SCÈNE XYI
JUSTINE, HENRY, puis MADAME DERVILLE.
^ JUSTINE, ouvrant la porte de l’antieliambre.
' Monsieur Rigault ! monsieur Rigault! (Elle entre.) Tiens! où est-il donc ?
HENRY, piraissant sur le seuil.
Vous ne le trouvez pas ?
JUSTINE
Ma foi. Monsieur, je ne sais ce qu’il est devenu j à moins qu’il ne soit descendu par le petit escalier. Si Monsieur veut me cbai’ger...
HENRY
Oh! c’est bien simple !.. Dites à M. Rigault que je lui tirerai les oreilles la première fois que j’aurai le plaisir de le rencontrer,
JUSTINE
Eh bien ! M. Rigault n’a pas de chance ; Madame était déjà furieuse contre lui.
HENRY
Furieuse ?
JUSTINE
A cause de ses billets de bal. Ce n’est pas que Madame soit méchante, mais quand elle ne place pas ses billets, ce n’est plus la même personne.
HENRY, souriant.
Vraiment !
JUSTINE
Il faut être juste aussi, vingt-huit billets à vingt francs font cinq cent soixante francs ; et cinq cent soixante francs ne se trouvent guère dans le pas...
HENRY
D’une mule?
JUSTINE
Non, d’un avocat!
MADAME DERVILLE, entrant.
Justine! — Vous ici. Monsieur?
HENRY
Exctise/.-moi, Madame, nue aüaire toute personnelle avec M. Rigault...
MADAME DERVILLE
M. Rigault? Mais il doit dîner avec moi, Monsieur j et si vous voulez bien l’attendre un moment...
C’est trop de bonté, Madame, et je craindrais, eit demeurant...
, MADAME DERVILLE
D’être indiscret? Pas le moins du monde, je vous jure! Jus- Uiic, un siège. Si M. Rigault se présente...
HENRY
Vous lui direz que Madame est seule.
MADAME DERVILLE
Comment?
HENRY
N’est-ce pas le plus sur moyen de l’attirer près de vous?
MADAME DERVILLE, souriant.
Soit! (Elle s’assied.)
HENRY, i part.
La voilà bien aimable. Qu’est-ce que cela veut dire?
MADAME DERVILLE, i part.
Puisque le hasard le ramène, je ne lui laisserai certainement pas croire que j’ai pu regretter des impertinences.
JUSTINE, à pan. ,
Je reconnais le sourire de .\l idame quanil elle veut placer scs billets.
MADAME DERVILLE
Plaît-il?
Rien, Madame. (eUc son.)