‹ Une échappée sur l'infini, vivre - mourir - revivreChapitre 1 sur 44 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Vous est-il jamais arrivé, par une triste soirée d'hiver, alors que la neige tourbillonne et que siffle la bise glaciale, d'entrer dans l'une de ces longues galeries où s'alignent par rangées les verres circulaires d'un polyorama ?

Vous approchez, et voilà que, dès le premier coup d'œil, vous êtes transporté dans un monde enchanté.

Ici, sur Tazur des flots de la Méditerranée que recouvre en dôme l'azur du ciel, vous voyez Alger, la ville éblouissante dont la cascade de maisons blanches semble s'écrouler jusque dans la mer, puis la Sicile avec son Etna, puis le golfe de Naples où fume son Vésuve, puis Athènes, avec

Je crois devoir déclarer, dès la première page, que je vais raconter des choses extraordinaires, essayer de décrire des spectacles dénature exceptionnelle, vous emmener, avec moi, en des régions inexplorées et me servir parfois d'un langage spécial^ approprié à des phénomènes spéciaux.

Entendons- nous bien toutefois. Ne croyez pas que j'aille emprunter aux nécromanciens leurs formules cabalistiques, enfourcher l'hippogriffe des visionnaires, ou emboucher Tune des trompettes de l'Apocalypse.

Non, je vais tout simplement répéter, après beaucoup d'autres, ce que nous ont enseigné les astronomes, les physiciens, les physiologistes, les psychologues, ce que nous ont fait connaître, surtout — c'est ici que commencent les choses insolites — certaines « révélations » spéciales faites dès longtemps à l'humanité et dont l'histoire — avec preuves à l'appui — va faire l'objet de ce modeste ouvrage.

Il est donc bien entendu que je ne prétends, ici, ni

2 liNE ÉCHAPPÉE SUR l'iNFINI

prêcher, ni valieiner, ni pontifier. Je ne fais pas (Puvre de prosélytisme. — J'expose.

Si l'on m'objecte, d'aventure, que les choses que je vais dire sont quelquefois par trop étranges, voire même excentriques, en ce sens qu'elles sortent des habitudes courantes, dépassent les traditions admises et détonnent quelque peu au milieu de ce que l'on répète, de ce que l'on écrit et surtout de ce que l'on croit communément — sans trop savoir pourquoi, par exemple,

je répondrai que c'est précisément à cause de cela

que ce sujet a été choisi, étudié et traité.

Si je réclame pour moi une telle latitude, j'en concède une nou moms entière au lecteur qui me fera l'honneur de feuilleter ce livre. Libre à chacun d'en prendre ou d'en laisser tout ou partie. 11 s'agit ici d'organisation intellectuelle, d'aptitudes spéciales, d'aspirations individuelles.

Il va de soi que ces pages ne s'adressent ni aux satisfaits, croyants ou non, ni aux indifférents, ni aux sceptiques de parti pris.

Ceux-là seuls pourront les comprendre qui cherchent plus et mieux que ce qu'ils possèdent, qui désirent s'élever à de certaines hauteurs, s'affranchir des vulgarités traditionnelles, desdogmes consacrés, de la science assermentée et qui, affamés d un certain idéal, respirant mal sous le couvercle qui nous écrase, sont tout prêts à s'écrier, comme Goethe à son Ut de mort : « De la lumière, plus de lumière encore ! »

C'est pour ces lecteurs, hommes de désir et de bonne volonté, que sont écrites les pages qui vont suivre.

Je demanderai, tout d'abord, pourquoi l'on s'étonne-

rait qu'une doctrine nouvelle, (|ue des conceptions inattendues surgissent du milieu de tous les débris qui jonchent la terre autour de nous. La science, elle-même, cette science dont nous sommes fiers et à juste litre, se sont prise d'une sorte de vertige devant ses propres découvertes.

€ Je n'ose creuser plus avant, de peur d'être obligé de conclure », disait un jour un illustre physiologiste, — Charcot, si je ne me trompe.

