‹ Une énigme historiqueChapitre 3 sur 100 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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10 r.ES ROUMAINS AU MOYEN-AGE

pour entremêler le vrai et le faux, de manière à en l'aire un tout presque inextricable.

Son livre, qui traitait une question, pour ainsi dire, vierge dans la scionce historique (les écrits de Sulzer et d'Engel étant presque oubliés), ne manqua pas d'attirer de nombreux adhérents. Faute d'une théorie contraire qui lut soutenue avec le même entrain et le même appareil scientifique, on se rallia à son hypothèse, et, chez les peuples intéressés à la l'aire valoir, elle passa dans les livres d'histoire comme une vérité au-dessus de toute controverse. Les professeurs et les instituteurs de la Transylvanie et de la Hongrie l'enseignèrent du haut de leurs chaires, et les Roumains se virent tout à coup dépossédés de leurs droits en théorie aussi bien qu'en fait, à la grande satisfaction de leurs rivaux, qui leur disputaient, avec la priorité de leur présence dans la région des Garpathes, le droit d'exister et de respirer librement dans le pays de leurs ancêtres '.

Néanmoins une réaction ne tarda pas à se produire. Les savants étrangers eux-mêmes sentirent combien la théorie de Rœsler était insoutenable. Le premier qui se prononça, contre cette hypothèse fut M. W. Tomaschek, professeur à l'université de Gratz , dans un compte-rendu détaillé du livre de Rœsler, publié en 1872 2. Il avait déjà auparavant fait observer qu'on ne pouvait invoquer une « prétendue identité » de langage entre le dialecte des Roumains de Macédoine et celui des Roumains de Dacie pour en conclure qu'ils avaient, pendant de longs siècles, vécu côte à côte d'une vie commune, caries ressemblances de ces deux dialectes pouvaient fort bien s'expliquer par l'identité des éléments qui ont concouru à former ces deux peuples 3.

M. Tomaschek ne resta pas pourtant fidèle à ses opinions; il se rapprocha plus tard de la théorie de Rœsler. Dans un compte-rendu

1. Parmi les nombreux partisans de la théorie Rœslérienne, nous citerons : E. DLïmmler, dans Sybel's historische Zeitschrift, XXVII. 1872, p. 475; Fr. Krones dans Zeitschrift fur Oesterreichische Gymnasien, 1875, p. 278; Fr. Meyer, Geschichte Oesterreichs, I, p. 19; Teutsch, Geschichte des Siebenbûrger Sachsens: p. 7. Un savant français, M. Gaston Paris, s'est prononcé dans le môme sens. Voir l'analyse du livre de M. Jung, Rœmer und Romanen inden Donaulxndern, dans la Romania, 1878, p. 60S et suiv. G. de la Berge, Essai sur le règne de Trajan, p. 68, l'a admise aussi.

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