LA SOCIÉTÉ DIALECTIQUE DE LONDRES
.\uus en avons déjà parlé précédemnient. Celle sociéiè fondée en 1S07, sous la présidence de sir John Lubbock déjà membre de la Société royale, avait parmi ses vice-présidents Thomas-Henry Huxley, un des professeurs les plus savants de l'Angleterre, et Georges Henry Lewes, |)hysiologiste éminent.
Après dix liuil mois d'études et d'expérimentations de toute nature, le comilé, formé par les principaux membres de la Société dialectique, présenta un rapport favorable dont nous reproduisons la conclusion :
«« Kn présentant leur rapport, les membres de votre comité prennent en considération la haute réputation et la grande intelligence de la plupart des hommes qui ont eié témoins des faits les plus extraordinaires, sans qu'ait pu rire fournie la moindre preuve d'imposture ou d'illusion ; de plus, avant égard au caractère exceptionnel de ces phénomènes (1) et au grand nombre de personnes de toute condition, répandues sur la surface entière du monde civilisé, et considérant en outre qu'aucune explication philosophique n'en a encore été obtenue;
(i, Voici rénuméralion abrogée do ces phénomènos :
Coi'[»s posaiils s'clevanlc]an> lair^dans certains cas des horamesj et y restant ([iiehiue temps, sans support visible ou tangible.
Apparitious de mains et de formes semt)hmt vivantes par leur mol)ililé, et ayant été touchées par les assistants.
Exécution de morceaux de musique parfaitement joués, sans qu'aucun agent con^lalable ait louché les instruments entendus.
Exécution de dessins et de peintures produits dans un temps si court que toute intervention humaine était impossible,
« Les membres de votre comité se croient obligés de déclarer que, dans leur conviction, le sujet mérite d'être examiné avec une attention plus sérieuse et plus minulieuse que celle qui lui a été accordée jusqu'à ce jour. »
Au nombre des témoins entendus par le comité se trouvaient le professeur Auguste Morgan, président de la Société mathématique de Londres, et le savant physicien G. -F. Varley, ingénieur en chef des compagnies de K'^légraphie internationale.
Or voici le témoignj^ge de M. A. iMorgan : « Je suis parfaitement convaincu de ce que j'ai vu et entendu, d'une manière qui me rend le doute impossible. Les spiritualistes sont certainement sur le chemin qui mène à Tavancement des sciences physiques, tandis que les opposants sont les représentants de ceux qui ont entravé tout progrès. Je l'ai dit et je le répète, les Esprits frappeurs sont sur la bonne voie, parce qu'ils ont l'esprit d'universel examen. »
Quant au témoignage de M. Varley, le voici :
Après avoir longuement rendu compte de deux séances extraordinaires obtenues, grâce au concours du célèbre médium Home, il conclut par les réflexions suivantes :
« Quant aux manifestations produites, il existe làdessus de nombreux rapports et parmi eux quelquesuns dont l'exactitude est garantie aussi bien dans notre siècle que dans les siècles passés. Nous ne faisons qu'étudier de nouveau ce qui a été l'objet des recherches des philosophes d'il y a mille ans, et si un homme versé dans la connaissance du grec et du latin voulait traduire ^es écrits de ces grands hommes, le monde apprendrait
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bientôt que tout ce qui a lieu maintenant n'est que là n'^pétilion de faits anciens, et combien haut monterait le crédit de ces vieux sages si clairvoyants, parce qu'ils se sont élevés au-dessus des préjugés étroits dé leur siècle et semblent avoir étudié le sujet qui nous occupe dans des proportions qui à bien des égards dépassent de beaucoup nos connaissances actuelles. »
Aux témoignages précédenis, ajoutons encore celui de M. Wallace :
« J'étais, dit-il, un matérialiste si convaincu qu'il ne pouvait y avoir dans mon esprit aucune place pour une existence spirituelle. Mais les faits sont des choses opiniàlres et ces faits me vainquirent.
