I.A CIRCULAIRE AUX PRÉFETS
(Applauflissemenh à l'extrême gauche et sur divers bancs à gauche. — Bruit au centre) ; il est de sou intérêt de persévérer dans une union faite de concessions réciproques et sans laquelle il faut dire adieu, sinon pour toujours, du moins pour longtemps, aux réformes démocratiques impatiemment attendues par le p^yi^j Exclamations ivnniqnesau centre et à droite. — Applaudis.mnents à Vcxtrème gauche et à gauche.)
Je refuse, pour ma part, de prendre au sérieux les attaques dirigées contre une circulaire qui n'a d'autre tort que celui de confirmer une pratique suivie depuis plus de vingt-cinq ans par le parti répul)licain. Non, je neveux pas les prendre au sérieux, parce que vous savez l)ien que le système indiqué par la circulaire esl destiné à mettre Un à un autre système détestable que nous avons bl;\m('!. Celui que nous avons adopté ne jusiilie aucune des objections passionnées et violentes qu'on a dirigées contre lui.
Ce que je prends au sérieux, parce que c'est bien là ce qui se dissimule derrière cette discussion, c'est un changement de politique auquel on voudrait vousconduire. (Applaudissements à l'extrême gauche et à gauche.)
Quant à moi, messieurs, qui ai été attaqué avec une passion (lui a dépassé toute mesure [Très bien ! très bien!), j'ai conliance dans la justice de la Chambre et si, par cas, la justice (le la Chambre me faisait défaut, j'en appellerais à la justice du pays. [Vifs applaudissements à i'e.rlrême gauche et à gauche.)
A la suite du (i(^bat, la Chambre repoussa l'ordre du jour pur et simple, par 291 voix contre 280. Elle accorda ensuite la priorité, par 293 voix contre 274, à l'ordre du jour de confiance de M. Bienvenu-Martin.
Au moment du vote sur le fond, M. Mulac, député de la Charente, demanda au Gouvernement la condamnation délinitive du système des liches. M. Combes monta à la tribune pour faire une déclaration, qui provoqua une profonde satisfaction à gauche.
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Je ll'épi'OUVO lli dUliCUlté,
ni hésitation à douiier satisfactioii à l'iiouorable M. Mulac. (Interrnptions à droite ri /tu centre. — Mouvements divers.)
M. Maurice Binder. — Vous êtes d'accord !
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Je scrais effectivenieni enchanté d'être d'accord avec M. Mulac : car les seulimenls qu'il a, exprimés soûl ceux qui résultent de mou discours lui-même.
J'ai condamné à plusieurs reprises, vous le savez, le système dont M. Mulac vient de parler.
M. Maurice Binder. — Ne dites pas cela ! Vous en vivez ! ■ (Bruit à gauctie.)
M. LE président du conseil. — Je répète très volontiers au nom de M. le ministre de la guerre, au nom du Gouvernement tout entier, que nous réprouvons le système des fiches, que nous le condamnons, et que uous le condamnons pour toujours. [Applaudissements à yanctie.)
M. Fabien-Cesbron. — C'est une comédie dont nous ne sommes pas dupes.
M. Charles Benoist. — (^e n'est pas une comédie, c'est une farce ! {Bruit à gauche.)
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Il a pli être jout' tout à l'heure une comédie. . . (Très bien ! très bien t à gauche et à l'extrême gauche.)
M. Maurice Binder. — C'(ïst vous qui la jouez ! (Bruit.)
464 LA CIRCULAIHE AUX PHKFETS
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — J'ajoult' qiu' \c Gouvernemeat, couséquent avec lui-même, eu condaumaut le système des fiches et eu le coudamuaut à jauiais. . .
M. LE COMTE DE Lanjuinais. — C'cst lul qui l'a iuveuté ! (Exclamations à l'extrême gaucïie.)
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — ... A décidé égaleuieut d'accepter uu article additionuel à la loi de finances déposé par uu membre de cette Assemblée et coudamuaut les notes secrètes. [Vifs, applamlissements à l'extrême gauche et à gauche.)
M. Jean Bourrât. — Ou n'applaudit plus à droite.
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Nou Seulement le Gouvernement ne fera pas d'opposition à l'acceptation de cet article, mais il le soutiendra. J'espère que ma déclaration donne à M. Mulac la satisfaction qu'il a demandée. {Nouveaux applan- (lissemenfs à rextrème gauche et à gauctie.)
L'ordre du jour de M. BienvenuMarlin rénnil, sur le fond, 293 voix contre 265.