‹ Une deuxième année de prédicationChapitre 70 sur 172 · PLAT. — LK SYMB. DES AP · texte numérisé non relu

PLAT. — LK SYMB. DES AP

S'Jf) LK SYMIiOLE l»KS APOTRKS

lit' le chantait David, il y a ti'ois mille ans, dans sou deuxiènic Psaume, il se rit de toutes les puissances ennemies conjurées à sa perte: (Jaarc fremuerunt yentes, et popidi mcditati sioii induin . . . Qui habitat in ca^lis irridehit cas, et Domiiius si(li>«niiiabit f'os (i).

Jésus Christ est assis à la droite de Dieu, le Père tout puissant : Ad âextcraiii Dci Patris omnipotentis. . . A la droite d(î Dieu, le Père tout puissant, qu'est-ce à dire? Faut-il s'en tenir cette fois au sens littéral ? Non, pas plus que pour ce qui précède. Dieu n'a pas de corps, Dieu est pur esprit, c'est-à-dire tout esprit, rien qu'esprit, il n'a ni gauche ni droite. C'est donc encore ici une expression figurée. Être assis à la droite de Dieu, cela signifie : qu'au ciel, Jésus Christ est l'égal du Père, le consulistantiel du Père, tout puissant comme le Père, éternel comme le Père, infini comme le Père, Dieu comme le Père, Dieu de Dieu, lumière de lumièr(\ vrai Dieu de vrai Dieu, qui, .s'étant fait homme dans le temps, et devenant ce qu'il n'était pas, n'a rien perdu de ce qu'il était avant tous les temps : Nm^tra siisci- ])i('iis, et pyopriu lunt (nnillciif<, comme le dit saint Léon (i2).

.Mais hâtons-nous d'ajouter, cette remarque est capitale : que ce n'est pas seulement en tant que Dieu, que Jésus Christ est assis à la droite du Pèi-e, mais encore en tant qu'Uomme-Dieu. — C'est comme Homme-Dieu que Jésus Christ est monté au ciel; en tant qu'il est Dieu, il ne l'a jamais quitté, parce (in'en cette qualité il est partout, et ne saurait passer d'un lieu dans un autre. — C'est comme Homme-Dieu que Jésus Christ a été élevé au ciel des cieux, et par delà le ciel des cieux: Asrciidii xiiper omucs cœlos i'A) ; en tant qu'il est Dieu, il tire de sa propre nature d'être infiniment supérieur à tout être créé ou même créable (Vi. — Enfin, et pour conclure, c'est comme Homme- Dieu : que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans le ciel, au dessus des Principautés, des 'rr(")iies, des Vertus, des Dominations; finalement, au dessus de tout ce qui a un nom dans le siècle futur, aussi hien que dans

(1) PSAL. H.

{"1) Brev. Rom. in fcsl. circiiiii. Lcct. (1.

(!]) Eph. c. m.

(i) S. Thom. III p. q. i-viii, art. 1, 2, 3.

xxvi. — i:si' MoN'ii': aix ciki x 227

lo siècle })r<''suiit, vl qu'il a tout soinnis ;ï son empire: Stisnirnix eum a mortuis, et conslituois ad (Ic.rferam snani i>t cœleslihi(s, super omnem Pi'incipatiirn, et Potestatcm, et Virti(te)n, et Dnminallonem, et om)ie i)utne)i. quod iiaynliialur, no)i solnm in hoc sa'culo, sed eti((tti in futurn, et omuia sabjecit nuh 'pedibus ejtis (i).

Et maintenant, de ces v»'>rit(''S principales, qui forment le fond du m\stère, et dont je viens de faire l'exposé, j'ose le croire, en toute exactitude de doctrine, voyez quelles conséquences d(''Coulent comm<^ de soui'ce.