«La lumière, la chaleur, l'électricité, le magnétisme et probablement aussi la gravitation et la vie ne sont que des modes du mouvement de l'élher qui remplit l'espace ; et il n'y a pas une seule manifestation de force, de développement, de beauté, qui ne dérive de l'un ou de l'autre de ces termes. Depuis la fleur qui réjouit la face de la terre, jusqu'à ce merveilleux télégraphe dont la batterie est le cerveau de l'homme et dont les fils sont ses nerfs, se révèlent les vibrations de ce mystérietjx élher qui pénètre l'univers entier.
« Nous voyons l'éclair électrique fendre les arbres, renverser les clochers, foudroyer hommes et bêtes. Si ces manifestations de force incalculable sont les effets produits par une matière invisible, impondérable, impalpable et d'une nature telle que nous ne pouvons la connaître que par ces etfets eux-mêmes, pourquoi donc nous étonnerions-nous de voir des intelligences de nature également éthérée user de ces mêmes forces qui sont la
source de toute puissance, de tout mouvement et de toute vie sur la terre ? »
Ce dossier de preuves que nous établissons, nous pouvons le grossir encore en y ajoutant de nombreux témoignages conCrmant, corroborant tous la constatation de cette « force psychique » qui relie notre monde au monde des Invisibles dont les effluves nous pénètrent, nous influencent mystérieusement.
Voici par exemple des phénomènes de psychographie, ou écritures directes fournies par les Esprits.
Certes, si des spirites aventureux avaient eu le pouvoir d'inventer et de produire les plus étonnantes démonstrations qui pussent le mieux tourner à la confusion des incrédules, ils n'auraient à coup sûr pu imaginer rien de semblable à ce que les Esprits nous ont spontanément fourni. Ici, en effîet, nulle intervention humaine ; ce sont eux-mêmes qui directement écrivent quelques mots, quelques lignes, parfois des pages entières, et ces apports sont tantôt la révélation de faits totalement inconnus aux assistants — et ultérieurement vérifiés. — tantôt des communications en langues étrangères, tantôt enfin des réponses faites à des questions mentales, plus encore, à de simples désirs que nulle beuche n'avait formulés.
C'est le baron de Guldenstubbé qui, le premier en France, a obtenu de l'écriture directe.
Voici en quels termes lui-même nous raconte ce fait extraordinaire (1):
« Un jour, c'était le i^' août 1856, l'idée vint à l'auteur
(1) De la Réalité des Esprits, pp. 66 et 67.
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d'essayer sî les Esprits pouvaient écrire directement sans l'intermédiaire d'un médium. Connaissant récriture directe mystérieuse du Décalogue fourni à Moïse et l'écriture également directe et mystérieuse durant le festin de Balthazar, suivant Daniel, ayant en outre entendu parler des mystères modernes de Straford, en AnnS rique, où Ton avait trouvé certains caractères étranges tracés sur des morceaux de papier qui ne paraissaient pas provenir de médiums, Tauteur a voulu constater la réalité d'un phénomène dont la portée serait immense s'il existait réellement.
c( Il mit donc un papier blanc et un crayon dans une boîte fermée à clé, clé qu'il portait toujours sur lui, et sans faire part à personne de cette expérience singulière. Il attendit durant douze jours, en vain ; mais quelle fut sa stupéfaction, lorsqu'il trouva, le 13 août, certains caractères mystérieux tracés sur le papier. A peine les eut-il remarqués, qu'il répéta dix fois, pendant celte journée à jamais mémorable, la même expérience, en mettant toujours au bout d'une demi-heure une nouvelle feuille do papier dans la même boîte. L'expérience fut couronnée d'un succès complet.
« Le lendemain, l'auteur fu de nouveau une vingtaine d'expériences, en laissant la boîte ouverte et en ne la perdant pas de vue. C'est alors que l'auteur vit que des caractères et des mots dans la langue esthonienne se formèrent sur le papier, sans que le crayon bougeât. Depuis ce moment, l'auteur, voyant l'inutilité du crayon, a cessé delemettre surlepapier.il place simplement une feuille de papier sur une tableet il obtient ainsi des messages (1).
