pcctorn xiui t't'i'o-tclxinixv (5) . . . c'est-à-dire, connue le remarque saint Augustin : qu'ils sont rachetés par ce même sang, qu'ils viemient, ceux-ci de répandre, ceux-là de Iai.ssei" répandre: Ipso rcdrnipti san~ ijuiw (pion /i(dcrifiit . . . C'est-à-dire encore, que la parole de Notre Seigneur prononcée longtemps avant, commence à s'accomplir : Lorsque j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi : Et <'<jo, cinii cxulhitns fm'i'o a Icmi omnia Irnliam nd nir ipsnm (6j . . . C'est-à-dire enfin, (}ue Jésus Christ fait à l'instant de sa mort, et après sa mort, des miracles aussi nombreux et encore plus grands (^ue ceux qu'il avait faits pendant sa vie!

(!) Ap. nimi. p;viiiig;. (Ij Lit:, c. x.\iii,v. i8.

("1) Luc. c. xxiii, V. 43 (5) Luc. c. xxiii, v. iS.

i'I) Mattii. c. xxviii, V. .">!. (H) .lo.VNN. c. XII, V. ;5-2.

17(1 J.K SV.MHOLK !)i:s AI'OIHKS

Il n'y en a iju'iiii seul (inil ihî l'ait pas: Celui de descendre df la croix, comme on le lui demandait ironiquement (1). Mais celui-là, il ne voulait pas le faire, il ne devait pas le faire, consé- (|uemment il ne pouvait pas le faire. C'eût été quitter l'autel et laisser le sacrifice inachevé. C'eût été casser son Testament, ce Testament nous eau qu'il substituait a l'ancien, car un testament n'est valable que par la mort du testateur ('2 ). C'eût été abandonner la Mission pour laquelle il était venu en ce monde, qui était de racheter le monde . . .

0 Jésus ! O Maître ! O Sauveur ! F*uissions-nous reconnaître •votre amour, et ne nous séparer jamais de vous ! Puissions-nous, selon la parole du grand Apôtre, et à son exemple, ne plus vivre pour nous, mais vivre et mourir poui- Celui qui le premier a vécu et est mort pour nous : rt ci (jui rinotl, jam non siln vivant, sed ci qxipro eis mortiius cM (3l .. .

(1) Matth. c. XXVII, V. iO.

(2) Heb. c. IX, V. ICi.

C!) H <;oR. c. V V. ir,

VINGT ET UNIÈME PRONE La sépulture de Jésus Christ.

Sepultus.

Il a ('[(' enseveli.

Hoc addituni est pn'miim, ut minus lUibitare de morte liceat, cum maximo argumento sit aliqucm mortuum esse, si ejus corpus sepultum probeinus, deinde ut resurrectiouis miraculiuii matais doclaretur atque eluceat.

Catevh. Rom. cap. 5.

C'est le dernier mot du quatrième article de Symbole : de cet article dont nous nous sommes engagé, en raison de son importance, à expliquer, l'un api^ès l'autre, tous les mots qu'il ren- J'crme. Dieu nous aide de sa grâce ! . . .

Notre Seigneur était mort le sixième jour de la semaine judaïque, qui correspond au vendredi de la nôtre, à la neuvième heure, c'est-à-dire, selon la coutume de compter des Anciens, à trois heures après midi. Sa mort avait été constatée, d'abord par la l'oule des assistants, ensuite parles soldats eux-mêmes, dont un avait plongé dans le côté du Sauveur le large fer de sa lance, puis entin, d'une manière officielle, par le centurion romain, à la requête du gouverneur Ponce-Pilate (It.

Qu'allait devenir le saint Corps?

Lui briserait-on hîs jambes, comme il se faisait le plus sou-

(1) Apiid Maucum, c. XV, lc2,itar, quod Pilalus antoi]uam couccderet Clirisuin sepeliii, dilii^L'uti in(iuisitione cognovit ouin uiortuum esse. S.Thom. IH p. ([. Li, art. 1.

l'L.Vr. — LK SYMU. DES AP. — 1^. 177

178 l.V. SY.MIÎOLK DKS A I '( t TP, I '.S

vent, en cas semblables? Non; .Jésus Christ était l'Agneau dt- Dieu, l'Agneau réparateur, figuré par l'Agneau pascal. Or, de l'Agneau pascal, la loi défendait que l'on rompit aucun de ses os: Os non comrniiixffin' ex co (1): il convenait, il fallait même (|ue la réalité répondit à la figure.

Subirait-il, quoique iormé, comme il l'avait été, par l'opération du Saint Esprit, cette loi générale qui veut que toute chair commence à .s'altérer, dès le moment mémt' où elle n'est i)lus vivifiée par le principe qui l'animait (2) ? Non, certes, David n'avait-il pas prophétisé mille ans à l'avance, que le Saint ne verrait pas la corruption : Nec dahii^ Satidum tunmvidere cnrniiitioncm (3) . . .

Notre demande reparait : Uu'allait-il donc être fait du pi'écieux Corps de Jésus ?

II y avait là un homme riche, originaire de la petite ville d'.\rimathie, habitant présentement Jérusalem (4), et du nom de Joseph.— Vraiment ce nom est prédestiné; un Jo.seph a pris soin de Jésus enfant; un autre Joseph lui rendra les derniers devoirs, à l'autre extrémité de .son existence terrestre. — C'était un Juif de haute distinction, ce Joseph d'Arimatliie, noble dél'urion c'est-à-dire sénateur, et comme on le pense connnnnément, l'un des soixante dix qui composaient le Grand Conseil de la nation (5).

L'Kvangile relève surtout ses qualités morales: Il était jushet bon. hoitus el Justus (6), et, comme une foule d'autres qui ."^entaient d'instim-t (pie les temps prédits par les anciens Prophètes touchaient à leur fin, il attendait la venue prochaine du Règne de Dieu : Expecluhat Reyniim Dci (7). L'histoiùen sacn'le dit — cette particularité d'ailleurs faisait trop d'honneur à son pei'sonnage pour qu'il la passât sous silence — il n'avait

(1) ExoD. c. XII, v. Kl.

(2) Corpora mislra .statiin post niorteiii rcsolvi iiicipiiiiit, ol ad putritudiiiem (lisponuntiir. S. Thom. III p. ([. Li, art 3.

(3) PSAI,. XV.

(-1) Le tombeau de famille qu'il y avait fait creuser aulori.se à le croire. (5) Voir FiLLioN, in Marc. c. xv, v. i'd. {&) Luc. c xxiii, V. 50.

(7) .Marc. c. xv, v. 53.

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