‹ Une échappée sur l'infini, vivre - mourir - revivreChapitre 35 sur 44 · OBSERVATIONS DES ÉVOCATEURS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DES ÉVOCATEURS

En lisant ce récit, l'on est tout d'abord disposé à trouver à ce suicide des circonstances atténuantes, à le regarder même comme un acte héroïque, puisqu'il a été provoqué par le sentiment du devoir.

On voit qu'il en a été jugé autrement et que la peine des coupables sera longue, parce qu'ils se sont réfugiés dans la mort, pour fuir la lutte quHls auraient dû soutenir jusqu'au bout. C'est en cela que consiste leur faute. II ne faut jamais déserter les postes de combat.

A tous ceux qui trouveraient que cette peine est bien rigoureuse, nous répondrons que sa durée n'est pas absolue et qu'elle dépendra de la manière dont ils supporteront leurs épreuves futures et qu'ils seront, comme tous les Esprits coupables, les arbitres de leur destinée.

Cela De vaut-il pas mieux que la damoaiion éternelle à laquelle ils seraient irrévocablement condamnés seloo la doctrine de TËglise qai les a si parfaitement crus voués à Tenter, qu'elle leur a refusé les dernières prières, jugées saus doute inutiles.

NOTE 5 (Page 208)

Tous ceux qui ont vu une véritable somnambule, dit M. Ed. Schuré, ont été frappés de la singulière exaltation iutellertuelle qui se produit dans son sommeil lucide. Pour ceux qui n'ont pas été témoins de pareils phénomènes, nous citerons un passage du célèbre David Strauss, qui, certes, n'est pas suspect de superstition. Il vit chez son ami le UrJtjstious Kerner la célèbre <( Voyante dePrévorst » et la décrit ainsi :

« Peu après, la visionnaire tomba dans un sommeil magnétique. J'eus ainsi, pour la première fois, le spectacle de cet état merveilleux, et, je puis le dire, dans sa plus pure et sa plus belle manifestation. C'était un visage d'une expression souffrante, mais élevée et tendre, et comme inondé d'un rayonnement céleste ; une langue pure, mesurée, solennelle, musicale, une sorf9 de récitatif; une abondance de sentiments qui débordaient et qu'on aurait pu comparer à des bandes de nuées, tantôt lumineuses, tantôt sombres, glissant au-dessus de l'âme, ou bien encore à des brises mélancoliques et sereines s^ engouffrant dans les cordes dUoîe merveilleuse harpe éolienne. » (Biographie générale^ article Kerner.)

J'extrais d'un journal l'article suivant:

EST-IL POSSIBLE DE COHMDNIQDER ilVEC LES MORTS

Le cas de Mrs Pipera. — M. Myers et Slaintott Moses Le docteur Phinuii el Paul Bourgel. — Un mort parle. — Le Rapport de M. Jules Bois à la <t So psychologique » de Paris.

Le problème de la survivance est au moins aussi i ressani que telle ou telle découverte d'ordre biolog ou astronomique. A peine si, dans la science ofticii quelques individualités puissantes élevèrent ça et là voix favorable. Mais aujourd'hui la question aurait prii autre aspect.

D'abord M. William Crookes vient de prononcer discours courageux, dans lequel il déclare ne rien re de ses expériences précédentes, admettre la transmis des pensées, la télépathie— et sans doute aussi la sm si l'on se rappelle lesapparitionsde Kalie King, ce Tant resté fameux. Ensuite la « Society for psychical researi dont M. William Crookes est le président, par l'initli de quatre de ses membres des plus éminenis, te doo James, le docteur Lodge, M, Myers, de l'Université de ( bridge, et le docteur Richard Hodgsun. vient de déci possible la communication des vivants avec les morts..

A qui est dû le revirement de la Société psychique particulièrement de Richard Hodgson ? A une voyante e ricaine du nom de Mrs Pipers et qui reçoit en elle l'iii de personnalités étrangères, sans doute dësiiica ruées.

