Cantacuzène, I, p
3. Tafel de Thessalonique, dans Rœsler, Rom. Stud., p. 108, note 5.
4. Ausbertus, De txpeditione Frederici, cité par M. Hunfalvy, Anspruclie, p. 65, note 1.
5. Nicétas Choniate, éd. de Bonn, p. 841 : « Ta 0svca/v(aç y.x'.i'/Mv [j.cTéwpa à vuv 1/.cY<xay; BXa/îa ■A'.yj/rla-/.txy.'. ».
6. Villehardouin, g 105 « Johanis qui ère Roi de Blakie et de Bougrie ». G. Phrantzès, Bonn, p. 414 : « Tftq [/.IXpîfc BAayJaç ». Schol. Thucyd , II, 102 : « \o\ztJ.x t, vûv x,aAot>(jtivY] 'AvwcXa/a ».
7. Hunfalvy, Anspruchc, p. 73. Pic, Abstammung, p. 56. Il est connu que Stephan Douchan et déjà son père Stephan Uros (y 1330) possédaient l'Albanie et la Macédoine (Ranke, Die SerOiscke RtcGlution, Hamburg, 1829, p. 2. Hasdeu, Archiva istorica, Bucarest, 18GÔ, III, pp. 1.30, 139/. 11 n'est donc nullement extraordinaire do
Il nous reste à élucider une question importante sur laquelle les partisans de la théorie rœslérienne fondent surtout leur argumentation. C'est l'existence d'un état valacho-bulgare au sud du Danube. Ils admettent, a rencontre des Slavistes, que cet état fut fondé et soutenu surtout par les efforts de la nation valaque « qui devait être fort nombreuse dans la Moesie ». Gomment se fait- il qu'elle disparaisse plus tard? Comment expliquer ce fait tellement anormal qu'on ne l'y retrouve presque plus aujourd'hui, lorsqu'elle a dû être autrefois assez nombreuse et assez puissante, pour tenir tête aux armées byzantines et causer presque la ruine de l'empire latin de Constantinople? Rœsler et ses partisans ne veulent y voir d'autre explication possible qu'en faisant passer les Valaqucs sur la rive gauche du Danube, où l'on commence à les trouver immédiatement après la révolution qui donna naissance à l'état valacho-bulgare.
Nous avons déjà, sur ce point, préparé le terrain par l'analyse de tout ce qui se trouve dans les relations des historiens byzantins et des autres sources contemporaines, relativement aux Valaques du sud du Danube. Nous avons déjà fait observer que, nulle part, les Valaques ne se trouvent mentionnés dans la Moesie. Voyons maintenant si Nicétas Choniate, le chroniqueur de l'état valacho-bulgare, contredit les assertations de toutes les autres sources que nous avons étudiées.
L'empereur Isaac l'Ange, voulant se remarier, demanda et obtint la main de la fille de Bêla III, roi de Hongrie. Comme il avait besoin de beaucoup d'argent pour célébrer son mariage, il imposa à ses sujets de lourdes contributions, qui pesaient particulièrement sur les villes des environs d'Anchialos et sur « les barbares du mont Haemus, qui s'appelaient auparavant Mysiens et actuellement Valaques. ' »
Une preuve que les Valaques habitaient la montagne proprement dite ressort, entre autres, de ce faitrapporté par Nicétas, que ces barbares étaient « garantis par des châteaux forts bâtis sur des rochers inaccessibles » ; ces forteresses ne sont autre chose que les
rencontrer des Roumains dans la Serbie ancienne. — Nous ne rappelons pas à cet ndroit un passage de Nicétas et un autre de Ginnamus, attendu qu'ils se rapportent sans aucun doute aux Valaques du nord du Danube, ainsi que nous le verrons plus bas (voir le chap. v, Chroniqueurs et historiens).
1. Nicétas Choniate, Ed. Bonn., p. 482 : « To'jç v.x-x tov Aqxov TO ôpoç ÎjXCCXpouç ot Mucrol içpo'cepov wvo^iÇovxo, vuvjt os (iXaxot wxX^oawviat. »
fortifications élevées par Justinien dans la chaîne des Balkans pour s'opposer à l'invasion des barbares l.
Les députés envoyés par les Valaques à Gonstantinople Pierre et Assan, deux frères de cette même nation % demandent qu'on leur assigne des propriétés dans la montagne; cette demande est repoussée; on refuse aussi de réduire les contributions imposées; ils se décident alors à lever l'étendard delà révolte. Leur peuple, effrayé par les dangers de l'entreprise, se refuse d'abord à les suivre, mais ils réussissent h l'y décider par un stratagème. Les Valaques, s'étant révoltés, se répandent «jusque dans les villes qui étaient éloignées de l'Haemus » 3 et ils en ramènent des quantités considérables de bestiaux. Aussitôt que l'empereur se montrait, ils rentraient dans leurs refuges inaccessibles. Les barbares en furent néanmoins délogés et durent se réfugier, en passant le Danube, dans la Scythie voisine. L'empereur parcourut alors toute la Mysie et aurait pu mettre des garnisons dans tous les villages, qui sont très nombreux dans l'Haemus \ presque tous établis « sur des précipices vertigineux et des hauteurs effrayantes », mais il n'en fit rien; il se laissa fléchir par les supplications des Valaques, et s'en retourna.
Revenu avec une troupe de Scythes, Assan se décide à rétablir « l'empire des Mysiens et des Bulgares tel qu'il avait été auparavant \ » Les luttes recommencent avec plus d'acharnement et les révoltés remportent plusieurs succès qui contribuent à consolider leur nouvel état.
La description que Nicétas fait des Valaques qu'il avait vus de ses propres yeux, car il était secrétaire de l'empereur et l'accompagnait souvent dans ses expéditions, est en tout semblable à celle de Benjamin de Tudèle : « L'empereur trouva les citadelles et les villages fortifiés par de nouveaux remparts, et leurs défenseurs recherchaient les haiiteurs à la manière des cerfs, sautaient comme des chèvres par dessus les ravins et refusaient de combattre en bataille rangée b.
Après la mort d'Assan, qui périt victime d'un assassinat en 1196,
1. Piocope, De xdificiis. Bonn., p. 304 et suiv., où il énumère un nombre de 84 forts élevés dans 1' « AtfJ.fy.ovTOv ». ■2. N. Gh., p. 48? : « ïli'pç t'.ç y.at 'Asâv, ofWfsvs?; xaï xauxocKopot. » 3. N. Ch., p. 48G.
4.N. Ch., p. 487 : « -;aîç èy.etss zoXîs'.v, at "RoXkcà [xév eicn v.aTà tgv Ai[J.ov. »
5. N. Ch.. p. 489 : « y. al tïjv ttwv Mucwv mai twv [iouX^âpoûv SuvacrreiflW eîç sv auvâiiouaw wç r.ahst.'. tcots^v, cÙGa^wc r^iv/ynz. »>