PLAT. — LE SYMB. DES AP. — H
Seii-ncur est vivant, dit-elle aux Apôtres, je l'ai vu, et il m'a dit telles choses : Qi<ia ridi Bominum, et hœc dixit milii . . . Les- Apôtres la laissent parler, et restent incrédules : Et Uli audicn- Irs qxia vivcrct et visas esset ah ea, non credidevinrt. Les deux disciples, que nous connaissons déjà, revenus de leur voyage à Emmaiis, n'ont rien de plus pressé que d'annoncer aux autres : qu'ils ont vu le Seigneur, qu'il leur a parlé, qu'il a fait route avec eux, qu'il s'est assis à la même table. . . Ceux-ci ne les croient point: Et Uli eitntes nuntiaverunt cœteris, ncc illis crcdidcnoit. . . Il faut qu'à ces autres, un jour qu'ils se trouvent réunis en un même lieu, Jésus apparaisse de nouveau, comme nous le lisons dans saint Luc, et que, moins pour calmer leur frayeur que pour vaincre enfin leur obstination à ne pas croire,, il dise : A'oyez donc mes pieds et mes mains, ne craignez point, approchez et rendez-vous compte, en me touchant, que je suis de chair et d'os : Videte manus meas et pedes meos, palpatc et ridetc : quia spiritns carnem et ossa non hahet, sicnt me videtis habere. . . Mais, au moment où cette apparition a lieu, l'un des onze est absent, Thomas. A peine est-il de retour, que les dix, plus favorisés, lui disent : nous avons vu le Seigneur : VidittiKs Do)ninKi)i. , . Vous savez le reste: Si je ne vois la trace des clous dans ses mains, répond Thomas, sije ne mets mes doigts dans les trous de ses pieds, si je ne plonge ma main dans son côté, je ne croirai point. . . Et vous savez aussi, avec quelle condescendance Notre Seigneur se prêta, quelques jours après, aux exigences de l'Apôtre. . . Devons-nous le blâmer, cet apôtre, et lui tenir rigueur de ses désirs trop peu respectueux? Gardons-nous en bien -, son incrédulité, devenue proverbiale, nous a valu une des meilleures preuves de la vérité de la Ilésurrection. Marie Madeleine qui a cru très vite, dit saint Grégoire le Grand, nous a été moins profitable que saint Thomas qui a douté longtemps : Minus cni)n mihi Maria Magdalenc prsestitit,. quœ citiiis credidif, qtia)ii Tlio)}tas qui diu dulntavit (1).
Et maintenant, que manque-t-il à la démonstration ? Rien, plus rien. Il y a suraijondance de preuves. . . Et nous n'avons plus
(I) Urev. lloiii. in Asceiis. Domini. Lect. 7,