C'est N. Jules Bois, l'auteur da Miracle moderne, si

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quent en ces récits fabuleux, qui, de retour de Londres, a porté cette nouvelle devant le public de la « Société psychologique » de Paris.

Un docteur qui s^ incarne

Le premier ébranlé fut M. Myers. Ce professeur, qui est en même temps un expérimentateur et un moraliste, avait rencontré un pasteur anglican nommé Stainton Mose$, qui conversait avec les âmes d'outre-tombe, principalement par l'écriture automatique. La conviction de M. Myers fut faite par les révélations de Fesprit « Imperator » accompagnées de phénomènes de lévitation, de prédiction et de clairvoyance accomplis par ce pasteur devant quelques privilégiés.

M, Paul Bourget étonné

^|rnc pipers est à peu près ce que les spiritualistes appellent un médium à incarnation. Elle était possédée en état de transe par un docteur Phinuit, décédé à Lyon il y a quelques années. C'est ce docteur Phinuit qui causa la stupéfaction de M. Paul Bourget par sa clairvoyance exlranormale. En effet, M"'*' Pipers découvrit, paraît-il, grâce à Tesprit établi en elle, le nom et le genre de mort d'un ami du romancier français, simplement en entrant en contact avec un objet ayant appartenu au défunt.

Après le docteur Phinuit, ce fut Georges Pelham. Celui-ci avait été le camarade du docteur Hodgson et ils faisaient partie tous deux de la « Society for psychical research ». M. Pelham mourut d'accident à trente-deux ans. Cinq semaines exactement après sa mort, il se « manifesta » par l'intermédiaire de M™^ Pipers qui ne l'avait pas connu vivant. Pendant plusieurs années, il ne cessa de reconnaître les amis qu'il fréquenta pendant sa vie, leur rappelant des souvenirs très intimes. Le père, vivant, est obligé de recon-

Daltre l'idéalité de soa fils mort. De plus, Geor(;( dévoile des c6iés pittoresques de son existeoce < delà ; il voit ce que font ceux qui l'aiment et II champ de vision du médium, les lettres qui adressées.

Concluiiofis

Il y a quatre solutions au cas de H™* Pipers M. Jules Bois :

i" Georges Pelhani n'est qu'une personnalité se l'inconscient de H"' Pipers ;

2° Les suggestions émanées ries assistants fou des séances ;

3° Par télépathie, H°°^ Pipers lit dans la pensée absents et éloignés du mort ;

4" Il y a iniervention du mort directement.

Les trois premières solutions ont dd être écarté' ÎDSufBsantes ; car l'inconscient du médium ne pe que des souvenirs. Et H"'^ Pipers raconte avec i des faits ignorés d'elle. De plus, elle rectifie d< des assistants et une télépathie constante avec sonnes inconnues du médium n'est pas possibli la tVaude, on n'a jamais pu en surprendre l'os Hmo pjpers, qui a même été surveillée inutileni' police.

Il ne reste que l'hypothèse de la survivance du pirant le médium. C'est à cette opinion que se son les personnalités éminentes de ta Société amer anglaise.

Et M. Hyers conclut : » La question de la surv moi est aujourd'hui une branche de ta psychotoi rimentale. »

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NOTE 7 (Page 384)

Je me plais à citer le remarquable document qui suit.

C'est le Manifeste que les députés socialistes de Belgique lurent à leurs ouvriers au dernier i'^'mai, tête du travail.

Aimez-vous les uns les autres.

Jésus.

Prolétaires de tous pays, unissez-vous.

Kakl Marx.