(1) Ou trouve à la fin de l'ouvrage du baron les fac-similé dô ces écritures.
Le baroa de Guldenstubbé répéta rexpérience en présence du comte d'Ourches et celui-ci obtint une communication de sa mère, avec sa signature, identique à l'écriture des autographes de la comtesse.
Un témoignage du même phénomène nous est fourni par Russel Wallace, l'illustre physiologiste anglais déjà nommé.
Voici en quels termes il nous le donne (i) :
« La table ayant été examinée au préalable, une feuille de papier à lettres fut marquée par moi et placée avec un crayon de plomb sous le pied central du meuble, tous les assistants ayant leurs mains sur la table. Au bout de quelques minutes, des coups furent entendus et prenant le papier, j'y trouvai tracé d'une écriture légère: William.
Une autre fois, un ami de province m'a(;compagnait. 11 était totalement inconnu au médium (M"'*' Marschall). Il reçut une communication de son fils signée Charley T, Dood^ qui était son noi;i exact. Cette communication, comme les précédentes, avait été donnée sur le papier placé sous le pied de la table, alors que le médium s'était tenu immobile et que ses mains n'avaient pas quitté la surface supérieure du meuble.
M. Oxon a étudié ces manifestations pendant des années. Ecoutons son témoignage :
« Il y a cinq ans que je suis familier avec le phénomène de psychographie. Je l'ai observé dans un grand nombre de cas, soit avec des psychiques connus du public, soit avec des personnes qui possédaient le pouvoir de produire ces manifestations.
(l) Les Miracles elle moderne Spiritualisme, pp. 182 et 183.
ii8 UNE ÉCHAPPÉE SUR l'iXFIM
« J m VU des psychographies obtenues soit dans des boites fermées, soit sur un papier scrupuleusement marqué, placé tantôt sous la table, tantôt sous mon coude, d'autres fois enfin sur des papiers enfermés dans des enveloppes cachetées ou sur des ardoises attachées ensemble. »>
L'éminent profcî^seur de la Faculté d'Oxford confirme les observations du baron de Guldenstubbé concernant remploi du crayon dont l^s Esprits ne se servent pas toujours d'une manière uniforme.
« J'étais, poursuivit-il, dans la maison d'un ami intime, en présence de trois autres amis. Le papier soigneusement marqué à mes initiales fut placé sur le parquet avec un crayon noir ordinaire. L'un de nous mit le pied sur le crayon et l'y laissa jusqu'à la fin de la séance, ce quin'empcchapas que nous trouvâmes de l'écriture sur le papier et nous nous demandâmes comment il avait pu se faire que les caractères fussent tracés, sachant que le crayon n'avait pu être utilisé.
« Nous recommençâmes l'expérience dans la même semaine et je pourvus moi-même secrètement au moyen d'éclaircir la chose. J'apportai un crayon d'un vert éclatant et je le substituai, à l'insu de tous, au crayon noir, ayant le soin de l'immobiliser sous mon pied que je maintins sur lui jusqu'à la fin de l'expérience. Quand on examina le papier, on le trouva marqué d'une écriture verte. Le crayon avait donc été employé d'une façon tout à fait inconnue. Je pense que ce cas doit se représenter souvent et que les écritures doivent se produire par quelque autre méthode difiërente de l'usage ordinaire. »
Voici encore deux observations faites sur le même
sujet par Zœllner, le célèbre astronome allemand dont il a été parlé précédemment :
« I^ soirée suivante (16 novembre 1877), je plaçai une table à jeu entourée de quatre chaises, dans une chambre où Slade (le médium) n'était jamais entré. Après que Fechner, le professeur Braune, Slade et moi eûmes placé nos mains entrelacées sur la table, il y eut des coups frappés dans ce meuble. Au moment où eut lieu la première expérience, au moyen d'une double ardoise préalablement marquée^ mon couteau fut subitement projeté à la hauteur d'un pied environ et retomba sur la table.