Les idées marchent vite aujourd'hui. Les hypothèses se succèdent, se remplacent, se dépassent et nous entraînent vers des horizons qui s'enfoncent, reculent... reculent si bien, même, qu'ils nous rapprochent de Tinvisible, du paradoxal — le paradoxal d'aujourd'hui qui, demain, sera la vérité.

Écoutez un savant : « Les fluides électriques, magnétiques, calorifiques et lumineux, dit Berlhelot (1), fluides que l'on admettait, il y a un demi-siècle, n'ont déjà pas plus de réalité que les quatre éléments des anciens. Ces fluides, avec les progrès de la science, sont réduits à un seul, Véther,et voilà que l'éther des physiciens et l'atome des chimistes s'évanouissent, à leur tour, pour faire place à des conceptions plus hautes, qui tendent à tout expliquer par les seuls phénomènes du mouvement. »

Nous verrons ultérieurement à quoi nous amène la conception de cette force invisible, qui elle-même dépend d'une cause également invisible, intangible et impondérable. (Voir la note 1 à la fin du volume.)

Voilà donc que craque notre vieux monde. Il craque dans sa science que déconcertent ses trouvailles merveil-

(1) Origines de la chimie.

Sun L INFI.M

i|uï a vu crouler lant de qui osdilc et parfois se [tii s'eDbiidre, dans s;i rcliégoùt, renverse ses vieux

c dans notre société dëseniiièine, nous dodareque tout syntlièse, void que se préî — nouvelle pour nous, lité — qui, elle aussi, proallii^se universelle, scientisyntlièse qu'elle établit et i ensemble de son êcono-

évoiution.

s des coteries sacerdolalcs ^ne Nus, i|ue nous aurons ont, le monde est en qu6tc cherchons peut (;lre enfoui, passé, que caché dans les regarder partout et avoir très près ce qui l'ait rire le

d'abord. Il a ri des tables ntces, des communications [ en convenir, qu'obtenaient ^irites », plus ou moins cod-

'c, il ne s'agit nullctnent ici

[ii'ont déconsidéré certains promettants. Et l'on a ri, en

eiïel, de ce phénomène fertile en curiosités de mauvais goût dont on s'amuse en société, quand, sur la table desservie, se rangent les mains étendues, dans le désir n ullement déguisé de voir des « choses drôles » .

Est-il nécessaire de répéter que ce n'est point de cela que nous nous occuperons. ïl s'agit, ici, de choses sérieuses, de science, de philosophie, de morale, de religion, en un mot des « merveilles de la vie invisible »>, c'est-à-dîre des plus hautes préoccupations qui puissent hanter le cerveau de l'homme qui pense, qui veut savoir, qui yeut comprendre (1).

Tant pis pour ceux qui n'ont trouvé (|ue de ridicules manifestations, ^ans ce que nous ont révélé les voix austères des « grands ancêtres » et qui, dans l'ombre du temple dont les portes s'entr'ouvrent, n'en ont vu ni les gigantesques colonnes, ni les voûtes splendides, ni les mystérieuses profondeurs.

C'est dans ce temple que nous allons entrer.

J'ai beaucoup cité dans ce livre. J'ai transcrit des pages entières, d'abord parce que ces pages sont fort belles, et ensuite parce que, en ces matières ardues, j'ai voulu m'entourer de témoignages dont l'autorité fût difficilement contestable.

(1) L'auteur de ce livre pourrait témoigner, par une attestation personnelle, de toutes les consolations que l'on peut puiser dans cette foi nouvelle si, sous l'étreinte de déchirements secrets, il ne voulait se garder de tout étalage de douleur, dans le sentiment d'une sorte de pudeur morale.

tra plus loin, je ne saudont je me suis inspiré, dans la riche moisson herchcurs — véritables épouvante aucune esca- «s d'où ils reviennent,

t c{ieur(l).

,blii>!h6i|iie d'ouvrages spérie des Sciences psychiques

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