‹ Une élection municipale en 1738Chapitre 17 sur 21 · Il recevait 9 livres par an · texte numérisé non relu

Il recevait 9 livres par an

2. En 1747,1a ville avait une petite garnison du régiment de Bulkel.

* Les EUciions dont il est question ici sont des circonscriptions administratives pour la perception des impôts.

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ordinaire. On n'en connaissait guère d'autre à Domfront que les feux de joie ordonnés par Sa Majesté dans les circonstances solennelles.

Le rétablissement du duc de Chartres, la paix conclue avec l'empire et les princes électeurs en 1739, la prise de Gand, de Bruges et d'Oudenarde en 1745, furent célébrés à Domfront de cette manière. Ces jours-là, la milice bourgeoise, composée de quatre compagnies , prenait les armes ; on chantait un Te Deum, on tirait le canon* et le soir, les officiers municipaux, c'està-dire le maire, les deux eschevins, le procureur du roi de l'Hôtel de ville, avec le gouverneur, tous munis de Jlambeauxy mettaient le feu au bûcher, composé de cinquante fagots. Ce privilège, dit le procès-verbal d'une délibération prise à ce sujet par les habitants, le 10 juillet 1739, est a la seule marque de distinction attachée à la personne des dits officiers, en reconnaissance des peines et services qu'ils rendent à la ville. 1» Cette prérogative, à coup sur, n'a pas dû être une des causes de la révolution.

Une autre dépense extraordinaire, c'était le

I. Une délibération du xo juillet 1739 autorise la dépense de 20 livres de poudre.

8o UNE ÉLECTION MUNICIPALE

vin de ville. Lorsqu'un personnage considérable, par exemple Pévéque du Mans, le duc d'Orléans ou l'un de ses grands olïîciers, venait à Domfront, il était d'usage de lui faire un présent. Cela s'appelait donner le « vin de ville », sans doute parce que le précieux liquide figurait toujours avec avantage parmi les objets offerts. En 1742, on offrit à M. le Prévost, intendant de Son Altesse le duc d'Orléans^ 12 livres de bougie, 12 boîtes de confitures et 12 pots de vin.

On se demande comment, cette année-là, la ville fit face aux dépenses ordinaires !

On reculait alors, en effet, faute de ressources suffisantes, devant les dépenses les plus indispensables au point de vue de la sécurité et de la salubrité. A Domfront, en 1738, les rues étroites et sinueuses n'étaient pas pavées^. On ne consacrait que 20 livres par an à l'enlèvement des boues; et c'est en 1757 seulement qu'on eut l'idée d'établir un « banneau public )) destiné à ce service. La délibération prise à ce sujet donne une idée de l'incurie des administrations municipales antérieures. « Les

I Elles ne le furent qu'en 1755.

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« bourgeois, après avoir ballayé les rues, chacun « en droit soy, lancent dans le ruisseau et dans « le milieu d'icelles les boues et immondices, ou « les mettent par monceaux contre leurs maisons, « au moyen de quoi les dites rues restent pres- « qu'impraticables et très mal propres » — On ne s'étonne plus, après avoir lu ces détails, de la fréquence des épidémies qui désolaient les villes au dernier siècle ; car il n'est pas douteux que ce tableau ne convienne à la majeure partie d'entre elles.

On ne songeait pas en 1741 à toutes les améliorations que l'avenir a réalisées : et comme M. de la Denays était d'humeur conciliante, qu'il était aimé et respecté de tout le monde, on ne lui demanda pas compte de sa gestion lorsqu'il vint, à l'expiration du terme légal, solliciter la continuation de ses pouvoirs. L'assemblée, d'une voix unanime, l'invita à rester à la tête de l'administration municipale. On réélut aussi les deux eschevins, MM. de Mony et Louvel, ainsi que le procureur du roi de l'Hôtel de ville, M. de Boisroussel.

Par malheur, cette délibération était irrégulière. L'intendant n'avait point autorisé la con-

vocation de l'assemblée. De plus, le droit des habitants n'allait pas jusqu'à nommer directement l'administration municipale. Ils devaient seulement présenter une liste de trois candidats au duc d'Orléans auquel appartenait la désignation définitive. Or, soit velléité d'empiétement sur les droits du prince apanagiste, soit oubli des usages anciens, on avait procédé directement à l'élection etl'on ne paraissait pas songer à demander l'approbation du prince.

Ces irrégularités furent dénoncées par M. de Saint-Georges à l'intendant. Elles étaient graves et M. deLevignen dut, par ordonnance ', annuler la délibération, et prescrire, en outre, pour le 4 février suivant , la convocation d'une nouvelle assemblée, « le tout, est-il dit expressément dans « l'ordonnance, sans préjudicier aux droits de « maire prétendu par le sieur de Saint-Georges qui « pourra, si bon lui semble, faire ses protestations « à ladite assemblée, lesquelles seront insérées « dans l'acte de délibération. »

Le lieutenant général n'était pas homme à manquer une si belle occasion de faire valoir ses

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