« L'expérience fut renouvelée. La double ardoise bien
nettoyée et munie intérieurement d'un crayon fut tenue
par Slade sur la tête du professeur Braune. Le grattage
se fit bientôt entendre et, lorsque l'ardoise fut ouverte,
, nous y trouvâmes plusieurs lignes d'écriture. »
Il a été dit précédemment que, chez Zœllner, un gros écrou en bois avait été brisé par les Esprits. L'astronome demanda à Slade la raison de ce fait singulier. Le médium répondit que ce phénomène s'était déjà reproduit quelquefois en sa présence. Il posa un crayon sur la table et le recouvrit avec une ardoise qu'il maintînt avec sa main droite, tandis que sa main gauche était restée sur la table. L'écriture commença sur la surface inférieure: et lorsque l'ardoise fut retournée, nous y trouvâmes h phrase suivante écrite en anglais : « Ce n'est point notre intention de faire le mal ; pardonnez ce qui est arrivé. »
L'étude de l'écriture directe fut reprise en France, par un savant, le D'' Gibier, et nous retrouvons le même
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médium Slade qui servit d'intermédiaire dans la production du phénomène.
Voici le témoignage du D*" Gibier (1) :
« Nous avons vu plus de cent fois des caractères, des dessins, des lignes et même des phrases entières se produire à l'aide d'un petit crayon sur les ardoises que Slade tenait et même entre deux ardoises avec lesquelles il n'avait aucun contact. Inutile d'ajouter que toutes ces expériences ont été entourées, des précautions les plus minutieuses que nous suggérait le désir d'obtenir des résultats exempts de toute fraude. »
Citons entre beaucoup d'autres Tune de ces expériences.
« Elle eut lieu, dit le docteur, chez moi, dans ma salle à manger, où Slade entrait pour la première fois (27 mai 1880).
« Cinq personnes étaient présentes : deux personnes de ma famille, un ami, Slade et moi.
« Prenant une de mes ardoises, je demandai à Slade s il pourrait obtenir la reproduction d'un mot q«e j'écrirais sans qu'il en ait eu connaissance. Sur sa réponse affirmative, j'écrivis sur mon ardoise en me tenant complètement à l'abri de la vue de Slade qui, sans la regarder, la glissa sous le bord de ma table de manière à la laisser visible en partie. Dix secondes à peine s'étaient écoulées que l'ardoise m'était rendue avec la mention : Louis is nol hère (Louis n'est pas ici), ce qui était vrai, écrite du côté opposé à celui où j'avais écrit le mot Louis (le nom de mon fils). »
Nous avons vu le phénomène s'opérer en Angleterre,
(1) Spiritisme ou FuJàrisma occidental^ pp. 393 et suivantes
en Allemagoe, en France ; passons maintenant en Amérique.
Ce que le D' Gibier n'avait pas vu, c'est-à-dire le crayon écrivant seul, le professeur Elliott Coues Ta constaté à son grand étonneraent (1).
« Il y a peu de temps encore, dit- il, j'aurais eu de la peine à me figurer que je pourrais écrire une semblable histoire. Cependant, je ne puis me taire en présence de pareils faits, sans qu'on puisse m'accuser de lâcheté morale. »
fce professeur raconte que, se trouvant à San-Francisco en octobre 1891, il se rendit, accompagné de sa femme, chez un médium nommé M™'' Mena Francis.
« Elle nous fit entrer dans une chambre éclairée parle soleil et nous nous assîmes en face d'une petite table, où se trouvaient deux ardoises que le médium nous invita à examiner soigneusement. Elle prit l'une des ardoises, i)Osa dessus un morceau de crayon et la fit passer sous la table en la tenant par un coin, d'une main, tandis que son autre main était en vue sur la table :
« Assise sur son fauteuil, tandis que deux paires d'yeux étaient fixées sur elles, elle dit d'une voix tranquille :
« Les chers Esprits voudront-ils bien écrire? »
« Et bientôt se fit entendre un petit bruit de grattage sous la table. C'est le crayon qui écrivait, et l'on peut juger de ma stupéfaction, lorsque, M'"® Francis retirant lentement l'ardoise de dessous la table, je vis à découvert, en pleine lumière et à quelques pouces devant moi, je vis, dis-je, le crayon écrire de lui-même^ et achever les derniers mots d'une phrase dont les lignes recouvraient presque toute l'ardoise. »
(1) Annales psychiques j\S'd2.
