‹ Une deuxième campagne laïque, vers la séparationChapitre 1 sur 71 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

sur roppoilunité de celle qu'on nie demandait, ne voyant dans la publication de mes discours aucun iutérrt distinct de celui qui s'attache aux discours mêmes.

Le volume reproduit dans un cadre aussi exact que possible quinze mois de luttes parlementaires, les plus vives, les plus âpres, les plus irritantes qui furent jamais. En replaçant devant les yeux du lecteur des scènes agitées et parfois émouvantes, dont il a été déjà témoin, il lui permet de revenir sur ses impressions premières, de les conlirmer ou de les modifier suivant ses propres convictions ou suivant la leçon des événements. L'auteur des discours doit se tenir pour satisfait de ce résultat, quel qu'il soit. C'est même pour cela qu'il a consenti à laisser paraître ce volume. Il ne saurait avoir la prétention de convertir à ses idées les hommes de bonne foi qui les ont repoussées jusqu'ici. Tout au plus lui est-il loisible d'espérer que le temps et la succession des événements, dont aucune sagesse ne peut s'abstraire, opéreront en partie ou complètement un pareil changement dans un certain nombre d'esprits. Ce moment n'est sans doute pas encore venu. S'il doit arriver, ce sera quand l'inexorable fatalité des faits se sera traduite en mesures législatives définitives. Les rétlexions consignées dans une préface ne peuvent rien pour le hâter.

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Toutefois il n'est pas iiilerdit d'en apercevoir et d'en montrer des signes avant-coureurs, qui semblent présager des solutions très prochaines.

Quand le dernier président du conseil, poussant toujours plus en avant la lutte sans trêve ni meici qu'il avait engagée contre le cléricalisme, a annoncé, dans son discours d'Auxerre, qu'il i)oserait ofliciellement devant les Chambres la question de la séparation des Elglises et de l'Etat, la presse catholi(|ue l'a iJiis (le très haut avec lui, le i"aillant avec la lourdeur d'esprit qu'on lui connaît, l'injuriant de même suivant des habitudes acquises, qui sont devenues pour elle une seconde nature, et surtout le défiant de mettre son projet à exécution. Elle s'est dispensée d'émettre à ce sujet la moindre réserve, croyant répoudre par sa désinvolture et ses airs de matamore aux dispositions intimes du Vatican.

Même elle s'exprimait avec une telle arrogance que beaucoup ont pu conjecturer, sans la moindre malice, qu'elle avait reçu d'en haut, sinon des instructions et un mot d'ordre, du moins certaines communications indirectes et des demi contidences. Les journaux du centre, ainsi que les feuilles nationalistes, faisaient chorus avec les organes de droite, l'esprit clérical les animant tous à des degrés divers.

Au reste, même en admettant que le Vatican ne

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