C.nlecli. lUnn. rap
(Uorieux pour Notre Seigneur Jésus Clirist, et pour nous très salutaire: tel nous est apparu, dans la précédente Instruction, !(^ mystère de rAscension.
Mais le sujet n'est pas épuisé. En ce qui nous concerne, d'autres avantages viennent .s'ajouter aux premiers.
En trois mots, le Catéchisme Romain les résume, et nous les lait apprécier.
F'ar l'Ascension de Notre Seigneur .lésus (Christ :
i^a foi devient infiniment plus méritoire : Prinmm ntim (iilri nasitrar incrilo tncu-iniKs vumidus accessit.
1/cspérance est singulièrement affermie: Chrisli in cn-hnn asccHsus, ad confirmandam sjjcm ma;/ mon momcntum Jiahrf.
iA\ charité elle-même s'accroit et prend vei'S le ciel lui nouvel t'ssor : Jliic qaocjKc bcm'ficium coiuiccuti santxs : ijuod ainorcm noslnon ad ccelnni râpait, ac dirino Spiritii infhonniarit (\).
(1) St Thomas donne le même enseijînenieni, et eu ternies à peu près idenlii|iies. III p. q. Lvn, art. I. et ti. — ('.eut fois, avi cours de cet ouvraije, nous avons eu occasion de faire cette reuiar(]ue : (lu'entre le C-itéchisnie Romain et
232 LE sy:\ibole des apôtres
Le cadre à remplir est tracé. Dieu nous aide de sa grâce! ..,.
C'est la pensée du prince de la théologie, saint Thomas : que l'Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ dans le ciel, bien qu'ayant eu cet effet matériel, de le dérober pour toujours à nos regards, nous a procuré plus d'avantages, que ne l'eût fait stt présence corporelle continuée sur la terre : Ipsa Ascensio Chrisli' i)i cœlum, qua corporalem suani prœsentiamnohis substraxit, mugis fuit utilia iiohin, qiiam jwœsodia corporalis fuissel (1 1. A première vue, certes, voilà un enseignement bien propre à nous étonner. Comment pouvez-vous, grand Docteur, soutenir cette thèse : que l'absence de Jésus Christ nous est plus profitaljk' que sa présence'.' Qui n'a envié, à une heure ou à une autre de sa vie, la condition exceptionnellement privilégiée des Apôtres et de leurs contemporains ? Ils voyaient Jésus de leurs yeux, ils h' touchaient de leurs mains, ils l'entendaient de leurs oreilles, ils recueillaientavec avidité les paroles qui tombaient de ses lèvres, ils étaient les heureux témoins de ses miracles. Un jour, c'est une peuplade venue de loin, qui accourt vers Jésus en criant : Nous voulons voir Jé.sus : Vohntms Jesutn r/(/('>v(2i. Une autrefois^ c'est l'hémorroïsse, malade depuis douze ans, qui se dit en ellemême : Si seulement je viens à bout de toucher la frange de son manteau, je serai guérie ; elle le fit, et fut guérie à l'heure même : Et salva facta est millier in illa liova (.3). L'Évangile est plein de traits semblables. Si Jésus Christ fût resté sur la terre : toujours bienfaisant, et plus beau que jamais depuis sa résurrection, il eût réjoui le monde de .sa présence. Comme autrefois le Macédonien à saint Paul, mais à bien i^lus juste titre encore, chaque contrée, tantôt lune, tantôt l'autre, du globe terrestre soumis à
la vSomme théologiquo, il y a une couforniilû parfaite, non seulcmi-nil quant aux choses, mais encore quant à la manière de les exprimer. On ne s'en étonnera pas, si on se rappelle que, des (juatre théoloi^iens, rédacteurs du (".atéchisme Romain, trois étaient Dominicains, tous les trois, connue il est facile de le croire, tout remplis de la doctrine du grand théologien de leur Ordre, saint Thomas.
(1) III p. q. LVii, art. \.
("2) JoANN. c. xn, V. ^I.
(3) Matth c. ]x, V. 22.