Une élection municipale en 1738
on ne saurait louer le présent et comme on contribue même à étouffer ce qui subsiste de la vie locale, on ne craint pas de dire que la liberté municipale est une Jleur qui ne peut naître et prospérer que dans la serre tempérée de la monarchie. On cite Vancien régime, on parle des temps antérieurs à iyS<)^. C'est de V hébreu pour bien des gens; avec des phrases et un peu d'assu-
I. Voir les discours de MM. de Franclieu et Lucien Brun, dans la discussion récente de la loi sur les maires (janvier 1(^74).
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rance on jait des conquêtes. Il se trouve, au bout de quelques discours^ des prosélytes qui sérieusement se contenteraient de la liberté municipale comme avant la Révolution.
C'est à ces âmes candides que cet opuscule est dédié. Il est écrit depuis longtemps. Je n'y change rieUy quoique les circonstances soient changées. J'appartiens, pour le moment y au parti vaincu et presque consolé ^ car il sera vainqueur demain. Ce que fai aimé autrefois ^ je l'aime encore. J'ai voulu de tout temps la liberté municipale. Elle me plaira toujours. N'en déplaise à M. le duc de Broglie, elle n'est pas condamnée (( sans retour'^. » Ces mots-là se disaient aussi sous l'ancien régime, quand la Royauté^ réduite aux expédientSy vendait les charges de maires et mettait aux enchères les capitoulats et les eschevinages. Le souci apparent de la liberté dans les documents officiels, qui la méconnaissent audacieusèment au fond, la préoccupation affectée de l'ordre moral et des périls sociaux ne sont pas même des découvertes de ce temps-ci. Le lecteur verray dès les premières pages, que nos ministres