^i.Vl rXE ÉCHAPPÉE SLR LINFIM
« Je puis ajouter que l'expéi-ience dura plus d'une lieuie, qu'elle fut variée de plusieurs manières et que, pendant tpul ce temps, nous pûmes voir, ma femme et . moi, le crayon écrivant tout seul sans rintervention d'aucune main visible.
u Et ce qu'écrivait ce crayon, ce n'étaient certainement pas des mots tracés au hasard, mais bien des réponses intelligentes répondant aux questions que nous posâmes à diverses reprises, des communications enfin de personnes d(''cédées, mais que ma femme et moi avions connues vivantes. »
Nous ne dirons rien, tant la matière abonde, de certaines expériences où des savants de toutes sortes ei de contrées diverses furent témoins oculaires de pliénonu'ues extraordinaires: pénétrabilité de la matière, apports de fleurs par des mains invisibles, photographies d'I^sprits reconnus par leurs parents, empreintes et moulages de fantômes matérialisés... pour arriver, en attendant micîux encore, aux expériences étonnantes de M. Aksakof, le savant russe dont le nom figure au premier rang dans la galerie des spiritualistes illustres.
Ces expériences furent nombreuses, variées, insuffisantes parfois, mais couronnées, enfin, d'un tel succès, après des tentatives patientes et obstinées, que nous nous plaisons à signaler quelques-unes des-dernières séances dont M. Aksakof a, lui-même, rendu compte avec les détails les plu^ circonstanciés.
Le 5 juillet 1880, eut lieu la cinquième séance.
Après avoir expliqué avec quel luxe de précaution* furent prises toutes les mesures que nécessitent d'aussi délicates expériences, le savant.russe poursuit en ces
rir^i: .T'3 TTI--, "T^B^iv
termes que nous rësumons, n'ayant pas la place nécessaire à une transcription textuelle :
« Le médium Egîînton tomba promptement en extase. A sa droite, entre lui et moi, se manifesta une lumière étrange qui, émergeant des rideaux, s'étendit devant le médium qu'elle entoura, faisant flotter dans l'espace sombre comme un amas de voiles argentés.
« Puis la lumière disparut, des coups furent frappés, Ton découvrit à ce signal convenu les lentilles des appareils photographiques, d'autres lueurs apparurent et. sur ces fonds de l'espace éclairé mystérieusement, les assistants virent la silhouette sombre d'une main dont les doigts s'agitaient lentement.
« Nouvelle exposition de plaques sensibilisées faite à la lumière d'une lanterne rouge qui fut éteinte presque aussitôt, et c'est dans ces conditions d'obscurité complète que furent faites quatre expositions.
.( Et quand le développement des plaques fut effectué, Ton vit sur l'une des épreuves une main nue dont le bras soutenait un voile dont les pHs retombaient jusqu'au plancher. »
Nous voici donc en face d'une nouvelle phase des phénomènes spirites : la photographie d'objets invisibles obtenue en pleine obscurité î
« Ce résultat ayant été obtenu, poursuit M. Aksakofje considérai le fait de la photographie dans l'obscurité comme définitivement acquis et je résolus de procéder à de nouvelles expériences.
« Ma résolution fut d'autant plus vite arrêtée, qu'il me fut communiqué, au nom des conducteurs invisibles de l'expérience, qu'ils voulaient d'abord la compléter dans
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l'obscurité eu photographiant une forme entière, puis qu'ensuite i4s tâdieraient de me donner une photographie de la même forme accompagnée de son médiani, au moyen de la lumière du magnésium. Us m'engageaient donc à ne pas quitter Londres avant d'avoir obtenu une série complète de ces photographies extraordinaires.
