Scriptores hist. Aug. 30 tyr., c
4. Dion Cassius, LXXII, 3. Ce moyen de briser la résistance des Daces avait été mis en pratique par les Romains même dans les guerres qui précédèrent le règne de Trajan. Ainsi les généraux romains transplantent une fois en Moesie cinquante mille Daces (Strabon, III, 10), une autre fois cent mille (Orelli, 7JU .
2<i Les roumains ai; moykn-age
là part dos Daces qui n'avaient pas voulu se plier au joug romain '. Ensuite il est certain qu'une partie des peuples de la Dacie n'avait pas quitté le pays, particulièrement ceux qui s'étaient alliés aux Romains pour secouer le joug, à ce qu'il paraît, trop pesant que leur avait imposé Décébale \ Ces peuplades, quoiqu'elles ne lussent pas précisément daces et qu'elles aient été englobées dans l'état dace à la suite d'une conquête, n'en étaient pas moins affiliées à la nation dominante, de sorte qu'elles représentaient tout aussi bien que celleci l'élément dace. Enfin Ptolémée, qui décrit la géographie de la Dacie du temps des Romains, énumère les tribus suivantes qui auraient habité le pays, et que l'on ne saurait rapporter qu'à la population dace qui était restée en Dacie sous la domination romaine : « Dans la partie septentrionale de la Dacie habitent en commençant par l'occident : les Anartes, les Taurisques et les Cistoboques; au-dessous d'eux, les Prendavenses, les Rhatacenses et les Gaucoenses ; audessous de ceux-ci dans le même ordre, les Bièphes, les Buridenses et les Cotenses, et plus bas encore les Albocenses, les Potulatenses et les Tenses. Au-dessous d'eux, dans la région du sud, les Saldenses, les Giagises et Piephiges ' ».
Le même géographe reproduit le nom de trente-sept villes daces, dont l'existence serait tout aussi inexplicable si l'on admettait que les Daces ont disparu, comme peuple, de leur ancien pays :
Rucconium, Docidava, Parolissum, Arcobadara, Triphulum, Patridava, Garsidava, Petrodava, Napuca, Patruissa, Sandava, Utidava, Marcodava, Ziridava, Singidava, Zermigira, Gomidava, Ramidava, Pirum, Zusidava, Paloda, Zurobara, Lizizis, Argidava, Tiriscurn, Netindava, Tiasum, Tibiscum, Zeugma, Dierna, Acmonia, Druphegis, Arcinna, Pinum, Amutrium, Sornum, Zarmizegethusa regia qui portait encore le nom romain de Ulpia Trajana Augusta 4.
1. Capitoliims, Anton. Pius, 5. Dion Çassius, LXXVII. 1G. 20; LXXVItl, 13, 16,27.
2. Dion Cassius, LXV1II, 11 : « Tojv es Aay.wv |Ae6i<j-;a[xév<i)V icpoç Tpaïavcv, v.cù cl àXÀa T'.và, iotifir, aiOiç 5 AsxéêaXoç etpVjvYjç. »
3. Claudii Plolemaei, Geographiae libri octo. Essen, 1842. III, 8. M. Tocilescu. Uacia inainte de Romani, p. 72, suppose que Plolémée n'aurait fait que copier dans celle éuumération un auteur antérieur et que, par conséquent, toutes ces tribus n'existaient pas en Dacie sous la domination romaine. Il n'admet que l'existence des suivantes : Anarti, Cisloboci, Caucoensi, Buridensi, Potulatensi. Les autres se seraient ou retirées devant la conquête romaine, ou se seraient confondues dans celles qui existaient encore sous la domination de Rome.
i. Ibid.
l'évacuation de la dacie 27
Si nous considérons encore que les noms des rivières lurent empruntés par les Romains aux Daces, tels que L'Aluta, le Mariscus, le Tibiscus, le-Pyretos, la Tysia, le Samus, la Grisia, le Gilpit, le Museus ', nous nous convaincrons aisément que la topographie entière d'un pays ne saurait subsister, si le peuple qui lui a donné naissance est complètement supplanté par un autre.
Il est même étonnant que, malgré le nombre immense des citoyens romains venus de toutes les parties de l'empire, la topographie du pays en ait été si peu affectée. Ptolémée ne nous donne à côté des vingt-sept noms daces de villes existantes de son temps en Dacie, que sept de nom romain : Ulpianum, Salinae, Praetoria Augusta, Apulum, Aquae, Frateria, et le nom double de la capitale : Ulpia Traiana.
Ainsi la thèse d'après laquelle il n'y aurait pas eu de population indigène pour servir de base à la romanisation de la contrée, ne pouvait être sérieusement soutenue ; aussi les disciples de Rcesler l'abandonnèrent-ils; mais, tout en admettant la continuité de l'existence des Daces dans leur ancien pays, ils se refusent à croire à leur romanisation. Ils argumentent de la façon suivante : Il y avait en Dacie deux classes de population : 1° les colons romains qui ont pu avoir le lalin comme langue officielle, ce qui résulte d'ailleurs des inscriptions, qui sont en général rédigées en cette langue, mais dont la langue parlée devait être celle des diverses provinces d'où ils tiraient leur origine, et 2° la population soumise des Daces, qui n'avaient pu apprendre le latin, d'abord à cause du peu de temps que dura en Dacie la domination romaine, puis à cause de l'inimitié qui ne cessa d'exister entre les conquérants et le peuple subjugué; enfin, parla raison que la langue latine n'étant qu'une langue officielle et non usuelle, ils n'avaient presque personne de qui l'apprendre 2.
Cette manière de voir les choses prouve que ces auteurs ne se sont pas bien rendu compte du système suivi par les Romains pour introduire leurs mœurs, leurs usages et leur langue jusque dans les parties les plus éloignées de l'empire. Ils objectent que les colons qui