Jésus Christ est assis à la droite de J)ieu le Père, non seulement en tant qu'il est J)ieu, mais encoi-e en tant qu'il est homme:

Nous avons donc au Ciel, en sa |)ersonne, un frère, rie UK'nie nature que nous, de même sani^- que nous, un vrai ïvt'vc: Frrder etiim et eiirt) uostra est (2'i; mais un frère secourahle, (jui peut beaucoup poui- nous auprès de Dieu, tout conuiK; les fila de .lacob avaient, à la cour du Pharaon d'Kgypte, un frère très opulent qui leur vint en aide dans les jours où la disette était au pays de Chanaan (3). — Joseph, le second du royaume, et usant de son crédit auprès du prince son maître, pour accorder aux siens des faveurs signalées, est certainement une des plus belles ligures de Jésus Christ, Dieu et homme tout ensemble, assis, en cette double qualiU'-, à la droite du Père, et usant de cette haute situation, si je puis ainsi parler, pour répandre des bienfaits sur les liommes, ses frères mallieureux.

Jésus Christ est assis à la droite de Dieu le Père, non seulement en lanl ((uil est Dieu, mais encore en tant «piil (>sl homme :

Nous avons donc au Ciel, en sa [X'i'sonne, un représentant,

(l)Ei'H. c. iir, V. "2(t cl s("i(. — S. .Ic;iii Chrysostomc ]u)<r celte i(iii'sii(iii : hes deux natures du Sauveur, (|iu'lle est celle, à la(iuclle Dieu a dit : Asseyez-Vdus à nui droite? Sans aucun dnulc, rcpoud-il, c'est celle qui autrefois entendit cet arrêt: Tu es terre, et tu redeviendras terre... Du .sorte que l'homme qui était placé si bas; qu'il ne pouvait plus descendre, est élevé si haut qu'il ne peut davantai'e monter. .\p. L. DE Grenade. 1. i des Sermons, |.. !28C).

{"D ('.EX. c. X.XXVll, v. 2".

(:!) Ihid. c. xiAii.

i228 LE symbolp: des apôtres

un gérant de nos intérêts les plus chers, disons le mot qu'il faut dire ici, le mot de saint Paul, un médiateur: Unus mediator Dci rt honninum, homo Christus Jésus (i)... un médiateur, au sens le plus absolu du mot: qui mieux qu'un Homme-Dieu pouvait rapprocher, et faire se donner la main, ces deux extrêmes si opposés. Dieu irrité et l'homme coupable?... un médiateur très agissant, toujours en exercice, et, selon un autre mot de saint Paul, semblant n'avoir d'autre but, d'autre fin, d'autre i-aison d'être de son existence dans le ciel, que d'intercéder sans cesse en notre faveur : Sempo' vivens ad interpellandnm pro itohis (2) . . . un médiateur très écouté, très autorisé : Mes chers enfants, écrivait saint Jean aux premiers fidèles, je vous dis ces choses, afin que vous ne péchiez point; s'il arrive pourtant que ([uelqu'un pèche, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste par excellence: Adrocation habemus apud Patron, Jesioii Chrlstuin, jastum (3)... donc, un m(''(liateur très autorisé, très écouté, qui ne prie pas seulement, comme l'explique Bossuet, pour qu'on nous fasse; miséricorde, mais qui [)rouve qu'on doit nous faire miséricorde (4). Comment cela? Ouel langage tient-il, à cet effet? Quelle sorte de plaidoirie emploie-t-il, cet avocat sans égal? Aucune autre que celle-ci : il se montre: Apparet vultui Dei pro nobis (5); il se montre à Dieu, avec ses mains et ses pieds percés, son côté ouvert, toutes ses plaies enfin, qu'il conserve et gardera toujours dans sa chair glorifiée, comme la preuve vivante du sacrifice sanglant qu'il a olfert pour nous, du prix infini qu'il a payé pour nous, des mérites infinis qu'il s'est acquis, mais qu'il a faits nôtres par sul)stitution.

C'est-à-dire, si nous l'entendons, qu'au ciel, en tant qu'il est Dieu et honmie, Jésus Christ n'est pas simplement un frère, ni même seulement un médiateur, mais un Pontife : Habenies ergo pontificcm magnum qui poietravit cœlos, lésion Filiuni i)ci(6)... un Pontife, qui est entré au vrai Saint des Saints, dans le ciel,

(1) 1 TiM. c. II, V. 2. (5) Heb. c. IX, V. 24.

(2) Heb. c. vu, v. 25. (0) Ibid. c. iv, v. 14.

(3) I JOANN. c. II, V. 1 .

(4) Serni. sur l'Asc. t. 5, p. 267,

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