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qirà votre association. Et pourquoi ne seraié-je pas fier do présider un pareil banquet, où sont venus en foule de toutes les parties de la France les représentants autorisés du commerce et de l'industrie, véritable élite de la nation agissante, qui honore la République autant qu'elle la sert par l'ensemble de ses qualités morales, sa loyauté, sa probité, son amour du travail et son intelligence des affaires? (Vifsapplauflmeinents.)
Messieurs, à cette fierté que j éprouve d'être entouré de pareils convives se joint un sentiment de profonde reconnaissance pour votre œuvre si éminemment républicaine, où le désintéressement de l'intention se révèle si nettement dans la hardiesse de la conception et les risques encourus. Il fallait plus que de linitiative, mon cher 3Iascuraud, il fallait du courage pour l'oser, il fallait aussi de la constance pour la conduire au point où vous l'avez menée. Vous pouviez craindre que l'opinion publique, mal préparée à voir des industriels et des commerçants se mêler aux luttes des partis, se détournât de votre comité. Vous pouviez appréhender aussi que des rivaux jaloux ne prissent texte de votre entreprise pour discréditer vos maisons. Vous heurtiez manifestement les idées reçues. 11 était de tradition jusqu'il vous que le monde des affaires devait se tenir complètement à l'écart du monde de la politique, sous peine de participer h l'instabilité qui trouble cette dernière et aux divisions qui la déchirent. On admettait généralement que ces deux théâtres de l'activité humaine se rencontrent seulement en ce point que la prospérité des affaires dépend, en règle générale, de la bonne direction imprimée à la politique.
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Vous ne vous êtes pas laissé arrêter par les idées courantes, et, loin de vous isoler de la politique, c'est sur elle, c'est sur la connnunauté des sentiments qu'elle engendre, que vous vous êtes appuyés pour rapprocher les industriels et les commerçants dans des comités inspirés par les convictions politiques les plus fermes et par le dévouement le plus entier à la Képublique. (Applauditmeinerits.)
Il n'en est pas chez vous, à vos ban(]uets, comme dans les comités formés à votre imitation par les industriels et les commerçants de l'opposition. On peut y faire l'éloge de la République; on peut y port(U" des toasts à M. Loubet au milieu d'acclamations unanimes et sans que des voix discordantes éclatent en murnuues aussi malencontreux qu'indécents. (Bravos.)
Aussi, vous et vos collègues, mon cher Mascuraud, vous méritez plus que de banales louanges ; vous méritez la gratitude de tout le parti républicain.
Quant au Gouvernement, qui n'a cessé de suivre d'un œil attentif la marche continue de votre organisation, il puise dans vos progrès constants, comme vous le disiez vous-même tout à l'heure, un réconfort et, en outre, la conviction ferme que sa politique générale, si violemment attaquée par la réaction, si calomnieusement dépeinte connue étant néfaste au pays, n'a rien de compromettant pour la fortune publique, puisque les industriels el connnerçants, si déliants de leur nature et si mal disposés pour toutes les causes d'agitation, applaudissent aux actes du ministère et se groupent joyeusement autour de lui pour le seconder dans sa tâche r( • pu h) i ca i n (' . (.!/>/) lu Kdistiem t'u fs.)
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Messieurs, je peux constater, après votre honorable président,, que les événements ont consacré votre association et couronné nos efforts communs. Jamais le crédit de la France, en dépit des crises économiques et flnancières qui sévissent depuis quelques années sur les deux mondes, ne s'est présenté sous un jour plus ra.ssurant. II dépend de nous que cette perspective garde toute sa sérénité.
Ce n'est pas que l'opposition n'ait fait rage pour semer dans les milieux industriels et commerçants le trouble et l'inquiétude. A défaut de réalités menaçantes, elle a évoqué à tout propos les vieux spectres de la faillite financière, ces croquemitaines habituels de la polémique réactionnaire. Elle s'est attaquée tour à tour ou simultanément à la rente de l'État, à notre trésorerie, à nos caisses d'épargne.
Les oscillations de la rente, si légères qu'elles fussent, lui ont servi de thème pour alarmer les porteurs de titres et répandre la panique dans le marché. Avec un peu de bonne foi. elle aurait trouvé l'explication de la lourdeur passagère des cours dans la surcharge des portefeuilles, à la suite de l'opération de la conversion.
Mais l'opposition de nos jours n'a pas les scrupules des partis fortement organisés, qui se sentent faits pour le pouvoir et qui se gardent bien de l'avilir dans la personne de leurs adversaires, par crainte de le déconsidérer d'avance eu eux-mêmes. {Ai)plau(iissements.)
Elle n'est pas un parti, elle est un ramassis de partis, un ramassis de partis déchus, qui n'ont de commun entre eux qu'un vieux fonds d'idées rétrogrades. {Applaudissements.) Il ne lui a pas suffi de mettre la baisse de l;i rente au compte
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du Cabinet ; elle a parlé des risques prétendus que ses titres couraient en termes calcuhis pour la desservir au prolit des valeurs étrangènis. Et là est l'explication de cet exode de capilauv dont s'applaudissait naguère un ministre italien, (|iii se félicitait de devoir à ce fait l'amélioration du change.
