‹ Une échappée sur l'infini, vivre - mourir - revivreChapitre 23 sur 44 · LE PLUS GRAND DES TÉ^IOINS · texte numérisé non relu

LE PLUS GRAND DES TÉ^IOINS

Ce témoin hors ligne, c'est William Crookes. C'est tout d'abord avec le concours de M. Home, le célèbre médium, qu'il commença ses essais, et ce n'est qu'au bout de quatre années d'expériences consécutives qu'il arriva au but qu'il s'était proposé.

Il ne se contenta pas du concours de M. Home ; il fit aussi appel à celui de M*'^ Kate Fox (notre ancienne connaissance d'Amérique), qui s'était révélée dès le début des phénomènes spirites comme un médium des plus remarquables.

Il s'adjoignit encore divers psychiques de la Société de Londres et enfin M"^ Florence Cook. C'est avec le concours de ces puissants auxiliaires qu'il rendit manifeste, irréfutable, le plus incroyable, à coup sûr, de tous les prodiges imaginables.

La parole est à M. William Crookes (1).

(l) Recherches expérimentales sur le Spiritisme,

-ioH L>E ÉCHAPPÉE SUR l'iNFIM

« M'^" Fox m'avait promis de me donner une séance chez moi. un soir du printemps de l'année dernièri^

<< Pendant que je l'attendais, une damedenosparcHlos et mes doux (ils aînés se trouvaient dans la salle à manijfer où j introduisis M"° Fox. Je dis à mes deux fils d'aller dans la bibliothèque pour y étudier leurs leçons. Je poussai la porte sur eux, la fermai à clé et, suivant mon habitude, pendant les séances, je mis la clé dans ma i)0(.he.

« Nous étant assis, nous reçûmes bientôt un message alphabétique nous engageant à éteindre le gaz. Vue nouvelle communication nous fut donnée en ces termes: € Nous allons vous produire une manifestation qui vou?> donnera la preuve de notre pouvoir. »

u Ktpres(| ne immédiatement, nous entendîmes, tous les trois, le tintement d'une clochette, non pas stationnait e, mais allant et venant de tous côtés dans la chambre, tantôt me touchant la tête, tantôt frappant sur le plancher. Après avoir ainsi sonné pendant au moins cinq minutes, celle clochelie tomba sur la table, tout près de mes mains.

« Pendant toute la durée du phénomène, personne ne bougea et les mains de iM"'' Fox demeurèrent parfiiilement immobiles. Je pensai que ce ne pouvait être ma petite clochette qui avait sonné, car je l'avais laissée dans la bibliothèque.

(( ,1 allumai une bougie. Il n'y avait pas à en douter, c'était bien une sonnette qui était sur la table. J'allai tout droit à la bibliothèque. D'un coup d'œil, je vis que la sonnette ne se trouvait plus là où je l'avais laissée. Je dis à mon fils aîné : u Savez-vous où est ma petite sonnette ? »

SPIRITISME TRANSCENDANTXL 259

« — Oui, papa, la voici, et il me montra la place où elle* aurait dû se trouver. Et lievant les yeux : Non, dit-il, elle n'y est plus; mais elle y était, il n'y a qu'un mo~ ment.

< — Que voulez-vous dire ? Quelqu'un est-il venu la prendre ?

« — Non, personne n'est venu ; mais je suis sùrqu'el!e était là, parce que, en entrant dans la bibliothèque, J. (le plus jeune de mes enfants) s'est mis à sonner si fort, que je ne pouvais étudier et je lui ai dit de cesser. J. confirma ces paroles et ajouta qu'il avait remis la sonnette où il lavait trouvée.

« Noi's voyons donc qu'il a fallu que les Esprits fissent passer cette sonnette à travers le mur pour l'apporter dans la salle à manger. Le phénomène ne peut guère se comprendre qu'en supposant que la matière peut passer à travers la matière : ce qui n'est pas impossible en somme, puisqu'on voit l'eau sous pression suffisante suinter par les pores d'une sphère en or, ou l'hydrogène filtrer à travers les parois d'un tube en fer porté au rouge et plus usuellement le pétrole à travers la porcelaine. »

Autre récit de W. Crookes :

« Le second cas que je vais rapporter eut lieu à la lumière, un dimanche soir, en présence de M. Home et de quelques membres de ma famille. Ma femme et moi, nous avions passé la journée à la campagne et en avions rapporté quelques fleurs. En arrivant à la maison, nous les remîmes à une servante pour qu'elle les mît à rafraîchir. M. Home arriva bientôt après et tous ensemble nous nous rendîmes dans la salle à manger. Quand nous fumes assis, la servante apporta les fleurs qu'elle avait arrangées dans un vase. Je les plaçai au milieu de la

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table dont la nappe avait été enlevée. C'était la première fois que M. Home voyait ces fleurs.

« Après avoir obtenu plusieurs manifestations, la conversation vint à tomber sur certains faits qui ne semblaient pouvoir s'expliquer qu'en admettant que la matière peut passer à travers une substance solide.

(( A ce propos, le message qui suit nous fut donné par le procédé ordinaire :

« Il est impossible à la matière de passer à travers la matière, mais nous allons vous montrer ce que nous pouvons faire (i). »

« Nous attendîmes en silence. Bientôt, une apparition lumineuse fut aperçue planant sur le bouquet de fleurs; puis, à la vue de tous les assistants, une tige d'herbe de Chine, de 15 pouces de long, qui faisait l'ornement du centre du bouquet, s'éleva lentement du milieu du vase et descendit sur la table entre ce vase et M. Home. En arrivant sur la table, cette tige ne s'y arrêta pas, mais elle passa droit au travers et tous nous la vîmes parfaitement jusqu'à ce qu'elle l'eût entièrement traversée.

(( Aussitôtaprèsla disparition de l'herbe, ma femme, qui était assise à côté de M. Home, vit entre elle et lui une main qui venait de dessous la table et qui tenait la lige d'herbe dont elle la frappa deux ou trois fois sur l'épaule, avec un bruit que tout le monde entendit, puis elle posa l'herbe sur le plancher et disparut.

« 11 n'y eut que deux personnes qui virent la main, mais tous les assistants virent le mouvement de la fleur. Pen-

(1) Il s'aj»it de bien s'enlendre sur le phénomène des pénétralions apparentes. Les molécules solides ne ^rawr^en^ pas d'aulres molécules solides, mais la pénétration peut avoir lieu par écarte ment des molécules.

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daal que ceci se passait, tout le monde put voir les mains de M. Home posées sur la table el parfaitement immobiles.

« L'endroit où l'herbe avait disparu était à 18 pouces des mains du médium.

« La table était une table de salle à manger à coulisses s'ouvrant avec une vis. Elle n'était pas à rallonges et la réunion des deux parties formait une fente étroite dans le milieu. C'est à travers cette fente que l'herbe avait passé, bien qu'elle fût beaucoup plus grosse et ne parût pas pouvoir le faire sans s'écraser et se déchirer, et cependant nous l'avons tous vue descendre[sans peine, et, en l'examinant ensuite, nous n'avons pu voir la moindre trace de pression ou d'éraflure. »

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