‹ Une distraction comedie en un acte et en proseChapitre 11 sur 28 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

RIGAULT, puis JUSTINE.

RIGAÜLT.

Il était écrit là-haut que je ne mettrais pas la main sur M. Henry Verdier. Je dis Henry Verdier, car je crois connaître le nom de mon homme à présent.

JUSTINE, entrant, une lettre & U main.

Madame n’est pas là ?

RIGAULT

Non. Imagine-toi...

JUSTINE

C’est une lettre...

RIGAULT, prenant la lettre.

Bien! donne! Imagine-toi que j’arrive au n* 5, la maison à balcon, ou plutôt là maison aux Henry...

De la part de madame d’Egmond.

RIGAULT

Bien! M. Henry, s’il vous plaît? — M. Henry Menu, Mon- ^ sieur? — Oui. — Au troisième, la premici’e porte à gaucho. — Merci!

JUSTINE

Il paraît que s’est pressé !

RIGAULT

Bien! Je monte, je sonne, on m’ouvre; un octogénaire.

(Brutalement.) M. Henry Menu? — (D'une voix cassée.) C’cst moi.

Monsieur. ()u’y a-t-il pour votre service? — Vos armes! votre heure! le lieu que yous voudrez! — Permettez, Monsieur... — Point d’explication. Monsieur ! après la lettre que vous avez eu l’audace d’écrire... — A qui, Monsieur? — ^ A madame Derville. Monsieur! — Je n’ai point écrit à cette dame. Monsieur.

— Sur votre honneur? — .Sur mon honneur. — En ce cas, je

me retire; mais soyez persiiarlé, Monsieur, que si vous étiez l’auteur de cette lettre, les choses se passeraient d’autre sorte !

JUSTINE

C’est que le domestique est là. Monsieur !

Bien ! Je descends ! — Pardon ! mais ce n’est pas M. Henry Menu, que je demande; c’est M. Henry... — M. Henry Martin T

— Précisément. — Au quatrième, la seconde porte à droite.

— Merci!

JUSTINE

Mais je vous dis qu’il attend la réponse. Monsieur!

RIGAULT

Très-bien ! Je remonte, et, cette fois, je frappe.

JUSTINE, impatieiKic.

Ah!

' RI G AU LT, d'une grosse yoix.

Entrez! J’entre, et je me trouve face à face avec un officier de cuirassiei’s qui achevait de se peigner la moustache. (Trèspoliment. ) — N’est-ce pas à monsieur Henry Martin que j’ai l’honneur de parler? — A lui-mème. — Monsieur, je viens pour une lettre que vous avez eu la bonté il’écrire. — Je n’écris jamais. — Cependant... — Douteriez-vous de ma parole ? — Non, Monsieur, mais... — Vous êtes un impertinent, et vous mériteriez que je vous jetasse par la fenêtre !

JUSTINE

Très-bien !

RIGAULT

— Pardon, Monsieur; du moment que vous m’aflinuez... Et je redescends... — Mais ce n’est pas à M. Henry Menu, ni à M. Henry Martin que je désire parler; c’est à M. Henry... — A M. Henry Verdier? — A M. Henry Verdier; c’est cela même. — U fallait donc le dire ! 11 demeure au premier; mais il n’y est pas... — 11 n’y est pas?.. A la bonne heure ! Vous lui direz cela : A la bonne heure! Et me voilà! Qu’en dis-tu?

Monsieur, il y a chez ma tante une horloge qui fait tic-tac huit jours de suite sans qu’on la remonte.

RIGAULT

Eh bien?

JUSTINE

Eh bien ! c’est une drôle d’horloge, allez!

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