(« La septième séance fut fixée au ii^ juillet. Il était dix heures du soir. Notre hôte plaça lui-même dans le châssis les plaques que j'avais apportées et que j'avais marquées comme toujours de l'un de mes noms, en russe.
« Églinton prit sa place derrière les rideaux dé la fenêtre et tomba presque immédiatement en extase. Nous éteignîmes la lumière et formâmes la chaîne avec nos ntaiiis.
« Et c'est alors qu'au milieu de la chambre apparut une lueur floltanlc qui s'approcha de moi. En la regardant allentivemcuf, je distinguai les linéaments d'une figure entourée d'une draperie blanchâtre. Celle figure à demi couverte par une grande barbe noire était comme flotlanle dans l'espacée ; elle s'approcha de chacun de nous, |)uis s'évanouii dans l'obscurité Quelques instants après ap])arul une nouvelle lumière douce et bleuâtre, où je vis flotter plusieurs fois la même forme. Devant elle se mouvait quelque chose de blanc que les assistants déclarèrent être senjl)lal)le à une fleur.
« La reproiluciion de celte vision réussit de tout point. Après que le développement des plaques eut été fait, nous distinguâmes celte m nue figure qui nous était apj'aruc avec ses gros sourcils, son grand nez droit, sa longue barbe. Le front et la tète étaient couverts d'un voile retombant de clia(]ue coté de la tète. Le fufttuffie
tenait de la main gauche un lis dont la blancheur se détachait avec vigueur" sur le fond sombre de la photographie. »
Bien que SiUisrait des résullals obtenus, M. Aksakof desirait mieux encore. Il voulait obtenir une photographie sur laquelle auraient apparu à lafoisla personne du médium et l'image du personnage fantomatique qu'il aurait évoqué.
Cette satisfaction lui a été donnée après quelques insuccès dont il raconte longuement toutes les péripéties.
Dans une dernière séance qui eut lieu le 26 juillet 1886, l'on vit émerger de derrière un rideau et s'avancer de trois ou quatre pas une grande forme masculine habillée de blanc, la figure terminée par une grande barbe noire, et ayant la tête recouverte d'un turban. Un instant après, le médium parut à son tour, et, à la lumière éclatante du magnésium, les assistants virent avec stupéfaction^la grande forme blanche entourant et soutenant de son bras gauche Églinton qui, dans les transes de son extase, pouvait à peine se tenir sur ses pieds.
« J'étais assis à quelques pas de ce groupe étrange, continue M. Aksakof, et, sous l'éclat éblouissant de la lumière qui nous inondait, je pus examiner tout à loisir l'étrange visiteur. C'était un homme en pleine vigueur d'âge et de vie. Je revis de près sa figure n.obile, sa barbe noire, ses épais sourcils et ses yeux éclatants qu'il fixait avec une singulière puissance de vision sur la flamme du magnésium.
C'est alors que se produisit un incident des plus extraordinaires. Au moment où M. N. cria : « Fermez les
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lentilles, » la forme disparut derrière le rideau ; mais, n'ayant pas eu le temps d'entraîner Ëglinton avec elle, le médium tomba comme mort devant le rideau et nous vîmes, dans le paroxysme d'une attention presque haletante, le fantôme drapé qui. se penchant sur le médium terrassé, commença à lui faire comme des passes magnétiques sur son corps immobile. Églinton, ranimé, se releva lentement, et le fantôme l'entourant d'un bras le conduisit derrière le rideau. »
El c'est le groupe étrange de ces deux personnages : Églinton et le fantôme, que M. Aksakof retrouva sur l'une de ses épreuves.
Le prodigieux problème était désonnais résolu. le vivant et le désincarné, qui momentanément s'était maiériali^é, figuraient côte à côte sur la plaque photographique.
Laissons ces merveilles. Nous avons hâte d'arriver à des phénomènes plus merveilleux encore...