Ce jour-là, premier mai 1898, ceux que le peuple avait élus pour le défendre par la parole lui parlèrent ainsi, au milieu d'une foule immense :

a En cette heure de fôte et de printemps, rëyolution perpétuelle de la nature apparaît plus éclatante ; comme elle, gonfle-toi d'espoirs et prépare-toi pour la Vie Nouvelle,

« Peuple, prends conscience de tes devoirs. Sois fraternel et bon ; des joies et des douleurs d'aulrui, déclare toi solidaire. Ne cherche pas ton bonheur ailleurs que dans le bonheur général. Partout, respecte la faiblesse et la souffrance, chez la femme, chez Tenfant, même chez Fanimal, et que la force de tous protège la détresse des petits!

C'est tous les jours qu'il faut être socialiste : la foi nou* velle sera plus propagée par des actes quotidiens que par des discours. Sois soucieux de ta dignité ; redoute lés boissons qui enivrent et les passions qui avilissent. Méprise la résignation morne des épuisés et des lâches. Que le fécond esprit de révolte te possède, et que la haine vigoureuse des choses mauvaises (mais non des hommes qui les conservent) enflamme ton fler courage.

Gloire aux laborieux : le travail honore et réconforte, il est saint ! Mais Fexcès de travail est maudit : il abrutit et

déprime. Nous voulons la journée de huit heures, pour que, après huit heures de repos, huit heures encore chaque jour tu puisses vivre avec les tiens, te distraire et l'instruire...

Instruis-toi : les cours et les écoles, les journaux et les livres sont des instruments de liberté. Bois aux fontaines de la science et de Tart ; tu deviendras alors assez puissant pour réaliser la justice. Fais Tinventaire des idées et des religions t tu les trouveras multiples et contradictoires et tu seras tolérant pour toute conviction sincère.

Tes frères sont, non seulement les hommes de ton pays, mais ceux de Tunivers entier. Bientôt s'évanouiront les frontières ; bientôt viendra la fin des guerres et des armées. Chaque fois que tu pratiqueras les vertus socialistes de solidarité et d'amour, tu avanceras cet avenir prochain, et, dans la paix et la joie, surgira le monde où, le devoir social de tous mieux compris pour le développement total de chacun, triomphera le Socialisme ! »

Et lorsqu'ils eurent aihsi parlé, ils distribuèrent des milliers de feuilles pareilles à celle-ci, aUn que s'en gardât le souvenir.

Cette proclamation est signée des noms de sénateurs et de députés à la Chambre des représentants de Belgique : Edmond Picard, /ules Désirée, Emile Vandervelde .

Eh bien I je m'empresse de déclarer que ce Manifeste est un document superbe. Bonté, fraternité, largeur, générosité, tout s*y trouve.

Mais qui ne voit tout d'abord que ce beau tableau manque de ciel ?

Ce manifeste est parfait en ce qui concerne les aspirations terrestres. Il pourrait, s'il était accepté et mis en pratique, transformer la vie sociale, procurer un bon-

heur relatif à tous les citoyens de notre humble planète...

Mais après ? Que deviendront-ils, ces citoyens temporaires dont les satisfactions prendront fin à si brève échéance? Ne leur restera-t-îl pas les maladies physiques, les maladies morales, les angoisses qui rongent le cœur de tout homme connaissant la fragilité de ses joies, l'intermittence et Fincertitude de son bonheur ?

Vie relativement heureuse en ce monde, soit. Mais est-ce donc tout ? Cette terre, telle même que la rêvent ceux qui ne croient qu'à la terre, est-elle donc autre chose qu'une prison, qu'une cage à travers les barreaux de laquelle on n'aperçoit rien d'autre que les tombeaux de ceux que la mort a brisés, frappant à droite, frappant à gauche, décimant sans cesse les locataires de notre triste immeuble terrestre et les menaçant éternellement du terme — terme sinistre qui ne se paie que dans les bureaux delà Société la plus immuable qui soit... la compagnie d('s Pompes funèbres ?

Je sais un moyen de donner à ce beau programme l'ampleur nécessaire. Fusionnez-le avec le programme spiritualiste et vous pourrez, après une vie heureuse en ce monde, aller récolter plus haut la moisson que vous aurez semée ici-bas.

Préface . vu

Quelques mots au lecteur 1

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