ConcurremmcMit a\ec celle besogne si peu honorable, la môme opposition a entrepris de vider les caisses du Trésor, de les d(Mnunir des avances indispensables à la marche journalière des services publics. Elle a donné pour mot d'ordre à ses adhérents, le refus de l'impôt. Ce moyen révolutionnaire de rendre impossible l'administration a paru tout naturel à des conservateurs, à des hommes qui se posent tous les jours en défenseurs des saines pratiques de l'administration. Que leur importait une contradictiondeplusou de moins, si l'effet devait en être de n'duire à l'impuissance un Gouvernement républicain? (Vifs applniidlsseinenta.)
Le dénigrement des caisses d'épargne rentre aussi dans ce système, il n'est pas d'insinuations et de perfidies qui n'aient été dirigées contre cette institution si populaire et si utile. L'art des Hasiles s'est exercé contre elle avec une persévérance qui ne s'est pas rebutée un seul jour. (Bravos rë pétés.)
L'œuvre était relativement aisée. Elle .s'adressait à la partie de la pni)ulation la plus ingénue et la plus crédule. Chacun de nous sali, en effet, avec quelle promptitude des craintes vagues, pnur ixmi (|u'elles soient habilemenl insinn('es. enliainenl les masses par une inq)nlsion irréfléchie. Le mou\ement une fois c(»mmencé se comnuuiiquede proche en proche. Il fani bien pins de temps à l,-i l'étlexion pour
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agir en seWs contraire. Car c'est le temps surtout et, avec le temps, llmproductivité des sommes retirées qui finissent par rétablir la proportion normale entre les dépôts et les retraits. En cette matière, les remords pour l'opposition, si toutefois elle en a, c'est que les petites bourses auront été les seules à souffrir des terreurs suggérées par les riches de la réaction.
Quant au crédit public, quant à l'état général des affaires, il n'en a été nullement troublé. {Vifs applaudissements.)
M. le ministre des finances, dans l'exposé si lucide et si convaincant qu'il a fait à la Chambre, lors de la discussion budgétaire, a \engé le crédit public des manœuvres odieuses qui tendaient à le déprimer. 11 a montré la rente de l'Etat se soutenant par sa vertu propre, tandis que toutes les valeurs baissaient autour d'elle, et même conservant sur les autres fonds, quand elle fléchissait momentanément, uiir incontestable supériorité. Nous n'attendons pas de la passion politique qu'elle désarme devant cet éloge mérité, rendu à la solidité de notre crédit par un juge de premier ordre, qui n'a jamais passé pour un charlatan de patriotisme. iBravos.)
Mais, messieurs, à défaut de la justice des partis, nous renvoyons les hommes impartiaux aux chiffres officiels de notre commerce national, qui témoignent clairement de la bonne situation de nos affaires. Vous-mêmes, messieurs les membres du Parlement, vous avez pu en observer la répercussion dans les chiffres du budget, où les phis-values de l'année dernière se sont traduites en augmeiilalions, tant sur les prévisions budgétaiies que sur les iccettes effectuées pendant l'exercice antérieur.
Je me reprocherais connue nue iinitililt' d'insister devrmt
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niic réunion do parlfMnenlairfis, de négociants et d'industriels, sur la baute sigiiilicalion de ces faits économiques. Il n'est pas jusqu'à la mauvaise humeur de l'opposition, jusqu'à ses \ aines tentatives pour amoindrir l'effet moral de ces constatations, qui iiVu rehaussent l'importance aux yeux des juges de bonne loi. [Applaudiasements.)
L'opposition ne nous pardonne pas de faire honneur de (vt ('tal (le (iioscs à la République. Mais, messieurs, à (|ui donc et à quoi prétend elle l'attribuer? Aux qualités natives de notre race? à l'excellence de notre tempérament? à notre esprit d'initiative? à nos habitudes d'économie? Ah! messieurs, oui. il y a de tout cela dans l'état prospère que nous constatons. Oui. certes, nous souscrivons de tout cœur à l'éloge mérité de notre caractère national. Mais de quel droit exclurait-on de cet éloge un régime politique qui garantit à nos qualités originelles la plus large extension ?
Quel régime a fait plus de place que la République à l'initiative de l'individu, à la vigueur morale de la personne, à la liberté de ses mouvemenls, à la paisible jouissance des fruits de son travail? Quel régime a mieux réalisé que la Républi(iue ces deux conditions fondamentales de la prospérité des nations, que M. le ministre du commerce signalait tout à l'heure, ces deux éléments essentiels d(^ lindustrie et du commerce, la tranquillité du dedans et la paix du dehors? ( Appla adiftsements prolongés. )
Notre tranquillité intérieure délie la comparaison avec tous les autres Ëlats. Elle est pleinement sauvegardée par le Jeu normal de nos inslitulions. Deux fois, à dix ans de distance, le nationalisme et h's partis monarchiques l'ont