‹ Une deuxième campagne laïque, vers la séparationChapitre 62 sur 71 · Journal officiel. Partie non ofUcielle, 20 j-iuvier IWj · texte numérisé non relu

Journal officiel. Partie non ofUcielle, 20 j-iuvier IWj

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pas d'espérer que je puisse conduire ce programme ;ï bonne lin.

Je suis traqué depuis dix-huit mois par une coalition d'ambitions impatientes et de haines cléricales ou nationalistes.

Ces ambitions, ardemment et persévéramment servies par ces haines, ont mis tout en œuvre pour désagréger le bloc formé des groupes de gauche et émietter progressivement la majorité.

Elles y sont enlln parvenues.

Déjà, au mois de mars de l'année dernière, les coalisés ont failli, par une interpellation fameuse, sournoisement préparée, arrêter net le vote de la loi portant suppression de l'enseignement congréganiste, et il n'a pas dépendu d'eux que les 385 congrégations enseignantes d'honnnes et de femmes visées par cette loi échappassent à la dissolution.

Ils n'ont rien négligé depuis lors pour rompre l'union des gauch(>s el augmenter le nombre des républicains dissidents.

J'ai lutté pied à pied contre leurs manœuvres, sans lassitude et sans faiblesse. Si je ne prenais conseil que de mes sentiments, je serais tout disposé à lutter encore, certain d'ailleurs, en dépit des défaillances individuelles qui se .sont produites dans les rangs de la majorité, d'avoir avec moi la France républicaine.

Mais il m'est facile de reconnaître que je suis exposé à être mis en minorité d'un instant à l'autre, à l'occasion de quelque incident de séance étranger à la politique générale du Gouvernement. Cette politique risquerait d'en être atteinte.

LETTUE A A), LE PHÉSIUE.NT DE LA RÉPUBLlylE 525

J'ai donc le devoir de me retirer, au lendemain d'un vote qui a consacré solennellement encore une fois la politique et le programme du ministère que j'ai l'honneur de présider.

Pour si réduite que soit la majorité parlementaire dans la Chambre, elle n'en est pas moins la majorité : elle n'en représente pas moins constitutionnellement la volonté du pays républicain. Ses décisions doivent faire loi pour le gouvernement de demain, quel qu'il soit, comme elles faisaient loi pour le gouvernement d'hier.

De quelque confiance présomptueuse dans l'avenir que se targue à l'heure présente la réaction cléricale et nationaliste, j'ai foi dans l'union des groupes de gauche pour défendre et continuer l'œuvre d'affranchissement intellectuel, de progrès social et de rapprochement entre les peuples que mon ministère a accomplie d'accord a\ec elle. Et, eu même temps, j'ai foi dans le pays républicain pour réconforter et soutenir la majorité, dans les circonstances critiques que nous traversons.

Votre bienveillance, monsieur le Président, n'a jamais fait défaut au ministère. Je me plais à vous eu remercier eu mon nom et au nom de mes collègues.

Agréez, monsieur le Président, l'hommage respectueux de notre reconnaissance et de notre dévouement.

ÉMU.E CoMliKS.

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